Courir comme un cheval au galop



Oui, car 2026 est l’année du cheval. La fin d’année s’est passée en famille, dans le plus grand calme. Nous avons passé la dernière journée de l’année dans un super sentō (スーパー銭湯, grand bain public japonais, de taille plus importante que les bains traditionnels, comportant multiples bassins, saunas, restaurants et salles de repos) dans le ville de Yokkaichi, dans la prefecture de Mie. Le temps nuageux et glacial au dehors fera que nous y serons entrés en milieu de matinée pour n’en sortir qu’en fin d’après-midi. Les centaines de mangas disponibles et les chaises longues et autres coussins confortables pour s’affaler de tout son long après avoir pris un long bain et s’être rempli la panse en font le paradis sur terre. J’ai ainsi (enfin) pu lire les trois premiers tomes de Demon Slayer et cinq ou six tomes de Ao Ashi (アオアシ), qui raconte les aventures du jeune prodige du football, Ashito Aoi, collégien de la ville d’Ehime. Rien de tel qu’un bon manga de sport pour se motiver pour l’année qui vient. (A noter que son auteur, Yūgo Kobayashi, a participé à la Japan Expo en 2024 et en parle sur son blog ).
Retour sur Terre, devant la télé, pour distraitement suivre le Kohaku. Je crois que ce fut l’une des pires éditions qu’il m’ait été donné de voir. Si j’étais aux anges à chaque fois que l’actrice Mio Imada (今田美桜), qui co-présentait l’emission pour la première fois, apparaissait à l’écran, on ne peut pas dire qu’elle ait remonté le niveau des commentaires et pitreries des autres présentateurs, qui étaient toutes d’une effarante banalité. Une fois les groupes Sakanaction et Perfume passés, tout le monde a fini au lit avant même que minuit ne sonne, épuisés que nous étions par cette harassante journée de fare niente.
Sans doute influencé par le fait que Léo ait participé à la course de relais de son lycée il y a peu, j’ai regardé (en différé) les deux courses majeures que sont le New Year Ekiden et le Hakone Ekiden. L’Ekiden (駅伝) est une course de relais sur route, où chaque coureur parcourt une portion avant de transmettre un témoin (tasuki) au coéquipier suivant. Le Hakone Ekiden, qui se déroulé le 2 et 3 janvier de chaque année, est une course inter-universitaire sur deux jours qui consiste à faire l’aller-retour entre Ōtemachi (Tōkyō) et Hakone (préfecture de Kanagawa). Le parcours est séparé en cinq secteurs sur chaque jour (dix en tout) pour une distance de 217 kilomètres. L’évènement est suivi par des millions de téléspectateurs au Japon et ses participants, coach y compris, sont de véritables célébrités passant dans les emissions de variété par la suite. Le niveau est ‘stratosphérique’, (pour reprendre une expression à la mode), certaines portions de plus de 20 kilomètres étant effectuées en moins d’une heure. La course s’étale sur plus de dix heures, ce qui donne lieu à de nombreux rebondissements. Cette année c’est Aoyama Gakuin University (青山学院大学) qui remporte la course pour la troisième fois d’affilée, malgré un départ catastrophique (16eme place après la premiere section). Pour moi le moment fort de la course aura été la remontée spectaculaire dans la cinquième section, qui comporte une montée en montagne de plus de 800 mètres, du coureur Asahi Kuroda (黒田朝日, Aoyama Gakuin) sur le pourtant réputé solide Shinsaku Kudо̄ (工藤慎作, Université de Waseda). En tant que coureur amateur, la vitesse, l’endurance et la ténacité des coureurs dépasse l’entendement. Comme dirait l’autre, ‘Où trouvent-t-ils toute cette énergie …?’ (rires).
Pour ma part je cours le Marathon de Nishio dans deux semaines, mon cinquième marathon après Nagoya (2016), Nara(2016), Ibigawa(2019) et Matsusaka(2024). Les photos de ce billet ont été prises lors d’une sortie longue de 30km le long de la côte de la péninsule de Chita fin décembre, avec un rapide ravitaillement chez un collègue maintenant retraité qui tient un stand de patates douces grillées. Jusqu’à peu je détestais courir en hiver mais les chaleurs en été sont tellement insupportables et peu propices aux activités sportives que le simple fait de pouvoir courir sans avoir à trimballer un litre d’eau avec soi est un pur bonheur. En guise d’entraînement j’ai couru 100km par mois trois mois d’affilée et ne me suis jamais senti autant en forme que cette année. J’hésite à tenter de courir le marathon en moins de 4 heures. Je m’en sens capable selon quelle sera ma forme physique le jour J mais j’ai peur qu’une fois cette étape importante accomplie ma motivation en prenne un coup pour la suite. Je cours pour le plaisir, devoir courir encore plus vite demanderait du temps et de l’énergie que je ne suis pas sûr de vouloir consacrer à la course à pied au détriment de mes balades ou de la rédaction du blog. D’un autre côté je songe à courir Nara l’année prochaine pour fêter les 10 ans de ma ‘carrière’ de marathonien. Le parcours du marathon de Nara est d’une atroce difficulté et ce fut ma pire performance jusqu’à maintenant, ce n’est certainement pas là que je vais courir sous les 4 heures. C’est donc cette année ou jamais ! Nous verrons bien …
Au passage, je souhaite une excellente année 2026 aux lecteurs du blog, qu’ils soient fidèles ou non !














