musiques/Nagoya

‘good stuff for good people’ – Kanayama & Sakae, Nagoya

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vélo jaune laissé à l'abandon
camion Yabaton
good stuff for good people
mur de bâtiments
mur de bâtiments
vue du haut du Chunichi Building
vue du haut du Chunichi Building

Je pars de la gare de Kanayama en direction du nord-est en suivant le tracé de la ligne Chuo JR, une longue ligne droite sur plus d’un kilomètre, jusqu’au Parc Tsuruma (鶴間公園). Le temps est maussade suite au passage du typhon Jangmi, qui aura provoqué de fortes averses, mais heureusement nous aurons été épargnes par le vent. Comme je m’y attendais un peu, l’avenue Chuo-nishi que je longe ainsi en prenant tout mon temps, est sans grand intérêt. Il suffirait sans doute de s’enfoncer dans les petites ruelles juste derrière pour y découvrir quelque petit café ou temple pittoresque mais ce sera pour une prochaine fois.

Une fois arrivé au parc il semble devoir pleuvoir à tout instant. J’avais l’intention d’acheter quelques viennoiseries et de pique-niquer en bouquinant un peu sur un banc, mais je crains d’être interrompu en pleine lecture. Puisque je suis dans le coin, j’en profite pour participer à quelques raids dans PokémonGO. En effet, le parc Tsurumai est un lieu de pèlerinage pour les joueurs. Le cœur du parc est organisé autour d’une grande fontaine circulaire, dont, vue depuis les airs, la forme évoque fortement une Poké Ball, l’objet emblématique utilisé pour capturer les Pokémon. Il n’en fallait pas plus pour que quelques jours après la sortie du jeu en 2016 l’endroit devienne un lieu de rassemblement puis de culte, et 10 ans plus tard, même en pleine semaine, c’est sans difficultés que l’on peut trouver le nombre des compagnons de jeux nécessaire pour vaincre les boss les plus costauds.

A partir du parc je décide de remonter vers Sakae dans l’intention de déjeuner dans un burger shop que j’avais repéré lors d’une précédente promenade. On pourra me faire la remarque qu’il est dommage d’être au Japon pour au final manger des plats typiquement occidentaux mais c’est plus fort que moi, je raffole de viande. Cette envie m’a longtemps fait développer ce que l’on pourrait presque appeler une addiction au MacDo, mais l’augmentation de ses prix ces derniers temps est telle que j’ai commencé à me dire qu’il valait encore mieux payer mon burger un poil plus cher mais au moins profiter d’une meilleure qualité. C’est ainsi qu’une fois par mois je finis dans un resto à burger, cette fois au BURGERSTAND have a good time. Comme il n’est pas encore midi je suis le seul client. Il n’y a que deux employés. Celui qui prend les commandes doit avoir autour de 25 ans, l’autre, qui prépare les plats et que je suppose être le gérant doit dépasser de peu la trentaine. Je décide de m’assoir au comptoir. Une fois servi je dévore mon cheeseburger, délicieux quoique manquant un peu de volume, mais je suis surtout captivé par le fond sonore. Je suis très surpris car c’est bien la première fois que j’entends de l’IDM dans un restaurant. Je crois vaguement reconnaitre un morceau de style glitch du label Mille Plateaux de la fin des années 90. Akufen ou Alva Noto peut-être ? Je télécharge et lance l’application Shazaam pour en avoir le coeur net mais le niveau sonore est trop faible pour que le titre soit reconnu, et de toute façon cela m’étonnerait qu’il soit dans ses archives. Les deux serveurs attendent leur prochain client. Le plus âgé, debout devant moi, pianote doucement des doigts sur le comptoir et bouge parfois la tête en rythme. J’en déduis qu’amateur du genre c’est lui qui est l’auteur de cette playlist. Le titre suivant, dans sa structure (toute relative) et ses sonorités, pourrait être un titre d’Autechre, mais je n’en suis pas certain. Peut-être s’agit-il d’un titre des albums Quaristice (2008) ou Exai (2013), que je connais moins bien parce qu’il m’ont laissé indifférents par rapports à d’autres. Sur mon petit nuage je déguste mon burger et la musique. Une fois terminé j’hésite à adresser la parole au Dj/cuistot. Je ne veux pas le déranger, mais surtout je crains le malaisant silence de notre conversation si jamais il s’avère je me suis trompé sur toute la ligne. Quoiqu’il en soit midi sonne, les jeunes cadres des bureaux alentours font leur apparition et le charme est rompu. Dommage, mais je me dis que cela me fera une occasion de revenir.

Une fois à Sakae je grimpe une nouvelle fois à la terrasse du 7eme étage du Chunichi Building. Une partie de sa façade ne fait qu’apparaître sur la dernière photo de cette série, mais The Landmark Nagoya Sakae, désormais plus haut immeuble de Nagoya du haut de ses 41 étages et 211 mètres, attend l’ouverture de ses portes le 11 juin. Pour être franc mon intérêt est moindre. Il comportera notamment le shopping center HAERA-Parco et un complexe TOHO Cinemas, mais vu de l’extérieur le bâtiment en lui même n’a rien d’exceptionnel et l’on n’y trouvera encore et toujours que les même grandes enseignes internationales qui ont déjà pignon sur rue aux alentours de la gare de Nagoya. Je me glisserai peut-être une fois à l’intérieur une fois que la première vague sera passée.

Nagoya/Nagoya

‘Losing my religion’ – Atsuta-ku Tenma-chō 2 chō-me

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Atsuta-ku Nagoya
The Beatles derriere une vitre
autel sanctuaire Akiba
sanctuaire dans le quartier d'Atsuta

Je reprends ma balade dans le quartier d’Atsuta là où je l’avais laissée la dernière fois. Nous ne sommes même pas encore à la mi-mai mais il fait déjà une chaleur écrasante et la lumière est particulièrement éblouissante. Une nouvelle fois, on ne peut qu’être étonné par le nombre de petits sanctuaires et autels religieux que compte ce quartier. Il faut noter que la préfecture comptant le plus de ‘lieux de culte’, qu’il s’agisse de temples reliés à la religion bouddhique ou de sanctuaires shintō, n’est contre tout attente non pas Kyōto, mais Aichi. Aichi comptait en 2022 exactement 7,887 lieux de cultes, la plaçant ainsi devant Niigata (7,438) et Hyogo (7,144), Kyōto n’étant qu’en huitième position avec 4,819 référencements. Quand on pense à Kyōto on pense immédiatement aux temples immenses et mondialement connus comme le Kinkaku-ji, le Kiyomizu-dera ou encore le Fushimi Inari. Kyōto possède ainsi les temples et sanctuaires les plus célèbres mais pas le plus grand nombre. En Aichi, au contraire, une grande partie du total provient de centaines de petits temples de quartier ou de village, parfois très modestes, que l’on remarque à peine au détour d’une rue.

vie quotidienne/Aichi

Eggciting discoveries – Ichinomiya, Aichi

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Arbre au milieu d'un champ
campagne japonaise
campagne japonaise diverses teintes de verdure
petit sanctuaire local
chaise abandonnée devant une maison
petite ruelle
maison en forme d'oeuf

Chaque année, à l’approche de la visite médicale qui a lieu deux fois par an, la caisse de maladie à laquelle notre entreprise est affiliée organise, à l’échelle nationale, un concours de marche, activité physique douce et accessible qui offre des bienfaits majeurs pour le corps et l’esprit. Pendant cinquante jours chaque participant enregistre quotidiennement le nombre de pas effectués dans la journée et gagne des points en fonction du nombre de pas totalisés pendant cette période, points qui peuvent être échangés contre des lots et autres gift cards. Outre les résultats individuels il y a un également un objectif par équipe à atteindre, et comme durant le mercato, les équipes s’entre-déchirent pour enrôler leurs meilleurs membres. Etant connu pour courir et marcher beaucoup au quotidien ( lors de l’édition précédente j’ai fini non loin de la 50ème place sur plus de 1,000 participants), on peut dire que je suis plutôt plébiscité. Ah, si seulement j’étais aussi apprécié et motivé dans le cadre strict du travail …

Je ne suis déjà pas bien épais et n’ai aucun besoin de maigrir, pendant cette période on ne peut pas dire que je fasse d’efforts particuliers sinon de monter quelques étages au lieu de prendre l’ascenseur. Nous habitons loin de la gare et j’atteins déjà 6.000 pas rien qu’en faisant l’aller-retour au travail. Je cours également autour de 10km au moins une fois par semaine, et prendre mes photos pour le blog me fait me balader à droite à gauche pendant mes jours de congés. Concours ou pas, en ce début de mois de mai je devais de toute façon aller au nord de Nagoya, à Ichinomiya, pour assister à une épreuve d’athlétisme de mon fils aîné. Le stade étant plutôt éloigné de la gare j’étais supposé m’y rendre en bus, mais le rate de peu. S’il n’y avait pas cette histoire de concours peut-être aurais-je attendu le prochain bus pendant une vingtaine de minutes. Ou peut-être pas. En fait, je pense que non car j’ai horreur d’attendre. Me voilà donc parti sans hésiter pour 50 minutes de marche, appareil à la main.

Le paysage n’a rien de spectaculaire. Longues routes en ligne droite le long desquelles on retrouve toujours les même grandes enseignes et autres gigantesques entrepôts de logistique. Champs de riz, tranquilles zones résidentielles et petites usines dont émane une âcre odeur d’huile. En marchant je me dis que l’on pourrait être un peu n’importe où au Japon, et je me demande sur quels indices les champions du jeu Geoguessr, (jeu dans lequel le joueur apparaît dans un endroit au hasard dans le mode Street View de Google Maps et son but est de retrouver l’endroit où il se situe via une mappemonde) se baseraient pour reconnaître ce lieu. La végétation ? Les préfixes téléphoniques sur les panneaux publicitaires ? Le nom des candidats sur les affiches électorales ? En vérité j’aime assez me balader dans ce genre d’endroit car on ne sait jamais sur quoi l’on va tomber. L’oeil scrute, le cerveau tourne à plein régime pour trouver quelque chose mais souvent n’y trouve rien du tout ou pas grand chose, et c’est très bien ainsi. Banalité, apparente banalité, magnifique banalité. Et puis ce que je trouve banal ne l’est pas forcément pour mes lecteurs.

balades au Japon/vie du blog

Les 700 coups

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Le billet précédent était le 700ème billet du blog. Comme j’avais atteint les 600 en avril 2023, il m’aura donc fallu un peu plus de trois ans pour publier ces cent articles. En vérité, si l’on se restreint à la rédaction du blog et tout ce qui tourne autour, cette période a été plutôt tranquille par rapport aux précédentes. Hormis quelques récents problèmes d’espace hébergeur qui ont failli me contraindre au ‘chômage technique’, je ne me souviens pas pendant ces trois années avoir manqué de motivation au point d’être sur le point de tout arrêter alors que le question revenait régulièrement auparavant. Au contraire, plus que jamais mes efforts sur ses longues années se sont vus récompensés, notamment par quelques compliments et citations dans des blogs ou des comptes SNS de personnes bienveillantes. Avec la course à pied le blog reste mon principal passe-temps. Sa rédaction me pousse à me promener et à m’intéresser à de nouvelles choses, à réfléchir, à être constructif et m’amène parfois même par son biais à rencontrer de nouvelles personnes. On ne peut trouver activité plus saine, je vais donc continuer encore pendant quelques temps …

Peut-être cette sérénité mentionnée plus haut est-elle également due à une baisse d’intérêt de me part pour les statistiques relatives au nombre de vues. En effet, tout les quelques mois celles-ci sont complètement faussées par l’apparition soudaine de pics de fréquentation provoqués par des bots localisés dans divers pays qui lisent en l’espace de quelques heures l’intégralité des articles, l’équivalant de deux ou trois mois de visites en un jour … Jamais je n’aurai pensé, lorsque j’ai commencé a blogger, que viendrait un jour où on ne saurait même plus si ce sont des machines ou des humains qui nous lisent. Il doit certainement y avoir un moyen simple pour que ces ‘raids’ ne soient pas comptabilisés mais je ne me suis pas trop attardé sur le problème. Au final ne plus me préoccuper des fluctuations du nombre de visiteurs (qui ne fait que baisser de tout manière…) m’amène à gérer le blog sans la moindre pression. Cela dit, un commentaire, aussi court soit-il, fait toujours plaisir à lire et stimule la motivation.

Petite aparté puisque l’on parle de chiffres. En japonais le chiffre 4 se prononce ‘shi‘, qui est le même son que le mot ‘mort’ (死), raison pour laquelle il est soigneusement évité dans de nombreuses situations de la vie courante. En arpentent les rues lors des mes balades il m’arrive de photographier ces omissions, notamment à travers la numérotation des places de parking ou des hangars. J’ai maintenant une petite série de thèmes récurrents, des concepts qu’il me plaît de prendre en photo. Je suis en train d’organiser un peu tout cela, en espérant aboutir à quelque chose de présentable avant le 800ème billet.

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Sumikaikan (1) – Ichinomya, Aichi

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墨会館 Kenzō Kenzō Tange 丹下 健三
墨会館 Kenzō Kenzō Tange 丹下 健三
墨会館 Kenzō Kenzō Tange 丹下 健三
墨会館 Kenzō Kenzō Tange 丹下 健三
墨会館 Kenzō Kenzō Tange 丹下 健三

Le Sumikaikan (墨会館), situé à Ichinomiya au nord-est de Nagoya, construit en 1959, est l’unique bâtiment de la figure majeure du modernisme japonais Kenzō Tange (丹下 健三) dans la préfecture d’Aichi. Si cela faisait un moment que je souhaitais le visiter, c’est un récent article dans le quotidien national Asahi Shimbun à propos d’un mouvement visant à préserver l’ancien gymnase préfectoral de Kagawa (旧香川県立体育館), malheureusement en piteux état et sur le point (?) d’être démoli, qui m’a fait penser qu’il vaudrait mieux m’y rendre avant qu’il ne connaisse le même sort.

L’endroit est plutôt difficile d’accès en utilisant les transports en commun mais je me refuse à m’y rendre en voiture. Le trafic dans cette région est dense, perdre un temps précieux à chercher une place de parking m’agace au plus haut point et avoir le privilège de boire une bonne bière fraîche après une longue marche fait partie de ces petits plaisirs dont on ne peut plus se passer une fois qu’on y a goûté. Après 15 minutes de trajet en bus à partir de la gare d’Ichinomiya puis 10 minutes de marche, le Sumikaikan m’apparait, coincé entre une zone résidentielle et un gigantesque entrepôt de logistique.

Son terrain de forme trapézoïdale est entouré d’une épaisse paroi en béton qui n’en gâche pas la vue mais semble faire partie intégrante de son architecture, même si en vérité je m’attendais à un bâtiment plus haut, plus volumineux et encore plus massif. Les volumes sont ramassés et proches du sol, les lignes simples. Parmi les différentes façades du bâtiment seule la façade nord adopte une structure ajourée en terre cuite et apporte quelques nuances de couleurs aux teintes de gris. Après en avoir fait le tour je suis partagé entre l’idée que quelques travaux de rénovation sur la façade redonneraient un peu de noblesse au bâtiment tout entier, mais aussi que son état actuel, avec ses marques du temps, lui donnent un certain caractère, une histoire, son histoire. Alors que je m’attarde devant l’entrée passe justement devant moi un type dans une Chevrolet El Camino rouge tout droit sortie des années 60. Aurais-je soudain fait un bond dans le temps ?

'Tout ce qui a deux ailes me fait planer'/aviation

‘IV (For) my people…’ – ‘Tout ce qui a deux ailes …’ (29) @ NGO

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Chubu International Airport pilote inspectant son appareil
Chubu International Airport staff sur le tarmac
Chubu International Airport staff sur le tarmac
Chubu International Airport staff sur le tarmac
Chubu International Airport staff sur le tarmac

Les beaux jours reviennent et l’envie me reprend de traîner avec mon appareil sur le Sky Deck avant de prendre le travail. Je ne me suis toujours pas résolu à acheter un télé-objectif, je n’ai qu’un intérêt mitigé pour la photographie d’aviation et l’aviation en général depuis que cela ne me sert plus trop dans mon travail et que je n’ai plus personne avec qui partager ma passion. Je m’intéresse donc, avec les moyens à ma disposition, aux ombres formées par les appareils sur le tarmac, aux couleurs, je tente de trouver des thèmes en rapport avec le personnel de maintenance et les pilotes, sans lesquels les avions sont cloués au sol. Nous ne sommes que fin avril mais il fait déjà trop chaud, tout le monde cherche à se réfugier à l’ombre.

architecture/Mie/Shiga

‘Call me when you’re home’ – Komono & Suzuka (Mie), Koka (Shiga)

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Aqua Ignis San Valentino
Aqua Ignis
Aqua Ignis
Suzuka Skyline
Suzuka Skyline

Sortie en milieu d’après-midi dans la préfecture de Mie, à Komono-chō, non loin de la ville de Yokkaichi. Cette tranquille bourgade de 40.000 âmes qui se trouve au pied du Mont Gozaisho (御在所岳, 1,212m), où se trouve la célèbre station thermale Yunoyama Onsen (湯の山温泉), connait un certain renouveau depuis qu’elle donne son nom à une sortie sur l’autoroute Shin-Meishin (新名神高速), qui s’y fraie son chemin depuis l’ouverture d’une nouvelle portion en 2019. Nous faisons un arrêt à AQUAIGNIS, complexe touristique mélangeant bien-être (bains alimentés par des sources chaudes naturelles avec une ambiance minimaliste assez soignée), gastronomie (pâtisserie de haut niveau, restaurants et boulangerie artisanale) et architecture design avec une intention esthétique de lignes épurées, matériaux naturels et espaces de repos extérieurs dignes d’un ‘resort haut-de-gamme’.

Si le nom AQUAIGNIS vient du latin et signifie littéralement ‘eau et feu’, l’élément ‘eau’ a disparu des bassins extérieurs, qui sont désormais remplis de gros cailloux. Je regrette un peu le large plan d’eau d’autrefois, la température au dehors ne s’élève encore qu’autour de 25 degrés mais toutes ces surfaces blanchâtres ne font qu’accentuer la sensation de chaleur là où auparavant le site faisait plutôt office d’oasis. S’il n’y a plus moyen de s’amuser avec les reflets dans l’eau, le site reste tout de même intéressant photogéniquement parlant. J’aime assez la manière dont les bâtiments sont agencés de sorte à ce que le regard soit guidé vers le fond de l’image, tel un point de fuite, et même le pont se fond dans le paysage.

Après avoir dégusté de délicieuses viennoiseries et un café à la terrasse – avec un bon bouquin j’y passerais volontiers la journée -, nous partons en direction de la Suzuka Skyline, la route panoramique qui relie Komono-chō à la ville de Koka dans la préfecture de Shiga en passant au travers de la chaîne de montagnes de Suzuka. Le paysage est moins vaste et moins impressionnant que celui de la Venus Line à Nagano lors de notre précédente balade, mais tout de même très agréable, quelques cerisiers sont même encore en fleurs. La fin d’après-midi approche et nombreux sont les randonneurs qui rejoignent leur voiture en marchant le long de la route. Je les envie car le Mont Gozaisho fait partie des sommets que je compte gravir cette année. C’est une nouvelle fois l’occasion de voir ce que notre nouvelle voiture (une Subaru Crosstrek à traction intégrale) a dans le ventre, et nous ne sommes pas déçus. Là où notre Honda faisait un bruit de tous les diables nous grimpons comme si de rien n’était, même la grosse Jeep qui me collait en bas est laissée sur place. Quel régal !

Une fois traversé le tunnel au sommet nous basculons dans la préfecture de Shiga et descendons vers Koka. Nous avons l’habitude d’atteindre Shiga en traversant en biais la préfecture d’Aichi puis de passer par celle de Gifu. Comme à Nagano cela fait toujours un drôle d’effet de découvrir ce genre de ‘raccourcis’. Une fois au pied de la montagne nous n’avons aucune idée d’où nous nous situons, mais continuons droit vers l’ouest. De mémoire il me semble que nous devrions croiser la route nationale 1 (国道1号, Kokudō Ichi-gō) qui relie Tōkyo à Kyōto, ce qui nous permettrait de revenir vers Nagoya, mais je n’en suis pas sûr. Nous ne sommes alors plus qu’à trente minutes de Omi-hachiman et de La Collina Omihachiman, l’enchanteresse installation de l’architecte Terunobu Fujimori, mais je suis du matin le lendemain et de toute manière tout est sur le point de fermer. Nous nous sommes une nouvelle fois aventurés bien plus loin qu’il n’était prévu, mais ce fut une agréable balade. Les enfants grandissant il est de plus en plus difficile d’arranger nos emplois du temps, nos conversations dans ces moments-là valent tout l’or du monde. Seul bémol, les photos prises ce jour-là sont toutes ‘cramées’ alors qu’à priori les réglages étaient corrects. J’ai récupère quelques photos comme j’ai pu mais mon bon vieux D5000 semble en fin de vie …

Nagoya/Nagoya

‘En rouge et blanc …’ – Endōji, Nagoya

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円頓寺商店街 Endoji Nagoya
円頓寺商店街 Endoji Nagoya
円頓寺商店街 Endoji Nagoya
円頓寺商店街 Endoji Nagoya
円頓寺商店街 Endoji Nagoya
円頓寺商店街 Endoji Nagoya

Si à Nagoya j’aime particulièrement me balader dans le quartier animé qu’est Ōsu, ces derniers temps j’ai une préférence pour celui d’Endōji (円頓寺), beaucoup moins tape-à-l’œil, moins fréquenté et plus calme. Bien qu’il ne se situe qu’à une dizaine de minutes à pieds de la gare de Nagoya, ce quartier populaire est plutôt méconnu. Cela dit peut-être les choses sont-elles en train de changer. Des travaux de rénovations ont eu lieu en 2015 et son site internet vient tout juste de faire peau neuve. J’aime beaucoup l’idée de cette barre de défilement qui permet de passer en revue de manière très fluide les restaurants et magasins tout en préservant l’aspect rétro, presque nostalgique, de cette galerie qui existe sous sa forme ‘moderne’, depuis 1964, et mêle désormais cafe-théâtre offrant des séances de kabuki, temples, vieux magasins de jouets ou d’électronique et petits restaurants et cafés autres que ceux des grandes enseignes que l’on trouve maintenant partout. J’aurai très certainement l’occasion de parler de ce lieu plus en détail une prochaine fois.

Nagano/Nagano

Hanami 2026 – Iida, Ina, Chino, Nagano pref.

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Echigoya Ina 越後屋
cerisiers en fleurs Ina hanami
nouilles soba
Lac Suwa
cerisiers en fleurs chino-shi
cerisiers en fleurs chino-shi
shirakaba tateshina

Notre virée en famille dans la préfecture de Nagano s’est décidée le matin-même. Nous itinéraire consistait à faire un tour à Komagane (駒ヶ根) en faisant un crochet par le magasin de confiseries japonaises Echigoya (越後屋) afin d’y acheter la spécialité appelée ‘Ina no Mayu‘ (伊那のまゆ) une gaufrette japonaise monaka garnie de crème fouettée et enrobée de chocolat. Malheureusement, quand nous y arrivons peu avant dix heure et demie la vendeuse s’apprête à fermer le rideau de fer et nous explique que le stock est épuisé pour aujourd’hui. Nous remontons en voiture, je plaisante en disant qu’il me plairait de travailler dans un magasin où les horaires de travail sont de 9:00 à 10:30, ou bien que la prochaine fois nous prendrons un hôtel en face du magasin afin d’être certain d’être parmi les premiers dans la file d’attente.

Nous nous apprêtons à partir en direction de Komagane lorsqu’à un croisement j’aperçois un panneau mentionnant la ville de Takato (高遠), à trente minutes de route. Je me souviens avoir vu dans ma collection de brochures de Nagano de sublimes photos du château de Takato, baigné dans une mer de cerisiers en fleurs, l’étage le plus élève du château pointant au dessus des arbres. Cependant, c’est les vacances de printemps, comme il fallait s’y attendre l’endroit est pris d’assaut par les touristes. Comme marcher ne m’effraie pas, si j’avais été seul je me serai garé dans un coin un peu éloigné, mais ma proposition est loin de faire l’unanimité. Nous passons en contre-bas du château en voiture, les cerisiers en fleurs sont en effet magnifiques et je me fais la réflexion qu’il me faudrait faire un montage vidéo des plus beaux paysages pris par notre (nouvelle) caméra de tableau de bord.

Nous nous faufilons à travers la montagne le long de la route 152. Je ne me souviens pas avoir emprunté cette route de par le passé et me demande bien ou elle mène. Les routes de montagnes réservent toujours des surprises, bonnes ou mauvaises. Si elles permettent souvent de relier des points que l’on croyait extrêmement éloignés, il n’est pas rare que les enfants soient malades quand les lacets sont trop nombreux. Au bout d’une demi-heure de route sans grosses difficultés, nous atteignons Tsuetsuki-tōge (杖突峠) aire de repos située à une altitude de 1,247 mètres. Nous nous y arrêtons pour déguster l’un des meilleurs plats de nouilles soba qu’il m’ait été donné de manger jusqu’à présent. Peut-être la superbe vue sur la ville de Chino et le Lac Suwa (dont nous avions fait le tour à vélo en 2022) en contre-bas, les plaines du Mont Tateshina au loin n’a-t-elle que sublimé davantage encore ce met délicieux. Nous nous attardons quelques instants au petit café avec terrasse à l’étage, puis redescendons vers la ville de Chino, où nous passons à proximité d’un cours d’eau bordé sur un centaine de mètres de cerisiers en fleurs. Alors que je m’apprête à immortaliser l’instant en photo, je me rends compte que j’ai oublié la batterie dans son chargeur à la maison, d’où les photos de ce billet toutes prises vite-fait avec mon smartphone. J’ai été surpris de constater que l’incident ne m’a que peu affecté. Ne pas avoir à trop me soucier des photos et profiter d’être en famille a rendu la balade plutôt agréable.

L’après-midi est déjà bien entamé mais puisque nous sommes dans le coin nous ne pouvons pas ne pas prendre la Venus Line qui nous amène au Lac Shirakaba (白樺湖) puis déguster une onctueuse glace à la ferme Nagato Farm, en contemplant les restes de neige dans les montagnes alentours.