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Évasion – 現実逃避

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La gare d’Otagawa se situe à mi-chemin entre Nagoya et Centrairl’aéroport international de Nagoya. Alors qu’il s’agissait d’une minuscule gare jusqu’à son réaménagement il y a quelques années, avec son imposante construction sur trois niveaux elle est maintenant la gare principale de la péninsule de Chita.

Les photos ci-dessus ont été prises le week-end dernier, en pleine Golden Week, la période de grande transhumance, peu après midi. Normalement à cette période tout le monde se marche sur les pieds sur les plate-formes pleines à craquer de voyageurs qui s’apprêtent à prendre l’avion et les personnes en congé qui vont se balader à Nagoya. Je ne rencontre cependant aucune difficulté à prendre des photos sans âme qui vive. Mon appareil à la main j’ai l’impression de participer à un événement de pré-ouverture de l’établissement où seuls les médias auraient accès.  Alors que malgré les restrictions les magasins et restaurants autour de chez nous sont à peine moins remplis que d’habitude, les transports en communs sont vides. Afin d’éviter les contaminations tout le monde semble se déplacer en voiture, raison pour laquelle la Meitetsu, la compagnie qui gère les lignes ferroviaires dans les préfectures d’Aichi et Gifu a réduit son nombre de mouvements de trains journaliers.

Selon le train que je prends il me faut soit 15 soit 30 minutes pour me rendre à l’aéroport mais je prends volontiers le train le plus lent. Avec tout le monde à la maison depuis plus d’un mois, le trajet pendulaire est à peu près mon seul moment de calme dans la journée. Depuis quelques jours j’y lis Fish Story (フィッシュストーリー), le recueil de nouvelles de Kôtarô Isaka. Isaka est un auteur vers lequel je reviens fréquemment. Il parvient toujours à mettre en scène de manière très efficace des histoires extraordinaires sans avoir recours à de longs préambules ou des formulations assommantes. J’ai récemment appris que quelques unes de ses oeuvres sont traduites en français par Corinne Atlan chez Picquier. J’ai trouvé cela amusant puisqu’on lui doit également la plupart des traductions des livres de Haruki Murakami alors que j’ai toujours trouvé qu’il y avait une certaine ressemblance entre ces deux auteurs. Alors que depuis quelques années l’ego démesuré et les histoires finalement toujours à peu près identiques dans leur structure de ce dernier me repoussent, les bouquins d’Isaka me plongent immédiatement dans son univers.

J’oublie tout l’espace d’une demie-heure. L’évasion, l’échappement, c’est exactement ce dont j’ai besoin en ces moments troubles. En japonais on dit ‘genjitsu-touhi‘ ( 現実逃避 ) littéralement ‘la fuite de la réalité‘. Les photos de ce billet me semblent de toute manière irréelles.

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Un livre délivre (1) ‘La papeterie Tsubaki’- Ito Ogawa

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ツバキ文具店 – 小川系

Hatoko tient à Kamakura une petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère calligraphe. Elle y vend des fournitures scolaires aux collégiens du coin, et prend le relais en tant qu’écrivain public. Quels qu’ils soient, elle répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir tour à tour : Cartes de voeux, mot de condoléances, lettres d’adieu mais aussi d’amour. Le choix de la calligraphie, du papier, de l’encre, de l’enveloppe ou encore du timbre, mais surtout cette lutte intérieure pour accoucher de chaque mot. On suit dans les moindres détails le difficile processus qu’implique la rédaction d’une ‘simple’ lettre.

Je n’ai pas acheté ce livre pour sa couverture, mais pour son titre. En vitesse, à l’aéroport de Nagoya avant de prendre mon vol pour Munich via Helsinki – j’achète rarement des livres, si ce n’est au départ de longs trajets en train, en bus ou en avion. En fin de compte j’aurai plutôt profité des trajets aller-retour pour passer en revue quelques films ratés au cours de l’année passée, mais une fois de retour au Japon j’ai eu tout le loisir de déguster ce bouquin.

À la lecture de toute chose en rapport avec la papeterie ou les instruments d’écriture, le temps s’écoule avec une agréable lenteur là où pour toute autre activité il défile à toute vitesse. En lire une vingtaine de pages dans le train au retour du travail me plonge dans un univers parallèle dans lequel les gens sont au fait du plaisir que l’on peut avoir à écrire une lettre ou même un journal, en choisissant longuement ses mots, et savent les efforts que cela demande.

Le rytme est extrêmement lent, beaucoup d’importance étant attribuée aux détails ( mais combien de fois tout au long de ce livre Hatoko se sert elle son foutu thé ? ) On se reconnaîtra dans les longues escapages descriptives relatives a l’écriture, ou bien on sautera quelques pages sans ne rien rater si ce n’est le plus important, qui n’est pas non pas l’intrigue, mais l’état d’esprit du livre.

Vivre lentement, à son rythme, n’est pas une chance, mais un choix. Cela demande des efforts et des sacrifices. Éteins cet écran, file à la librairie, achète ce bouquin (chez Les Éditions Philippe Picquier, plutôt bien traduit d’ailleurs si j’en crois quelques extraits trouvés sur le net) du papier et un stylo, et apprécie ta nouvelle vie qui commence aujourd’hui.

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Vous (l)irez mieux demain.

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Le principal reproche que j’aurai à faire aux méthodes d’enseignement de l’INALCO, c’est qu’à aucun moment on ne nous pousse à mettre en pratique nos acquis, et je pense tout particulièrement à la lecture. Soit, on nous fait lire quelques articles de presse à partir de la deuxième année et d’inintéressants et pour le moins illisibles passages de ‘classiques’ de la littérature japonaise en licence, mais pratiquement rien concernant la littérature japonaise contemporaine. Bref, on ne nous donne absolument pas envie de lire de la littérature japonaise, et encore moins de la littérature japonaise en japonais.

C’est regretable parce qu’être capable de lire en japonais était mon principal objectif pendant mes études. Bien sûr je n’ai pas attendu de ‘finir’ mes études pour ouvrir un livre, mais j’aurai aimé être conseillé dans mes lectures par des personnes qui après tout sont censées s’y connaître, plutôt que d’être ici, d’un coup, confronté à une montagne de livres.

Du coup, je choisis mes lectures un peu au hasard en me baladant d’une librairie à l’autre, sans véritables critères de sélection. Il va sans dire que les titres que je ne sais même pas lire me rebutent. De même ceux annonçant en grand caractères blanc sur fond bleu ‘J’ai pleuré en lisant ce livre’, dixit quelque star du showbizz dont on est même pas sûr qu’elle sache lire. J’accroche principalement sur des couvertures, les meilleures ventes, les titres courts. Ma fascination pour l’impact visuel des idéogrammes fait que je me vois d’ailleurs souvent attiré par des titres composés d’un seul ou deux idéogrammes. Je lis parfois le résumé au dos du livre, parfois la première page. J’attire peu d’importance au nom de l’auteur, puisque que je n’en connais pratiquement aucun en dehors de quelques classiques, de Murakami et Ôgawa.

Pour résumer, disons que je subis totalement la machine marketing, et j’ai horreur de cela. En même temps, les quelques livres que j’ai lu était plutôt bons …

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La course au mouton sauvage

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Même si dans l’ensemble le livre m’a quelque peu déçu, ‘la course au mouton sauvage’ contient quelque passages forts rigolos. Il a bouffé du Devos, Murakami ?

Minou minou minou, dit le chauffeur au chat, en se gardant bien d’y porter la main. Comment s’appelle-t-il ?
– Il n’a pas de nom.
– Comment faites-vous alors pour l’appeler ?
– On ne l’appelle pas, dis-je. Il est là, c’est tout.
– Mais il ne reste pas tout le temps immobile. Il bouge sous l’effet d’une volonté. Ça ne vous semble pas bizarre qu’un être qui agit de par sa volonté n’ait pas de nom ?
– Les sardines aussi bougent selon leur volonté, et pourtant on ne leur donne pas de nom.
– Oui mais il n’y a aucun échange affectif entre une sardine et un être humain. D’ailleurs une sardine ne comprendrait pas son nom. Cela dit, rien ne vous empêche de lui en donner un.
– Si je vous comprends bien, pour qu’un animal puisse prétendre à un nom il faudrait qu’il se meuve de sa propre volonté, qu’il soit capable d’échanges affectifs et, qui plus est, qu’il soit doté du sens de l’ouïe. N’est-ce pas ?
– C’est cela, oui, dit le chauffeur qui opina à plusieurs reprises, l’air convaincu. Dites, ça vous dérangerait si je luis donnais un nom ?
– Absolument pas. Comment l’appelleriez-vous ?
– Que diriez-vous de ‘Sardine’ ? Puisqu’au fond vous l’avez traité comme une sardine jusqu’à présent.
– C’est pas mal, dis-je
– N’est-ce pas ? fit-il fièrement.
– Qu’en dis-tu ? demandais-je à ma girlfriend.
– Pas mal du tout, dit-elle. On croirait assister à la création du monde.
– Et la Sardine fut ! dis-je.
– Viens, Sardine, dit le chauffeur en prenant le chat dans ses bras.

livres/vie du blog/langue japonaise

nouveau blog & Yasushi Inoue

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La relecture intensive de mon précédent post m’a révélé une chose : je sais à peu près lire en japonais, plus ou moins parler en japonais, mais depuis que les cours se sont terminés je ne me souviens pas avoir eu l’occasion d’écrire la moindre phrase (une autre lacune du test de dimanche). Pour remédier à cela, je me suis permis de polluer encore davantage la netosphère en ouvrant en grandes pompes un blog orange fluo (http://www.de-zero.com/lens/blogger.html) dans lequel je m’exprime comme une vache espagnole dans la jolie langue de Yasushi Inoue, écrivain du XXème siècle dont je vous conseille Le château de Yodo (Ed. Piquier poche), roman historique se situant dans le Japon du XVIème siècle, dont le seul défaut est que la lecture en est parfois rendue difficile en raison de la sur-abondance de personnages.

livres/vie quotidienne

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A la limite, ce qui m’a manqué le plus pendant cette première année passée au Japon, si l’on exclut les amis et la famille, c’est un bon bouquin, ou plutôt, une pile de bons bouquins ! De bouquins en français, ou du moins dans une langue dans laquelle il ne me soit pas nécessaire de rechercher chaque troisième mot dans un dictionnaire, soit parce que je n’en connais pas la signification ou que les je suis tout bêtement incapable de le lire. Une pile de bouquins que je puisse lire sans peine, quelques histoires bien ficelées qui me tiennent en haleine. ‘Le cycle de fondation’ d’Asimov, par exemple ?

livres/vie quotidienne

conseil pratique

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Un petit conseil pratique à propos du Japon que vous ne lirez jamais dans les guides :

Si jamais vous avez l’occasion de dîner dans un restaurant accompagné de japonais, trouvez le moyen de placer dans la conversation le fait que vous avez lu en français La pierre et le sabre et La parfaite lumiere d’Eiji Yoshikawa, l’un ou l’autre roman de Natsume Soseki et Yoko Ogawa, que vous appréciez beaucoup Ryo Murakami, avec lu un peu de Yukio Mishima et surtout, insistez sur le fait que vous n’avez strictement rien compris au peu que vous avez lu d’Abe Kobo !

D’une part, vos interlocuteurs seront grandement étonnés que vous connaissiez ‘tout cela’ -sans doute une minuscule part de ce que la littérature japonaise a de beau à offrir- vous aurez droit à tout un tas d’expressions et onomatopées bizzarres éxprimant l’étonnement fort drôles -ueeeeeeeeeh! sugoi! kakkoiiiiiii!- et, pour finir, en guise de remerciement on vous paiera votre note, malgré que vous ayiez décline l’offre une dizaine de fois …

livres

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Tandis qu’en France, les fans de Yukito Kishiro attendant la sortie chez Glénat du premier tome de Last Order, la suite de Gunnm, prévue pour le 19 novembre prochain, je suis en train de tranquillement me lire la-dite oeuvre en version originale, aidé toutefois par une traduction anglaise trouve sur le web. Brièvement … la compréhension de l’histoire est difficile si vous n’avez pas lu les 9 tomes précédents, certains personnages connus y faisant leur apparition. Le dessin est superbe, parfois surprenant, le personnage de Gally m’ayant parfois graphiquement semblé être relativement proche d’un dessin ‘comics’. Même si quelques scènes n’étaient à mon avis pas franchement utiles et que je peine un peu à comprendre la transition entre le neuvième tome et cette suite -le fait que ma dernière lecture remonte à 2 ans n’arrangeant probablement rien-, je dois dire que ‘l’attente’ en valait franchement la peine ; )

livres/daydreamin'

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Possèdant de maigres connaissances en matière de littérature, la première chose sur laquelle je vais me baser pour faire un choix parmi l’énorme quantité de livres exposés dans les librairies, ne sera pas le nom de l’auteur, de savoir qu’il a gagné le Goncourt ou quelque autre prix littéraire, mais la couverture, ou plus exactement le format des livres. C’est bête, mais en procédant de la sorte, pratiquement les trois quarts de la littérature allemande me sont rendus inaccessibles ! Du coup, les malheureux écrivains publiés par les maisons d’édition Rohwolt, Kiwi ou Rororo passent ainsi directement à la trappe ! Ha, loin de moi l’idée de mettre en doute leur talent. Seulement, traîner avec moi un soi-disant livre de poche de 10 kilos pour 250 pages dont la couverture est certes jolie, mais cartonnée, rigide, et donc intransportable, le tout pour un prix guère intéressant n’a pour moi aucun intérêt.