Lire trois livres dans trois langues différentes …
Lire trois livres dans trois langues différentes, ça me rappelle la terminale. A la différence près qu’a l’époque, lire, je n’avais que ça à faire …



Lire trois livres dans trois langues différentes, ça me rappelle la terminale. A la différence près qu’a l’époque, lire, je n’avais que ça à faire …
Alors qu’en 15 mois passés au Japon je n’ai pas contracté la moindre petite maladie, ne serait-ce qu’un rhume, voilà que je rentre au Luxembourg et qu’en un mois je trouve le moyen de tomber malade par deux fois. Maintenant … un jour il tombe 20 cm de neige, le lendemain il fait 15C, il y a de quoi être un peu détraqué aussi …
‘[ … ] pour qu’on puisse comprendre ce que vous dites car si c’est pour faire style d’écrire en japonais pour que le maximum de monde ne comprenne pas, vous pouvez le faire en MP [ messages privés ]’
L’on rencontrera ce genre de tirades sur une multitude de forums concernant le Japon. A chaque fois qu’un groupe de personnes écrira en japonais, pour les personnes ne pratiquant pas la langue cela impliquera toujours la même chose : Ils parlent en japonais soit ‘pour faire style’, soit pour qu’on ne les comprenne pas. Est-il à ce point difficile de considérer le fait d’écrire en japonais comme étant un simple moyen de converser, et non pas de se mettre en valeur ou de dire des méchancetés sur le dos des autres ?
Les difficultés que j’éprouve à écrire quoique ce soit qui puisse avoir un intérêt quelconque a quelque chose d’effrayant. J’avoue ressentir de la gêne à dire pareille chose mais il faut dire ce qui est : Le plus difficile depuis mon retour est sans doute le retour à la banalité, à la vie ‘à la luxembourgeoise’, à cette vie honteusement facile. Au Japon j’ai connu quelques moments pénibles, il m’est arrivé de prendre peur, de paniquer pour de bon à ne pas savoir comment j’allais faire, financièrement parlant. Que je m’en sois finalement sorti n’est pas tant la question, c’est surtout le fait de ne rien devoir à personne qui donne son importance à cette aventure. C’est probablement cela ce que l’on appelle l’indépendance …
Depuis mon retour il y a maintenant une semaine, il m’est fréquemment arrivé de me dire qu’il fallait que j’écrive ‘quelque chose’, qu’il serait intéressant de donner mes premières impressions sur ce ‘choc culturel’. S’il m’est pour l’instant impossible d’écrire quoique ce soit à ce propos, c’est probablement que je n’ai pas encore tout à fait réalisé que je suis de retour. Je me suis bien entendu rapidement retrouvé confronté aux ‘petites incivilités luxembourgeoises’ mais voilà, j’ai passé le gros de la semaine noyé dans mes livres de japonais, écoutant de la musique japonaise, chattant, envoyant des tas de mails et téléphonant en japonais.
De retour au pays …
Etude du japonais, inscriptions en fac, recherche d’appartement, participation active aux forums traitant de cinéma et de musique japonaise, encodage de dvd et cd pour ces forums, un projet de traduction en français de feuilletons japonais, projet de création d’un site français sur le groupe Clammbon, le weblog, l’écriture de chroniques, projet de communauté de blogs francophones relatifs au japon, mise en ligne de photos, préparation du voyage à Osaka, Kobe, Nara … Ça projette, ça projette, les jours défilent et rien n’avance …
La relecture intensive de mon précédent post m’a révélé une chose : je sais à peu près lire en japonais, plus ou moins parler en japonais, mais depuis que les cours se sont terminés je ne me souviens pas avoir eu l’occasion d’écrire la moindre phrase (une autre lacune du test de dimanche). Pour remédier à cela, je me suis permis de polluer encore davantage la netosphère en ouvrant en grandes pompes un blog orange fluo (http://www.de-zero.com/lens/blogger.html) dans lequel je m’exprime comme une vache espagnole dans la jolie langue de Yasushi Inoue, écrivain du XXème siècle dont je vous conseille Le château de Yodo (Ed. Piquier poche), roman historique se situant dans le Japon du XVIème siècle, dont le seul défaut est que la lecture en est parfois rendue difficile en raison de la sur-abondance de personnages.
J-3 ! Dimanche prochain j’affronte le jplt niveau 2, dont le taux de réussite tourne autour de 20%. Pour être franc je ne me fais pas d’illusions. J’ai beaucoup étudié mais ne suis pas prêt spécifiquement pour le test. Par exemple, je suis désormais tout à fait capable de tenir une conversation mais … le jplt ne comprend aucun test oral. ( Ceci, dit-on, afin de privilégier les étudiants chinois, d’une rapidité déconcertante lorsqu’il s’agit de lire un texte ou d’écrire une rédaction mais pour la plupart incapables de formuler convenablement une phrase. ) J’ai écouté la radio et regardé la télé pendant des heures, mais cela ne me servira à rien non plus, le test d’écoute privilégiant une compréhension précise sur une phrase courte plutôt qu’une compréhension globale sur une émission d’une heure. Alors que tout ce que l’on me demande c’est de savoir lire un kanji, j’en ai étudié l’éthymologie, le tracé, cherché d’autres idéogrammes lui ressemblant, me construisant pour chaque cas une image ou une histoire me permettant de facilement le mémoriser.
Globalement, je me suis fait plaisir avant tout, m’attardant sur des points qui ne me seront pas forcément utiles lors du test, mais qui m’auront permis de maintenir un intérêt certain pour le japonais et de ne pas considérer son étude comme une obligation …
Mon absence est due à un nouveau déménagement. J’ai quitté mon petit mais convivial appartement à Okazaki, ses trains qui passent à 15 mètres derrière chez moi faisant trembler le sol jusqu’à une heure du matin, le chat qui miaule du matin au soir ( et réciproquement ), le Circle K du coin, les clients qui sortent du bar à 2 heures du matin ivres morts. Fini la chef qui m’appelle pour que j’aide en cuisine à 10 heure du soir. Fini les gens du bureau de l’école de Yamasa qui me pourchassent en tentant depuis 4 mois d’obtenir mon adresse. Plus de comatage à la terrasse du troisième étage, moins de trafic, moins de bruit, moins de bouffes avec les potes aussi, plus de Kappa Sushi, plus de melon pan, de ramens au Sugakiya. Plus de vélo, mais plus besoin de m’occuper du recyclage. Moins loin de Nagoya, mais plus de Tower Records à proximité A 20 minutes de la gare au lieu de 2 auparavant, mais bien au calme, bien au calme …