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culture/Aichi

Save this town – Seto, Aichi

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Seto riviere
baraque rouge abandonnée Seto
galerie marchande Suehiro Seto
galerie marchande Seto
poterie de chat géant dans un jardin Seto
poteries manekineko devant une maison
pachinko abandonné Seto
poster dans une galerie marchande

Balade dans la ville de Seto, au nord est de Nagoya. Seto est dit être le lieu de naissance de la céramique au Japon. Sa renommée est telle que le terme Seto-mono (objet de la ville de Seto) est devenu synonyme de ‘céramique’ dans tout le Japon. Nous sommes dans la première moitié du mois de juillet. Si au Japon nous n’avons pas à subir la vague de chaleur dont j’entends parler en Europe, le soleil, alors qu’il n’est même pas midi, tape extrêmement fort et me fait passer toute envie de contempler quelques uns des nombreux magasins de céramique. Les rues sont d’ailleurs désertes, il faudra songer à revenir en septembre lorsqu’aura lieu la fête locale pour trouver un peu plus d’engouement et d’animation.

De la gare d’Owari-Seto (尾張瀬戸駅) je remonte le long de la rivière Seto et suis rapidement en nage. Je trouve enfin un peu d’ombre sous les arches de la rue commerçante Seto Suehiro-Machi (せと末広町商店街). Si j’ai ces derniers temps une attraction pour les galeries marchandes, le fait de pouvoir marcher tout en restant à l’ombre est sans doute l’une des raisons qui m’y attirent. Malheureusement on ne peut pas dire qu’il y ait foule, et comme c’est le cas dans la plupart des rues commerçantes de la région de nombreux locaux sont abandonnés, les volets de fer fermés. S’il faut bien avouer que les gigantesques centres commerciaux sont bien pratiques, tout étant à portée de main dans un même lieux, je trouve toujours cela dommage que ce Japon ‘à l’ancienne’ semble devoir disparaître peu à peu. Je ne peux qu’encourager ceux qui tentent de maintenir en vie ce genre d’endroits en créant des sites web ou des communautés sur internet. Il m’arrive de penser qu’il me serait possible d’apporter ma pierre à l’édifice en centrant mes billets sur ce genre de sujets ou en organisant des visites guidées ou des ‘photos safari’ tentant de prôner le tourisme durable. Une reconversion professionnelle en somme.

Sur les pans du mur d’une salle de pachinko désaffectée une grande fresque murale de plus de 2 mètres de haut sur 4 mètres de large attire mon attention. Le personnage féminin aux longs cheveux noirs avec son troisième oeil qui y est représenté plusieurs fois m’est familier, je me souviens très bien l’avoir pris en photo dans la rue commerçante Endōji à Nagoya tout récemment. Je pensais alors qu’il s’agissait d’un personnage quelconque, un cas isolé pour ainsi dire, aussi je suis assez surpris de le voir apparaitre dans un lieu différent et si éloigné. En faisant quelques recherches j’apprends qu’il s’agit d’un personnage crée par Tomoyuki Washio (鷲尾友公), artiste contemporain et graphiste japonais né en 1977 dans la préfecture d’Aichi, où il vit et travaille toujours. Son univers mêle culture populaire, musique, street culture et imaginaire personnel. Ses œuvres représentent souvent des personnages aux grands yeux, des figures féminines monumentales ou encore son personnage emblématique TEKUN (手君), une main dotée d’un visage, devenue sa signature artistique. Bien que son nom reste relativement discret à l’international, Tomoyuki Washio semble être une figure incontournable de la scène culturelle de Nagoya et d’Aichi. Son travail dépasse largement le cadre des musées, on retrouve ses illustrations sur des affiches de concerts, dans des cafés, des boutiques, des salons de coiffure, ainsi que sur les murs de la ville. Il faudra à l’avenir chercher quelques informations supplémentaires sur ses oeuvres et m’amuser à retrouver celles-ci un peu partout dans Nagoya lors de mes promenades. L’oeuvre de la photo a été installée l’année dernière pendant l’Aichi Triennale (あいちトリエンナーレ), l’un des plus grands festivals internationaux d’art contemporain du Japon organisé tous les trois ans depuis 2010. Je me souviens avoir beaucoup apprécié l’affiche de cette édition 2025 que l’on devait au mangaka Daisuke Igarashi (五十嵐大介), mais cela n’avait pas malheureusement pas suffit à me persuader de faire le déplacement, ce que je regrette aujourd’hui. Dire que je me plains qu’il ne se passe jamais rien dans le coin, et quand un évènement a lieu, je ne m’y participe pas. C’est mal parti pour ‘sauver cette ville’ !

Aichi/Aichi

Kôyô 2022 – Jôkôji, Seto-shi, Aichi

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Joukouji Station 定光寺駅
Joukouji Station 定光寺駅
Joukouji Station 定光寺駅
Joukouji Parc Arbre Ginkgo 定光寺公園
Joukouji Parc 定光寺公園

La chasse au kôyô cette année débute vraiment à Jôkôji (定光寺), une localité située dans la ville de Seto, au nord est de Nagoya. C’est le temple Jôkôji, fondé en 1336, qui donne son nom à l’endroit. Ses alentours sont réputés dans la région pour ses belles couleurs en automne. Nous ne sommes qu’à trente minutes en train du centre de Nagoya mais le dépaysement est total. En descendant du train il n’y a ni employé de gare ni guichet, un simple écriteau demande aux passagers de tapoter la borne de leur carte à puce prépayée. Ces maisons à flanc de rivière me rappellent celles que l’on peut voir à Gujo-Hachiman, dans la préfecture de Gifu. Même si elles ne font qu’un étage et sont beaucoup moins imposantes, je suis toutefois étonné d’en voir ici aussi.

Par curiosité je fais un détour au Jôkôji Kôen, un vaste parc situé à quelques centaines de mètres du temple Jôkôji. Comme je m’y attendais il est encore bien trop tôt pour contempler les feuilles rouges, mais c’est avec un certain ravissement que je contemple les superbes feuilles jaunes des arbres ginkgo ou encore les dégradés dans le feuillage de certaines variétés d’arbres. Pour être franc, le temple, que je visite ensuite, n’a en lui même rien d’exceptionnel et je regrette presque de ne pas être resté au parc pour profiter des doux rayons de soleil, assis sur un banc. Je découvre cependant derrière le temple un étroit chemin qui monte vers l’endroit où se trouve le tombeau de Tokugawa Yoshinao, neuvième fils de Ieyasu Tokugawa, nommé en 1610 daimyô (seigneur local) du domaine d’Owari (actuel Nagoya), et fondateur de la maison Owari-Tokugawa. Tout au fond de la cour, le tombeau, surélevé, est gardé d’une lourde porte en fer. L’imposant bâtiment en bois situé au centre de l’enceinte semble être un lieu d’offrande d’encens qui ne doit sans doute être accessible qu’en certaines occasions. Le silence complet donne au lieu une solennité presque dérangeante, comme si j’avais l’impression d’être observé de là-haut.

Sur le chemin du retour j’aperçois aux abords de la gare un poster montrant des photos prises dans le Aigi Tunnel Group (愛岐トンネル群). Fin novembre la série de tunnels autrefois empruntés par les locomotives de la ligne Aigi (Aichi-Gifu), aujourd’hui abandonnée, est apparemment ouverte au public. Le sol y est recouvert de feuilles rouge vif et les arbres superbement colorés. J’ignorais complément l’existence de cet endroit. Un nouveau lieu m’en fait découvrir d’autres, plus les années passent et plus je me rends compte que rien que dans la préfecture d’Aichi, il y a un nombre infini d’endroits à explorer.

balades au Japon/Aichi

‘Long way home’ – Iwayado, Seto-shi, Aichi

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岩屋山薬師堂 岩谷堂 Iwayado
Iwayado
Nagoya
Iwayado cascade

Je reprends ma ‘quête’, à savoir parcourir l’intégralité du parcours du Tokai Nature Trail (東海自然歩道), là où je l’avais laissée il y a deux ans. Après avoir fait plusieurs fois l’ascension du Mont Sanage par le versant sud (ville de Toyota ), je m’attaque cette fois au versant nord, situé dans la ville de Seto. J’envisage à l’avenir de faire une fois le trajet d’une traite, ce qui semble prendre autour de six heures, mais on perd un temps fou à accéder au parcours, notamment à l’entrée du côté sud que ne dessert qu’un bus qui ne passe que toutes les deux heures. Je suppose que c’est chose commune pour ceux qui ont l’habitude de faire des randonnées, mais la chose devient un casse-tête quand le matin il faut tirer les enfants du lit pour qu’ils aillent à l’école et être de retour à leur sortie.

La ville de Seto (瀬戸市), principalement connue dans la région pour ses poteries, se trouve au nord-est de Nagoya. Il me faut soit faire un long détour en faisant le tour de la métropole, ou alors la traverser en son milieu. Je choisis la deuxième option, écoutant l’apaisant (soporifique, dit ma femme) album ‘Riceboy Sleeps‘ de Jonsi & Alex afin de ne pas devenir fou tant tout le monde dort au volant. Alors que j’arrive déjà plus tard que prévu au parking du Parc Iwayado (岩屋堂公園), point de départ de mon aventure, un écriteau m’apprend qu’une déviation rallonge considérablement le trajet. J’aime me balader en prenant mon temps et décide donc de remettre mon ascension à une fois prochaine et d’en profiter pour me balader dans le parc et ses alentours.

Je tombe rapidement sur le hokora (sanctuaire shintô miniature), qui donne son nom au parc. Celui-ci a la particularité de se trouver dans le noir complet à l’abri sous un énorme rocher. Une centaine de mètres en amont se trouve une première cascade (Gyomyo-ga-taki, 暁明ヶ滝) au pied de laquelle je m’assois quelques minutes. Ainsi revigoré je me lance dans l’ascension d’Iwasuyama (岩巣山), basse montagne culminant à 482 mètres. Ce n’est pas bien haut mais le chemin est fortement incliné et je suis rapidement en sueur. Il faut une vingtaine de minutes jusqu’au promontoire qui offre un superbe panorama sur Nagoya. L’angle est un peu différent de celui auquel j’ai l’habitude, on peut notamment apercevoir devant les gratte-ciel de la gare le toit blanc du Nagoya Dome.

Je descend doucement l’autre versant de la montagne et entends un bruit d’eau qui s’écoule se faire de plus en plus fort. Ainsi guidé j’atteins bientôt la cascade appelée Seto-Otaki (瀬戸大滝), littéralement ‘la grande cascade de Seto’. Elle ne fait que 17 mètres de haut mais le fait qu’elle soit ‘cachée’ au coeur de la forêt me donne l’impression d’avoir découvert un endroit secret, impression renforcée sans doute par le fait que je n’aie croisé personne depuis le début de mon ascension. L’eau est déjà fraîche et pris au dépourvu je n’ai pas d’habits de rechange, ce qui me sert d’excuse pour ne pas m’adonner à une séance de Takigyô, ‘l’ascèse sous la cascade’, pratique d’origine religieuse qui consiste à rester quelques minutes sous les jets d’une chute d’eau. Rien nulle part ne mentionne que cela soit interdit, et en cherchant un peu sur internet à mon retour je tombe rapidement sur des photos d’individus en plein ‘rite’. Ma liste de choses à faire se rallonge encore …