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Nagano/Nagano

Hanami 2026 – Iida, Ina, Chino, Nagano pref.

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Echigoya Ina 越後屋
cerisiers en fleurs Ina hanami
nouilles soba
Lac Suwa
cerisiers en fleurs chino-shi
cerisiers en fleurs chino-shi
shirakaba tateshina

Notre virée en famille dans la préfecture de Nagano s’est décidée le matin-même. Nous itinéraire consistait à faire un tour à Komagane (駒ヶ根) en faisant un crochet par le magasin de confiseries japonaises Echigoya (越後屋) afin d’y acheter la spécialité appelée ‘Ina no Mayu‘ (伊那のまゆ) une gaufrette japonaise monaka garnie de crème fouettée et enrobée de chocolat. Malheureusement, quand nous y arrivons peu avant dix heure et demie la vendeuse s’apprête à fermer le rideau de fer et nous explique que le stock est épuisé pour aujourd’hui. Nous remontons en voiture, je plaisante en disant qu’il me plairait de travailler dans un magasin où les horaires de travail sont de 9:00 à 10:30, ou bien que la prochaine fois nous prendrons un hôtel en face du magasin afin d’être certain d’être parmi les premiers dans la file d’attente.

Nous nous apprêtons à partir en direction de Komagane lorsqu’à un croisement j’aperçois un panneau mentionnant la ville de Takato (高遠), à trente minutes de route. Je me souviens avoir vu dans ma collection de brochures de Nagano de sublimes photos du château de Takato, baigné dans une mer de cerisiers en fleurs, l’étage le plus élève du château pointant au dessus des arbres. Cependant, c’est les vacances de printemps, comme il fallait s’y attendre l’endroit est pris d’assaut par les touristes. Comme marcher ne m’effraie pas, si j’avais été seul je me serai garé dans un coin un peu éloigné, mais ma proposition est loin de faire l’unanimité. Nous passons en contre-bas du château en voiture, les cerisiers en fleurs sont en effet magnifiques et je me fais la réflexion qu’il me faudrait faire un montage vidéo des plus beaux paysages pris par notre (nouvelle) caméra de tableau de bord.

Nous nous faufilons à travers la montagne le long de la route 152. Je ne me souviens pas avoir emprunté cette route de par le passé et me demande bien ou elle mène. Les routes de montagnes réservent toujours des surprises, bonnes ou mauvaises. Si elles permettent souvent de relier des points que l’on croyait extrêmement éloignés, il n’est pas rare que les enfants soient malades quand les lacets sont trop nombreux. Au bout d’une demi-heure de route sans grosses difficultés, nous atteignons Tsuetsuki-tōge (杖突峠) aire de repos située à une altitude de 1,247 mètres. Nous nous y arrêtons pour déguster l’un des meilleurs plats de nouilles soba qu’il m’ait été donné de manger jusqu’à présent. Peut-être la superbe vue sur la ville de Chino et le Lac Suwa (dont nous avions fait le tour à vélo en 2022) en contre-bas, les plaines du Mont Tateshina au loin n’a-t-elle que sublimé davantage encore ce met délicieux. Nous nous attardons quelques instants au petit café avec terrasse à l’étage, puis redescendons vers la ville de Chino, où nous passons à proximité d’un cours d’eau bordé sur un centaine de mètres de cerisiers en fleurs. Alors que je m’apprête à immortaliser l’instant en photo, je me rends compte que j’ai oublié la batterie dans son chargeur à la maison, d’où les photos de ce billet toutes prises vite-fait avec mon smartphone. J’ai été surpris de constater que l’incident ne m’a que peu affecté. Ne pas avoir à trop me soucier des photos et profiter d’être en famille a rendu la balade plutôt agréable.

L’après-midi est déjà bien entamé mais puisque nous sommes dans le coin nous ne pouvons pas ne pas prendre la Venus Line qui nous amène au Lac Shirakaba (白樺湖) puis déguster une onctueuse glace à la ferme Nagato Farm, en contemplant les restes de neige dans les montagnes alentours.

balades au Japon/Nagano

‘Pure morning’ – Shirakabako (Chino-Chi, Nagano pref.)

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Lac Shirakaba sous la neige
Lac Shirakaba sous la neige

Nous sommes fin mars mais lorsque nous arrivons aux abords du Lac Shirakaba, à 1,400 mètres d’altitude, le paysage est encore recouvert de neige et la température est descendue autour de zéro. Nous ne ferons malheureusement pas de ski cette année, notre sortie s’étant décidée au dernier moment sans que n’ayons trop le temps de nous préparer. Les enfants grandissent si vite, leurs combinaisons de ski sont probablement devenues trop petites.

Levés de bon matin nous nous baladons autour du lac. La douceur des rayons de soleil est agréable au point que nous ne ressentons même plus le froid. Le lac est entièrement gelé et je me fais la réflexion qu’il serait très tentant de marcher dessus, les enfants s’y risquent presque quand je leur dit d’essayer pour voir. Comme souvent lors de nos sorties, emporté par l’euphorie d’être ensemble en pleine nature je raconte n’importe quoi. Les bateaux à pédales en forme d’oie blanche immobilisés par la glace attendant le printemps et leurs premiers clients pour enfin pouvoir se dégourdir les pattes. La neige et les bouleaux blancs Shirakanba qui donnent leur nom au lac donnent un sentiment de pureté au lieu, sentiment renforcé par la présence du petit sanctuaire Ikenodaira et de son torii. Ce lieu sacré à bien des égards ne semble avoir été souillé avant nous que par un homme bien matinal qui s’adonne à la pêche. Le petit étang n’est pas pris par la glace, je m’amuse un long moment à y prendre en photo le reflet des arbres.

balades au Japon

Nagano-Aichi-Mie (silence presque parfait)

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Là où la fois dernière nous contemplions le Lac Shirakaba (Chino,Nagano) en contre-bas, nous levons maintenant les yeux au ciel. La pleine lune brille trop pour que l’on puisse observer les autres astres alentours. Les enfants se disputent leur téléscope. ‘Avec toutes ces bosses, on dirait un citron’, dit Louis. L’Usuda Deep Space Center est ouvert au public depuis la veille. Alors que la parabole était totalement à l’horizontale à l’automne, elle est cette fois inclinée à 45 degrés sur le côté. Je me demande ce qu’elle peut bien entendre tout là-bas alors qu’ici le silence règne. Il y juste ce bruyant corbeau dont le croassement résonne au creux de la parabole qu’il domine. L’endroit semble lui plaire, il y a même construit son nid. Le calme plat qui règne a Ina Green Farm (Ina,Nagano) n’est quant à lui rompu que par le bêlement des chèvres et agneaux qui s’y baladent librement. L’une d’elle monte sur une table, comme pour prendre la pose avec les montagnes en arrière-plan. 

Au Nagoya Institute of Technology (Aichi) des étudiants dévoilent leur nouveau modèle de Formule 1. En dehors du moteur, l’engin a été intégralement conçu par les membres du Formula Project. Après avoir assemblé leur machine devant nos yeux, des tests de conduite sont effectués sur le parking de l’université, dans un boucan d’enfer. A deux pas de là, au Tsurumai Koen, les fleurs de cerisiers du mois dernier ont disparu, on s’y adonne maintenant au cosplay. Je me retiens de rire, je préfère encore photographier mes chèvres. A Yokkaichi (Mie), on peut faire 9km à vélo autour du lac de barrage d’Isaka. L’endroit semble être utilisé comme lieu d’entraînement du club de canoë-kayak universitaire local. On entend au loin les coups de sifflet de l’entraîneur et les cris d’encouragements des athlètes entre-eux.

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Il est six heures, Shirakaba-ko s’éveille ( Chino-shi, Nagano pref. )

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Shirakabako 白樺湖
 
Shirakabako 白樺湖
Shirakabako 白樺湖
Shirakabako 白樺湖
 

Je me promène avec Léo autour du lac Shirakaba au lever du jour. Il n’y a pas un bruit, les gros nuages noirs dédoublés reflétés dans les eaux du lac n’en sont que plus menaçants. Tandis que je m’attarde sur la jetée pour prendre quelques photos Léo prend peur. Il y a au bord du lac, juste derrière nous, un vieil hôtel en ruine désaffecté qui rend l’endroit un peu lugubre. Je n’aurai pas dû le narguer en disant y avoir cru voir quelque chose bouger un peu plus tôt.

J’espère que nous aurons l’occasion de revenir ici dans deux mois, quand ce même lac sera recouvert de glace et les alentours sous la neige. Et quand nous reviendrons l’année prochaine fin novembre, le paysage sera à nouveau identique à celui d’aujourd’hui, seuls les enfants auront encore grandi un peu. Léo aura peut-être moins peur, Louis sera peut-être en mesure de se lever assez tôt pour se joindre à nous. Pour l’embêter, je lui dirai avoir vu, dans l’hôtel un peu plus en ruine, quelque chose bouger.

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Shirakabako > Kurumayama (Chino-shi, Nagano pref.)

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Après le ski en hiver et les randonnées à vélo en été, c’est cette fois-ci en automne, afin de prendre une grande bouffée d’air frais que nous revenons à Shirakabako (白樺湖) en famille. Si le paysage est superbe quelle que soit la saison, la diversité des couleurs en automne me semble plus intéressante que le vert omniprésent et presque oppressant du printemps. Nous nous faufilons à travers la montagne et à chaque descente de voiture le paysage nous offre un autre visage. Bientôt, le Mont Fuji, déjà enneigé, apparait au loin. Il semble flotter dans les airs, au dessus des nuages. Alors qu’ils couraient dans tous les sens il y de cela juste un instant, les enfants sont tout d’un coup bien calmes et rêveurs. A 1,800 mètres d’altitude il ne fait plus que trois maigres degrés. Nous reviendrons rêvasser au printemps, quand le temps s’y prêtera davantage.

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Shirakabako > Kurumayama > Kirigamine > Shirakabako (Chino-shi, Nagano pref.)

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Shirakabako

Shirakabako Royal Hill

Vue sur Shirakabako a partir de Kurumayama

Un planeur en haut de Kurumayama

Kirigamine

Kirigamine

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Shirakaba-ko ( Lac Shirakaba ), nous y sommes venus plusieurs fois en hiver. C’est ici que Louis a chaussé ses premiers skis, et la première fois en dix ans que j’ai eu la trouille en voiture quand en pleine montée la voiture devant nous s’est mise à patiner sur une plaque de verglas et  doucement reculer pour s’immobiliser à un petit mètre de nous. Pas de quoi donner envie d’aller ’toujours plus loin, toujours plus haut’ !

J’étais donc plus que ravi d’enfin pouvoir nous balader dans la montagne en voiture sans risquer nos vies. J’emprunte la ’Venus Line’ qui part du lac pour se faufiler entre la plaine de Kurumayama puis celle Kirigamine, entre 1,600 et 1,800 mètres. La route est parsemée de ’view points’, chaque arrêt dure bien plus longtemps que prévu tant la vue sur les plaines et les montagnes au loin est saisissante. Alors que l’UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc) à justement lieu dans quelques jours, je m’imagine à quel point il doit être agréable de courir, ou non, de voler plutôt, au milieu de ce décor de rêve.

Retour au lac. Il fait 23-25 degrés, j’en profite pour faire courir deux fois les 3.8km du tour du lac tandis que Léo me suit sur son Mountain Bike loué à l’hôtel. Rapide saut au bain public, buffet -et bière à volonté. Je dors instantanément, me réveille à 5h30. Je me balade aux abords du lac appareil à la main (les deux dernières photos) en rêvassant. De bon matin, pêcheurs, peintres, joggeurs, randonneurs et photographes sont disséminés autour du lac, et ils me semblent avoir tous quelque chose en commun : Ils sont en paix avec eux-même. Et à cet instant, le fait que je fasse pour ainsi dire ’partie du décor’ me rend fou de joie.

Oubliez le Japon et ses temples, allez plutôt à la montagne, c’est tout aussi spirituel !