
Balade en partant de la gare de Kami Otai située au nord de Nagoya. Alors que je marche le long d’un parc j’aperçois au loin entre le feuillage des arbres le vénérable Mont Fuji. Il ne s’agit évidemment pas de la véritable montagne sacrée mais d’un de ces toboggans empruntant sa forme dont je parlais déjà dans un autre billet. Je m’en approche, comme attiré par celui-ci, et j’en fais le tour en souriant bêtement puisque cela revient à dire que je viens de parcourir l’UTMF (Ultra Trail du Mont Fuji, parcours qui consiste à effectuer 100 miles autour du Mont Fuji en un temps limite de 45 heures) en quelques secondes. Déjà sans doute trop épuisé par cet accomplissement hors du commun et ivre de joie, il ne me vient pas à l’idée ensuite de grimper au sommet et d’effectuer ainsi l’équivalant de La Course du Mont Fuji (富士登山競走, Fuji tozan kyōsō), la célèbre course reliant la ville de Fujiyoshida au sommet du Mont Fuji sur un parcours 21km et 3,000m de dénivelé positif. Je me demande si les enfants, quand ils jouent, grimpant par une face et glissant le long de l’autre, font véritablement le rapprochement. Sans doute pas, tant occupés qu’ils sont à rire et pleurer. Non pas que cela ait la moindre importance. Au lieu de simplement répertorier une nouvelle fois les 120 et quelques toboggans Fuji-san comme l’a fait Yoshiyuki Ushida dans son ouvrage, je me dis que tant qu’à faire il serait amusant de me prendre en photo au sommet de chacun d’eux, et, encore plus drôle, d’immortaliser la scène en parfait accoutrement d’alpiniste. Un peu de pluie ou de neige serait même la bienvenue, ajoutant un peu de réalisme !
Je poursuis ma route et tombe cinq minutes plus tard sur un monticule identique situé dans un petit square au milieu d’un quartier résidentiel (quatrième photo). Toutes cela me rappelle que je pensais tenter l’ascension du Mont Fuji, le vrai culminant à 3,776m, cet été, mais que le calendrier professionnel et familial est malheureusement trop chargé pour que cela soit possible dans de bonnes conditions. En parcourant mes archives je me rends également compte que le récit de ma première ascension en juillet 2024 s’arrête à mi-chemin. Un nombre relativement important de recherches de lecteurs aboutissant sur ce billet, à défaut de gravir le Mont Fuji in situ je tâcherai cet été de le faire une nouvelle fois dans mes souvenirs et tenterai de terminer le billet afin de ne pas mener mes visiteurs dans un cul-de-sac/ravin.