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vie quotidienne/Nagoya

‘Apocalypse please’

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Presque des vacances. Les jours passent sans que je ne me soucie outre mesure du fait de ne pas avoir publié depuis un petit moment. Ne pas avoir à penser au prochain article, ne plus se sentir obligé de sortir pour aller prendre des photos, se déconnecter, se laisser aller, ne rien faire ou presque … Cette sensation est des plus agréable mais a également quelque chose d’angoissant car on s’y habitue très rapidement. ‘Alors pourquoi continuer ?’ Je me suis ainsi surpris à penser à tout arrêter. Ni ras-le-bol ni coup de tête n’est à l’origine du doute, je me suis tous simplement retrouvé à me demander pourquoi tant d’efforts tout au long de l’année alors qu’en fin de compte il est si facile de ‘faire sans’. Nous avons des températures avoisinant les 39 degrés depuis une grosse semaine. La canicule me rend amorphe, je n’ai plus envie de rien, ne parviens pas à apprécier la musique que j’écoute ou à me concentrer pour écrire. Le mois de juillet se sera écoulé dans l’oisiveté totale en regardant la Coupe du monde de football d’une part, et de l’autre en faisant les mille pas, au frais, dans les shopping malls alentours, puisque le jeu Pokemon Go fête les 10 ans depuis sa sortie et que pour l’occasion ont eu lieu de nombreux événements dits incontournables. Et puis heureusement il y a la lecture pour s’évader sans bouger ni transpirer. J’ai entre autres lu ‘Oretachi no Hakone Ekiden‘ (俺たちの箱根駅伝), livre publié par l’écrivain Jun Ikeido (池井戸潤). Du même auteur j’avais lu il y a quelques temps l’excellent ‘Rikuo(陸王), qui prenait déjà place dans le milieu de la course à pieds de haut niveau. Cette fois-ci le roman plonge le lecteur dans l’univers du Hakone Ekiden, la prestigieuse course de relais disputée chaque début d’année entre Tokyo et Hakone. Véritable institution au Japon, cette compétition universitaire rassemble des millions de téléspectateurs et occupe une place unique dans le paysage sportif japonais. À travers plusieurs personnages aux parcours différents, Jun Ikeido décrit les sacrifices exigés par le sport de haut niveau, l’importance du travail collectif et les liens de confiance qui se créent entre des individus poursuivant un objectif commun. Le récit alterne entre la préparation de la course, les défis techniques liés à son organisation et les émotions qui accompagnent chacun des relais. Comme souvent dans les romans de l’auteur, l’accent est mis sur la persévérance, la solidarité et le dépassement de soi. Ce dernier point me semble être à la fois la force et le principal défaut des romans d’Ikeido : Les efforts sont toujours récompensés et tout est bien qui finit bien. Si je pense que c’est l’une des raisons pour laquelle une grande partie de ses romans sont adaptés en dramas ou en films, cela enlève un peu la saveur d’imaginer la suite de l’histoire et l’on reste un peu sur sa faim. Il n’empêche que c’est sans doute en partie grâce à ce roman que je suis parvenu à trouver la motivation nécessaire pour aller courir malgré les conditions climatiques difficiles. Je me suis récemment inscrit au semi-marathon de Tokai en décembre et au marathon de Nishio en janvier, que j’ai déjà couru en début d’année. Ce sera mon sixième marathon et la première fois que je parcourrai un tracé qui me sera connu. Je n’aime pas particulièrement courir alors qu’il fait plus de 30 degrés même à dix heures du soir mais mon entrainement l’année dernière, lors duquel je m’étais forcé à faire des sorties longues malgré la chaleur en prenant soin de courir lentement m’ont permis d’apprécier l’extase ressentie lorsque plus tard dans l’année il fait enfin plus frais et que l’on peut accélérer le rythme sans risquer de s’évanouir. Le premier week-end suivant le début des vacances scolaires nous nous sommes rendus en famille à Wakasa, dans la préfecture de Fukui, comme nous le faisons presque chaque année depuis plus de dix ans. Deux agréables journées en bord de mer pendant lesquelles je n’ai pas pris la moindre photo à part le traditionnel portrait des enfants prenant la pose devant le onsen Kirara no Yu, où nous avons pour habitude de faire une halte avant de reprendre la route du retour. Il a toujours presque été impossible d’avoir une photo correcte puisqu’il faut toujours qu’il y en ait un des deux qui fasse exprès la grimace ou qui soit fatigué, de mauvaise humeur ou ébloui par le soleil, et cette année ne dérogera pas à la règle. Je me dis qu’il pourrait être amusant de faire un album avec ce genre de photos ‘ratées’ – et j’en ai un paquet. Les photos de cette série n’ont de rapport avec le contenu du billet que le fait qu’elles aient été prises au début du mois de juillet … de l’année dernière. Je ne me souviens pas de la température qu’il faisait ce jour-là mais il était possible de marcher autour de la gare de Nagoya sans risquer de s’évanouir au bout de dix minutes.