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musiques/Aichi/daydreamin'

Failing into fail

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voiture jaune devant maison faite de tuiles
vélo derrière une vitre
maison en bois a Gamagori
fleurs en plastique Gamagori
magasin aux volets fermés Gamagori
garage a char dashi

Fuir la ville et me perdre dans les petites rues de villages inconnus. Ces deniers temps mon oeil est attiré par des détails : Des couleurs, des ombres, des thèmes récurrents, ces petites choses du quotidien que l’on ne trouve qu’ici mais que l’on ne remarquera qu’une fois retombée l’extase et l’excitation que suscitent temples, châteaux et autres néons lumineux des métropoles japonaises. Le quotidien n’est pas synonyme d’ennui, d’ailleurs, quand on ouvre l’oeil les journées ne se ressemblent jamais vraiment. Les saisons passent, la lumière varie. Les plantes poussent, les objets rouillent, se désagrègent, changent de place ou sont remplacés.

J’écris ces quelques lignes en écoutant le très beau et reposant album d’ambient-pop/electro intitulé Falling into Fall des compères danois Frederik Valentin & Emil F, deux artistes que je ne connaissais pas encore il y a de cela trente minutes. Je suis tombé sur cette petite pépite en fouinant dans le torrent de nouveautés hebdomadaires que propose Apple Music, liste que je passe au peigne fin quand mon appétit est particulièrement vorace, que j’engloutis singles, EPs et albums tout genres confondus sans mâcher ni mastiquer. Si je n’écoute que deux ou trois morceaux quand la recette est particulièrement fade ou trop salée, de temps en temps de nouvelles saveurs jusqu’alors inconnues viennent me titiller les babines et j’en redemande encore et encore, et n’en laisse pas une miette.

Aichi/Aichi

Mata kōyō ’25 – Inuyama, Aichi

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inuyama en automne
Inuyama Castle
Inuyama

Ma première ‘chasse au kōyō‘ (appellation japonaise du changement de couleur des feuilles en automne) de l’année se fait du côté d’Inuyama et de son château. Le mois d’octobre touche à sa fin et comme je m’y attendais un peu il est déjà trop tard, la majorité des feuilles colorées sont déjà tombées, il en est presque plus intéressant de photographier le sol que les arbres. Peu inspiré, je décide de renoncer cette fois à monter au dernier étage de la forteresse, et rêvasse quelques instants, assis sur un banc à son pied. Pour la saison il y a bien moins de touristes étrangers que je ne l’aurai imaginé. Sans doute le résultat des récentes tensions entre le Japon et la Chine, qui invite ses ressortissants à reporter leur voyage sur l’archipel. Gagné par la faim je marche dans la longue rue marchande derrière le château à la recherche d’un restaurant. Le site internet parle de l’endroit comme d’un voyage dans le temps à l’époque Edo mais au final on n’y trouve que les même magasins de souvenirs et stands de nourriture qu’un peu partout …

musiques/Aichi

Dark Black Sea Glide – Gamagori, Aichi

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Gamagori Takeshima Island
Gamagori Takeshima Island Torii pigeons
Gamagori Takeshima Island torii
Gamagori Takeshima Island
Gamagori Takeshima Island
Gamagori Takeshima Island
Gamagori Takeshima Island
Gamagori Takeshima Island
Gamagori Takeshima Island Classic Hotel

De nombreux détours et autant de photos prises plus tard, j’arrive finalement à l’objectif de ma balade qu’est l’île de Takeshima. L’île de Takeshima est une petite île inhabitée, située dans la baie de Mikawa, reliée au continent par un pont piétonnier de 387 mètres. Elle abrite le pittoresque sanctuaire Yaotomi, seul bâtiment présent sur l’île, qui est l’un des sept sanctuaires du Japon dédié à la déesse bouddhiste Benten, la déesse de la musique et des artistes. L’île est désignée comme monument naturel national depuis 1930. On en fait le tour en quinze ou trente minutes selon que l’on veuille profiter ou non de l’endroit.

Je ne m’attarde pas au sanctuaire censé favoriser ‘l’harmonie conjugale‘. La dernière fois que nous étions venus ensemble ici, l’île avait été le théâtre d’une mémorable dispute – sujet dont nous rions désormais. Mon sanctuaire à moi se trouve un peu plus loin, tout au bout de l’île, à l’opposé du pont. Contempler la mer – ici, la baie de Mikawa – m’apporte cette paix intérieure que d’autres trouvent dans la prière, même si la vue est moins vaste que celle que l’on peut admirer depuis Shizuoka ou Fukui. De fil en aiguille j’en viens à me remémorer les superbes photos en noir et blanc de l’Ocean Pacifique de fgautron prises à Kanagawa, et de là le long morceau de 23 minutes Dark Sea de Chihei Hatakeyama (畠山地平), qui colle si parfaitement aux images. Ce morceau me fascine, on a l’impression qu’il n’est constitué que d’une seule note étirée à l’infini. Peut-être est-ce justement ce parallélisme qui épouse si bien le thème de la mer, immense et sans fin ? Je suis ramené à la réalité par les cris et les rires d’une cinquantaine d’écoliers en excursion scolaire. Ils sont tout excités, pour eux, l’île est sans doute un terrain de jeux et synonyme d’aventure et de mystère. Je remarque encore une fois qu’avec l’âge, on s’assagit.

La rédaction de cet article m’amène à réécouter Dark Sea bien entendu, mais aussi le somptueux titre Glide sur l’album ‘Black Sea’ par le guitariste et compositeur autrichien spécialisé dans la musique électronique, Fennesz. Je crois que c’est son titre que je préfère, il est doté à la fois d’une beauté et d’une violence inouïe et me rappelle d’agréables souvenirs de moi et mon collègue M.Itō faisant hurler Glide en voiture au retour du concert de Fennesz à Nagoya en 2009, presque en pleurs tout les deux. Ce gars était doté d’une culture musicale rare et d’une soif de découvertes insatiable, c’était avec grand plaisir que nous nous échangions nos découvertes et nos opinions. Son changement de poste quelques années plus tard a été pour moi un épouvantable choc. Hormis quelques personnes restées au pays et l’un ou l’autre camarade de fac, je n’ai à part fgautron cité ci-dessus pas encore réussi à trouver au Japon d’autres personnes à qui la musique tient autant à coeur qu’à moi … Il y a tout juste un an, France Musique lui consacrait un documentaire (à Fennesz hein, pas à M.Itō !) que je vais m’empresser d’écouter.

Aichi/Aichi

Gamagōri Blues – Gamagōri, Aichi

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Gamagori Aichi Japon
Gamagori Aichi Japon
Gamagori Aichi Japon
Gamagori Aichi Japon
Gamagori Aichi Japon
Gamagori Aichi Japon

Je rebrousse chemin et flâne au hasard dans les rues de Gamagōri, en direction de la gare. Le calme des lieux a quelque chose d’agréable et de reposant. Les doux rayons du soleil, encore bas, est des plus agréable. Il est sans doute encore trop tôt : la plupart des petits commerces qui bordent l’artère principale gardent leurs rideaux de fer obstinément fermés. Etant dépourvus d’enseignes ou d’indications concernant les heures d’ouvertures, j’ai plutôt l’impression que la majorité des commerces sont abandonnés ou que les locaux sont vides. Je ne croise presque personne. Pourtant, çà et là, devant les volets décolorés, quelques signes de vie subsistent : des boîtes en fer-blanc faisant office de cendriers, des caisses de bière retournées recouvertes d’un petit coussin transformées en sièges improvisés. Autant de détails discrets qui laissent penser que, malgré les apparences de ville endormie, la vie continue pour ceux qui y habitent. J’imagine ses habitants, d’un certain âge sans doute, se réunir dans ces lieux une fois leurs tâches respectives terminées, un peu comme quand gamin nous nous ruions vers la cour de l’école après avoir bâclé nos devoirs, et qu’il s’y trouvait toujours quelqu’un avec qui discuter ou jouer.

architecture/Aichi

Gamagōri City Sports Center – Gamagōri, Aichi pref.

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J’ai été pris la veille par une soudaine envie de voir la mer, ce qui m’amène en direction de Gamagōri (蒲郡市), petite ville tranquille réputée pour ses mandarines et pour avoir accueillie une étape de la Coupe du Monde de Voile en octobre 2017. Pour pouvoir profiter le plus possible de cette belle journée ensoleillée je quitte la maison vers peu après sept heures, me retrouve ainsi mêlé vingt minutes durant dans le train à la cohue des travailleurs pendulaires. Cela va faire 19 ans que je travaille au Japon et mes trajets se faisant toujours dans le sens inverse aux leurs, c’est une chose dont je ne fais l’expérience que rarement, mais je me dis toujours que je serai incapable de m’y habituer. (I’m a reasonable man, get off my case, get off my case). Le trajet de Nagoya à Gamagōri dans un wagon pratiquement vide n’en est que plus agréable. J’écoute Deadbeat, le dernier album en date de Tame Impala, en contemplant le paysage qui défile. Les morceaux sont tous bons, l’album est fluide et s’écoute d’un traite mais je le trouve trop lisse et sans accrocs, sans surprise ni saveur particulière. Innerspeaker (2010) s’ouvrait sur le psychédélique It is not meant to be’ qui m’a plongé avec nostalgie dans une époque que je n’ai jamais connu, Currents (2015) démarrait avec ‘Let it Happen, huit minutes d’euphorie mélangeant psyché rock et textures électroniques. Si l’on y réfléchit, dix ans et trois albums plus tard il semble normal que le son soit cette fois carrément contemporain avec ses accents dance-music puisque c’est un style musical auquel Kevin Parker n’avait jusqu’à présent vaguement touché que du bout des doigts – Heureusement cependant que le hit planétaire ‘Surrender’ ne se trouve pas sur l’album, sans quoi l’overdose était assurée.

Je n’ai qu’une vague idée de mon itinéraire une fois arrivé à destination, dans un premier temps je pense cette fois tranquillement faire le tour de l’île Takeshima (竹島), qui avait fait sujet à problèmes lors de notre dernière venue en famille. Une rapide recherche à propos des curiosités architecturales locales fait ressortir un étonnant bâtiment, le Gamagōri City Sports Center (蒲郡市民体育センター), gymnase situé à 15 minutes de la gare de Gamagōri.

Le bâtiment a été terminé en février 1968. Il est l’oeuvre de l’architecte Tokio Tsuruta (鶴田日夫), pour le compte du bureau d’architectes Ishimoto Architects (石本建築事務所). En en approchant je suis immédiatement fasciné par ses sept colonnes de béton inclinées de chaque côté et son toit qui paraît flotter au-dessus de l’espace principal, comme tenu, non, étiré par sept paires de bras. Le bâtiment me fait également penser à quelque insecte à 14 pattes. Si le gymnase, d’un blanc impeccable, semble extrêmement bien entretenu, c’est qu’il vient d’être rénové en 2021 après un an de travaux de renforcement sismique, d’installation d’une nouvelle climatisation et de rénovation du sol sportif et de l’éclairage. Il semblerait qu’il ait été question à un moment de le reconstruire complètement, mais le fait qu’il ait été inscrit au registre DOCOMOMO Japan (registre qui vise à identifier, documenter et préserver les bâtiments et ensembles urbains emblématiques du mouvement moderne) en 2019 aurait grandement joué en la faveur d’un effort visant à le préserver tel-quel.

14 pattes. Curieux quand même … Je le découvre en écrivant ses lignes mais il se trouve que l’isopode géant des abysses (ダイオウグソクムシ en japonais), crustacé mesurant jusqu’à 30 cm de long et pesant environ 1 kg vivant dans des profondeurs allant de 200 à 1,000 mètres, a justement 14 pattes. Or, il se trouve que ce ‘monstre’ est l’une des principales attractions de l’Aquarium de Takeshima (竹島水族館), connu pour sa grande variété d’espèces de poissons d’eau de mer, en particulier ceux des profondeurs, ainsi que pour ses expositions uniques et les panneaux d’explication humoristiques faits à la main par le personnel. Il apparait d’ailleurs en gros plan en page d’accueil du site officiel de l’aquarium. L’aquarium ayant ouvert ses portes en 1956, soit douze ans avant la construction du gymnase, il n’est pas improbable que Tokio Tsuruta ait pris l’isopode géant pour modèle après que celui-ci ait apparu dans les pires cauchemars du petit Tokio depuis sa première visite à l’aquarium encore gamin. J’ai cherché un peu sur la toile mais je n’ai trouvé ni détail sur l’architecte, ni allusion à un rapport entre le crustacé et le bâtiment qui puisse confirmer ma théorie. Il pourrait être amusant de poser la question à la mairie de Gamagōri ou au cabinet d’architecte, mais je ne suis pas sur qu’il aient le sens de l’humour. Encore une side quest de plus !

Aichi/Aichi

‘La vie est un long fleuve tranquille …’ – Handa, Aichi

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Aichiken Handa MIM Mizkan Museum
Aichiken Handa MIM Mizkan Museum
Aichiken Handa MIM Mizkan Museum
Aichiken Handa MIM Mizkan Museum
Aichiken Handa MIM Mizkan Museum
Handa distillerie

C’est la troisième fois en deux ou trois ans que je viens me balader dans la ville de Handa, petite ville de 116.000 habitants située au milieu de la péninsule de Handa, mais cette fois encore le ciel est gris. Je pars de la gare centrale puis remonte le long du canal artificiel jusqu’aux abords du MIM Mizkan Museum, musée dédié à la marque Mizkan, célèbre entreprise japonaise agroalimentaire spécialisée dans la production de sauce et de vinaigre dont le siège se trouve à Handa. Le canal, terminé en 1704, servait autrefois à transporter les marchandises, notamment le sake produit au sein des nombreuses distilleries alentours. Les entrepôts en bois noirâtre qui longent celui-ci ont en partie été fabriqués à partir de tonneaux usagés. Si j’imagine que certains murs ont été repeints depuis, j’aime beaucoup la manière dont le blanc du logo contraste avec le noir du bois. Les toitures aux formes simples, les tuiles grisâtres utilisant la même palette de couleurs que le berges du canal, les haies parfaitement taillées, quelques rares arbres qui apportent quelques touches de couleurs afin d’attirer l’attention. C’est visuellement parfait.

vie quotidienne/Aichi/Fukui/Mie/Tokyo

Envie d’ennui ?

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C’est la rentrée. Le mois d’août a été, cette année encore, on ne peut plus chargé. Les enfants grandissent, prennent de plus en plus de place. La maison déborde d’objets leur appartenant. On se marche dessus, on se bouscule. A force d’avoir à refréner l’envie croissante de péter les plombs d’avoir les enfants à la maison pendant les deux éternités que représentent ce pourtant si court mois de vacances, les jours de congés sont presque plus éreintants que ceux passés au travail. En parallèle leur univers s’expand de jour en jour. Nouvelles écoles, nouvelles activités, nouveaux ami(e)s, ils sont de moins en moins à la maison et jamais jusqu’ici n’avons nous trouvé autant de difficultés à accorder nos quatre emplois du temps pour organiser nos sorties ensemble.

Cet été aura été marqué par les débuts de l’aîné, sous une chaleur accablante, aux compétitions régionales d’athlétisme sur 800 et 1.500 mètres et un agréable week-end en bord de mer dans la région de Wakasa dans la prefecture de Fukui. Nous serons aussi retournés, après un copieux repas yakiniku (méthode japonaise de cuisson des viandes et des légumes sur une plaque chauffante) à la tour d’observation Umiterasu 14 située dans le port de Yokkaichi et traversé en train de long en large la prefecture d’Aichi afin d’accomplir le ‘Pokemon Mega Stamp Rally‘, genre de chasse au trésor qui consiste à visiter vingt gares situées sur le parcours de la compagnie de chemins de fer Meitetsu pour y trouver des tampons encreurs. Compléter le carnet permet de remporter des stickers auto-collants et un petit porte-clef médaillon doré Pikachu -revendu déjà sur des sites de marché en ligne pour 20 Euros. A noter que nous n’aurons pas été gâtes par la météo, il aura plu où que nous allions. Le mois se sera terminé sur un aller-retour express à la capitale pour le travail – la foule, le bruit … Shibuya fin août est la définition du chaos – et la semaine consacrée à la course de trail UTMB, course qui ne cesse de n’émerveiller.

Pendant tout l’été j’ai complètement laissé le blog de côté, je n’ai d’ailleurs même pas pris la peine de sortir mon appareil photo ni mes carnets pour amasser du matériau pour la rédaction d’un article. Même une fois le mois de septembre entamé, je suis assez surpris par la difficulté rencontrée pour me remettre à écrire, un peu comme un gosse qui n’a pas envie de retourner à l’école. Il faut dire que depuis trois semaines je suis en quelque sorte coupé du monde digital, mon smartphone étant devenu pratiquement inutilisable. J’ai réinitialisé mon appareil et j’en ai profité pour ne pas y réinstaller Instagram et autres applications chronophages. J’ai passé le temps ainsi devenu disponible à lire, dans le train, pendant la pause de midi ou dès que j’ai une dizaine de minutes devant moi. N’ayant ‘plus rien à faire’ les soirs de congés je me suis mis à me coucher de bonne heure, me levant tôt le matin pour aller courir avant que la canicule rende la chose impossible. Pour prendre ma dose il me suffirait bien sûr d’utiliser mon ordinateur mais celui-ci n’est pas toujours à portée de main et son emploi implique une certaine contrainte qui suffit à me faire abandonner cette idée.

Il y a quelques jours mon smartphone a rendu l’âme et je me suis trouvé contraint de l’envoyer en réparation. ‘Sans musique, la vie serait une erreur’ disait Nietzsche, et si je peux apparemment me passer des réseaux sociaux, des vidéos et de tout ce qui m’aura jusqu’ici semblé contre-productif, marcher cinquante minutes tard le soir au retour du travail sans musique, émission radio ou podcast pour m’occuper m’aura été un véritable calvaire au point qu’à mi-chemin j’ai failli me mettre à courir afin d’abréger mes souffrances. Ce n’est pas souvent que je me retrouve seul avec mes pensées, en fait je fais toujours en sorte que cela arrive le moins possible. Je troquerais bien mon smartphone, une fois réparé, pour un lecteur mp3 même bas-de-gamme.

 ‘Hima to Taikutsu no Tetsugaku‘ (暇と退屈の哲学, 2011), littéralement ‘Philosophie du loisir et de l’ennui’ est un ouvrage du philosophe japonais contemporain Kōichirō Kokubun (國分功一郎) qui explore la manière dont l’être humain fait face au temps libre (暇, hima) et au sentiment d’ennui (退屈, taikutsu) en s’inspirant de pensées occidentales et les met en dialogue avec des problématiques contemporaines, en particulier dans la société moderne où l’ennui est souvent perçu comme un mal à éviter. Je m’en étais emparé il y’a environ deux ans de cela mais m’étais arrêté quelque part au premier tiers des 400 pages de l’ouvrage, la lecture en étant trop longue et fastidieuse. Me sentant dernièrement particulièrement concerné par le problème j’en ai retenté la lecture depuis le début – puisque j’en ai le temps, et le sujet est loin d’être … ennuyeux (désolé). Quand mes collègues se plaignent du sentiment d’avoir perdu leur journée de congé lorsqu’ils la passent devant la télé, de mon côté je culpabilise d’être incapable de rester à ne rien faire plus d’une heure ou deux. Dans les deux cas la fonction me semble être la même, elle ne correspond qu’à un besoin de se changer les idées, il est juste étonnant que quoique l’on fasse on n’en soit jamais satisfait. Ce blog n’est qu’un kibarashi (気晴らし), une diversion, un moyen de tromper l’ennui. Moins je m’ennuierai, moins j’y reviendrai.

Aichi/Aichi

Habu nice day – Habu Dam, Toyota, Aichi

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Le barrage de Habu (羽布ダム) est un barrage d’irrigation de 62.5 mètres de haut construit en 1962 qui borde le lac artificiel Mikawa (三河湖), situé dans la ville de Toyota. Les alentours du lac ont récemment été réaménagés, on peut parcourir à vélo ou en voiture les 16km autour du lac, s’adonner à la pêche à l’étang de pêche sur pilotis ou bien encore louer un petit bateau pour une heure. Bien que nous ne soyons même pas en altitude il fait autour de cinq degrés de moins qu’en ville. Nous ne sommes qu’à une heure de voiture de chez nous mais j’ai l’impression d’être bien plus loin, quelque part dans la campagne de la préfecture de Nagano.

Mie/Aichi/Aichi/Mie

Hanami 2025 – Iwakura, Yokkaichi, Tōkai

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iwakura cerisiers en fleurs
iwakura cerisiers en fleurs
iwakura cerisiers en fleurs
iwakura cerisiers en fleurs
Tokkaichi cerisiers en fleurs
Tokkaichi cerisiers en fleurs
Tokkaichi cerisiers en fleurs
Tokai-shi cerisiers en fleurs

Mi-avril déjà … Sans que je m’en rende trop compte, plus d’un quart de l’année est déjà entamé. Sur le plan personnel, entre le travail et tout ce qui tourne autour de la scolarité des enfants – concours d’entrée au collège et au lycée, annonces des résultats, inscriptions, cérémonies de remise des diplômes et cérémonies d’entrée, voilà un mois que je n’ai pas eu le temps de souffler. Si je suis bien conscient que tout ce long et épuisant processus pourrait faire l’objet de plusieurs articles de blog qui serviraient éventuellement aux francophones qui vivent ou vont vivre au Japon avec des enfants ou bien aux curieux qui s’intéressent au sujet, je n’arrive pas à me convaincre à l’idée de faire de ce blog une sorte de guide de la vie quotidienne au Japon, même si je me dis parfois que ce serait plus simple pourtant car les faits sont réels et il n’y a rien à inventer.

La floraison des cerisiers étant légèrement plus tardive que l’année précédente, nous avons pu entre deux cérémonies réussi à aller contempler ceux-ci par deux fois. Les quatre premières photos ont ainsi été prises dans la ville d’Iwakura (岩倉市), petite ville paisible située au nord de l’agglomération de Nagoya. Iwakura est coupée par la rivière Gojō (五条川), au bord de laquelle sont plantés sur une longueur de 7.6km pas moins de 1,300 cerisiers. Je ne me suis jamais amusé à les compter mais c’est aux abords de la gare d’Iwakura que leur concentration est la plus dense. L’endroit est mentionné dans le Sakura Meisho 100 Sen (さくら名所100選), classement référençant les 100 plus beaux lieux du Japon pour admirer les cerisiers en fleurs, et il faut bien avouer que ce soit vus du dessous en marchant le long de la berge qui borde la rivière ou bien à partir des ponts qui traversent celle-ci, on en prend avec un ravissement certain plein les yeux de toutes ces nuances de blanc et de rose dans les cerisiers mais aussi avec ces pétales tombées flottant sur l’eau.

Les deux photos suivantes ont été prises au Yokkaichi Sport Land (四日市スポーツランド), un agréable petit parc en bordure de Yokkaichi, ville industrielle située dans la préfecture de Mie auquel nous nous sommes souvenus être venus il y quelques années à la même saison. A Mie c’est déjà la rentrée scolaire, nous avons pratiquement le parc pour nous seuls et pouvons pleinement profiter du parcours d’obstacle qui fait le tour de la montagne et des cerisiers en fleurs en pleine éclosion. Pour finir, les deux dernières photos datent du même jour, et ont été capturées au retour de notre balade, à cinq minutes en voiture de chez nous.

Aichi/Aichi

光のなかに立っていてね – О̄ike kо̄en, Tо̄kai

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La série de photos de ce billet est née de deux idées. La première était de tester la caméra de mon nouveau smartphone bon marché (un AQUOS Wish 4 de Sharp, pour référence ultérieure), dont je n’attendais en vérité pas grand chose sinon de n’être ne serait-ce qu’un tout petit peu de meilleure qualité que son prédécesseur, quasiment inutilisable. La deuxième m’est venue après avoir vu sur Youtube une série de vidéos du photographe américain Matt Day. Matt n’utilise que la photographie argentique et développe toutes ces photos par lui-même. Son ouvrage ‘Friend of mine‘ regroupe ses photos en noir et blanc prises dans sa ville de résidence de Chillicothe, en Ohio. Dans ses vidéos il explique qu’il s’est baladé des heures durant dans chaque recoin de la ville et la campagne alentours pour chasser ‘une certaine lumière qui me conviendrait’, comme il dit, revenant parfois pour cela au même endroit à des heures différentes sans trop réfléchir à la manière dont il allait organiser ses photos. Le processus lui aurait appris qu’il n’est pas toujours nécessaire d’aller loin pour prendre de bonnes photos, qu’il faut être réceptif aux paysages, aux objets, aux personnes autour de soi. Regarder sa ville au travers d’un appareil en s’attardant sur ses détails lui aurait permis de la voir d’un autre oeil, au point qu’il se serait senti envahi d’une sorte de devoir de mémoire, sentiment qui serait à l’origine de son ouvrage.

Si j’avoue être un brin moins enthousiaste que Matt à l’idée de photographier la ville où j’habite (pourquoi d’ailleurs ?), je me suis dit qu’il pourrait cependant être intéressant, comme dans mon billet précédent, de sortir des mes habitudes. Je me suis donc dirigé au parc le plus proche et j’ai pris avec mon smartphone une trentaine de photos en m’intéressant aux ombres, aux contrastes, aux raies de lumière passant à travers les arbres, dans l’idée de les montrer en noir et blanc. Les capacités de l’appareil sont limitées, j’aurai voulu certaines photos plus nettes mais globalement le résultat est positif. J’ai surtout été surpris par le fait que, comme le mentionnait Matt, il y avait plus de substance à prendre en photos que je ne l’aurai cru et je me suis surpris à m’arrêter en bord de chemin pour guetter ‘je ne sais quoi’ qui titille mon attention la où normalement j’aurai marché d’un pas ferme.