Tag Archives

6 Articles

musiques/Nagoya

‘good stuff for good people’ – Kanayama & Sakae, Nagoya

Posted on
vélo jaune laissé à l'abandon
camion Yabaton
good stuff for good people
mur de bâtiments
mur de bâtiments
vue du haut du Chunichi Building
vue du haut du Chunichi Building

Je pars de la gare de Kanayama en direction du nord-est en suivant le tracé de la ligne Chuo JR, une longue ligne droite sur plus d’un kilomètre, jusqu’au Parc Tsuruma (鶴間公園). Le temps est maussade suite au passage du typhon Jangmi, qui aura provoqué de fortes averses, mais heureusement nous aurons été épargnes par le vent. Comme je m’y attendais un peu, l’avenue Chuo-nishi que je longe ainsi en prenant tout mon temps, est sans grand intérêt. Il suffirait sans doute de s’enfoncer dans les petites ruelles juste derrière pour y découvrir quelque petit café ou temple pittoresque mais ce sera pour une prochaine fois.

Une fois arrivé au parc il semble devoir pleuvoir à tout instant. J’avais l’intention d’acheter quelques viennoiseries et de pique-niquer en bouquinant un peu sur un banc, mais je crains d’être interrompu en pleine lecture. Puisque je suis dans le coin, j’en profite pour participer à quelques raids dans PokémonGO. En effet, le parc Tsurumai est un lieu de pèlerinage pour les joueurs. Le cœur du parc est organisé autour d’une grande fontaine circulaire, dont, vue depuis les airs, la forme évoque fortement une Poké Ball, l’objet emblématique utilisé pour capturer les Pokémon. Il n’en fallait pas plus pour que quelques jours après la sortie du jeu en 2016 l’endroit devienne un lieu de rassemblement puis de culte, et 10 ans plus tard, même en pleine semaine, c’est sans difficultés que l’on peut trouver le nombre des compagnons de jeux nécessaire pour vaincre les boss les plus costauds.

A partir du parc je décide de remonter vers Sakae dans l’intention de déjeuner dans un burger shop que j’avais repéré lors d’une précédente promenade. On pourra me faire la remarque qu’il est dommage d’être au Japon pour au final manger des plats typiquement occidentaux mais c’est plus fort que moi, je raffole de viande. Cette envie m’a longtemps fait développer ce que l’on pourrait presque appeler une addiction au MacDo, mais l’augmentation de ses prix ces derniers temps est telle que j’ai commencé à me dire qu’il valait encore mieux payer mon burger un poil plus cher mais au moins profiter d’une meilleure qualité. C’est ainsi qu’une fois par mois je finis dans un resto à burger, cette fois au BURGERSTAND have a good time. Comme il n’est pas encore midi je suis le seul client. Il n’y a que deux employés. Celui qui prend les commandes doit avoir autour de 25 ans, l’autre, qui prépare les plats et que je suppose être le gérant doit dépasser de peu la trentaine. Je décide de m’assoir au comptoir. Une fois servi je dévore mon cheeseburger, délicieux quoique manquant un peu de volume, mais je suis surtout captivé par le fond sonore. Je suis très surpris car c’est bien la première fois que j’entends de l’IDM dans un restaurant. Je crois vaguement reconnaitre un morceau de style glitch du label Mille Plateaux de la fin des années 90. Akufen ou Alva Noto peut-être ? Je télécharge et lance l’application Shazaam pour en avoir le coeur net mais le niveau sonore est trop faible pour que le titre soit reconnu, et de toute façon cela m’étonnerait qu’il soit dans ses archives. Les deux serveurs attendent leur prochain client. Le plus âgé, debout devant moi, pianote doucement des doigts sur le comptoir et bouge parfois la tête en rythme. J’en déduis qu’amateur du genre c’est lui qui est l’auteur de cette playlist. Le titre suivant, dans sa structure (toute relative) et ses sonorités, pourrait être un titre d’Autechre, mais je n’en suis pas certain. Peut-être s’agit-il d’un titre des albums Quaristice (2008) ou Exai (2013), que je connais moins bien parce qu’il m’ont laissé indifférents par rapports à d’autres. Sur mon petit nuage je déguste mon burger et la musique. Une fois terminé j’hésite à adresser la parole au Dj/cuistot. Je ne veux pas le déranger, mais surtout je crains le malaisant silence de notre conversation si jamais il s’avère je me suis trompé sur toute la ligne. Quoiqu’il en soit midi sonne, les jeunes cadres des bureaux alentours font leur apparition et le charme est rompu. Dommage, mais je me dis que cela me fera une occasion de revenir.

Une fois à Sakae je grimpe une nouvelle fois à la terrasse du 7eme étage du Chunichi Building. Une partie de sa façade ne fait qu’apparaître sur la dernière photo de cette série, mais The Landmark Nagoya Sakae, désormais plus haut immeuble de Nagoya du haut de ses 41 étages et 211 mètres, attend l’ouverture de ses portes le 11 juin. Pour être franc mon intérêt est moindre. Il comportera notamment le shopping center HAERA-Parco et un complexe TOHO Cinemas, mais vu de l’extérieur le bâtiment en lui même n’a rien d’exceptionnel et l’on n’y trouvera encore et toujours que les même grandes enseignes internationales qui ont déjà pignon sur rue aux alentours de la gare de Nagoya. Je me glisserai peut-être une fois à l’intérieur une fois que la première vague sera passée.

musiques/Nagoya

‘By the way, how much is the fish ?’ – Yanagibashi Central Market, Nagoya

Posted on
Yanagibashi Central Market
Yanagibashi Central Market
Yanagibashi Central Market
Yanagibashi Central Market
Yanagibashi Central Market
Yanagibashi Central Market
Yanagibashi Central Market
Yanagibashi Central Market

Alors qu’il ne se situe qu’à dix minutes à peine de la gare de Nagoya, le marché de gros de poisson 名古屋綜合市場 (Nagoya Sōgō Shijō), encore nommé le Yanagibashi Central Market, semble méconnu du grand public alors qu’il existe depuis plus d’une centaine d’années. Je m’y retrouve un peu par hasard, quoiqu’aguiché peut-être par une forte odeur de poisson. Il est ‘déjà’ presque dix heures et l’heure de fermeture approche pour la plupart des commerces, dévalisés par les deux vagues successives de grossistes puis de particuliers. Si l’heure est au rangement et au nettoyage, stands et restaurants sont déjà pris d’assaut, le poisson frais doit être délicieux mais je n’ai malheureusement pas le temps de m’y attarder cette fois-ci. Les odeurs, le bruit, l’ambiance doit être phénoménale lors de l’ouverture que j’imagine matinale. Je me promets d’y revenir en plein été, quand il y aura malgré l’heure assez de lumière pour prendre, si j’en ai le courage, en photo les marchands de poisson dans le feu de l’action.

Ce n’est pas la chanson du groupe allemand de techno Scooter, qui donne son titre à ce billet, mais le très surprenant et exotique album Diggers Dozen de DJ Muro (Takayoshi Murota) que j’écoute en me baladant. Je ne connais pas grand chose de sa carrière solo, mais DJ Muro est surtout connu pour avoir formé avec entre autres le célèbre DJ Krush le ‘KRUSH POSSE’ vers la fin des années 80. L’album est composé de 12 titres mêlant mélodies japonaises connues (par exemple la danse Sōran Bushi d’Hokkaidō, ou encore la chanson traditionnelle Sakura Sakura), jazz funk et latin jazz, le tout agrémenté d’accompagnements d’instruments traditionnels japonais. DJ Muro n’est pas à l’origine des morceaux, il a été comme l’indique le nom de l’album les piocher dans de vieilles compilations des années 1970. Je suis ces derniers temps très réceptif à ce genre de musique, j’écoute en effet depuis le début de l’année des heures durant en musique de fond les mix de Japanese Funk and Soul ou de Japanese City Pop de la même période sur l’éclectique chaîne YouTube My Analog Journal (sans laquelle il ne me serait jamais venu à l’idée d’écouter du garage rock turc des années ’60 ou du jazz bulgare …) Je suis fasciné par l’habile manière dont le Japon s’est dans l’après-guerre réapproprié la musique occidentale sous toutes ses formes pour en faire quelque chose d’original et cohérent.

Je meurs maintenant d’envie d’acheter une platine vinyle. De manière tout à fait contradictoire au vu de la flagrante différence de style musical, il s’agit surtout d’une excuse pour m’emparer du set en édition limitée des vinyls Confield et Draft 7.30, les deux albums monuments d’Autechre, qui célèbre les 20 ans de leur parution.

musiques/daydreamin'

‘It’s a sign of the Ages’… – Minami-ku, Nagoya

Posted on

Le billet précédent est la suite de ‘No music, no life‘ publié en 2010. J’en avais commencé l’écriture en 2013 puis l’ai laissé en brouillon depuis. Bien que la musique soit son sujet principal, c’est sans doute son contexte qui explique pourquoi j’ai mis aussi longtemps à en venir à bout. Entre incertitudes par rapport au bien-fondé de mes études et difficultés sentimentales, il s’agit d’une époque dont je n’aime pas trop me rappeler.

La discussion avec fgautron, à propos d’Autechre dans les commentaires du même billet m’a rappelé a quel point Confield m’avait marqué à l’époque, et je me suis souvenu du billet inachevé. Alors que le lendemain je me balade autour du complexe sportif Nippon Gaishi Hall, mon oeil est attiré par un étrange cercle rouge. J’y vois bien évidemment le cercle de la pochette de SIGN. Autechre en 2001, encore Autechre en 2021. La boucle étant bouclée, j’y ai vu un signe qu’il était temps de tourner la page pour de bon.

livres/musiques/vie quotidienne

‘If you’re going, to San Francisco …’ – No music, no life (mai-juin 2001)

Posted on

2001. Interminable et pénible séjour de deux mois dans la jolie ville de la chanson édulcorée par Scott McKenzie. Il me faut une heure en bus pour me rendre à mon lieu de travail, à San Carlos. Pour décor de l’asphalte et du sable. Pour fond sonore des hispaniques qui s’engueulent ou un noir dans la soixantaine qui m’explique que la guerre c’est moche, mais que Dieu existe quand même. Il fait une chaleur insupportable, les gens sont cinglés. Ah, l’Amérique !

Mes pieds me traînent complètement par hasard au Amoeba Music Store. Si je me souviens comme si c’était hier m’être jeté sur Metal Blue America de Ken Ishii, hors de prix en import en Europe, le hasard qui m’a poussé à m’emparer de l’album Confield d’Autechre est un mystère. La pochette ? Le prix ? Ecouter Autechre, que ce soit en 2001, probablement avant, et même aujourd’hui, c’est un peu comme écouter Music for Airports de Brian Eno il y a 20 ans. C’est classein et underground à la fois, avec des gens qui prétendent apprécier Autechre mais se chamaillent à propos de la prononciation du groupe.

Dans le bus j’écoute désormais Confield et ne m’en lasse pas, cet album m’empêche de devenir fou. Afin de ne pas se faire happer par l’environnement alentour, dés les premiers sonorités de ‘Vi Scose Poise’ mon cerveau reboote puis tente tout le long de l’album de se synchroniser aux sons et aux rythmiques évoluants continuellement. N’arrivant pas à suivre et encore moins à analyser ce qui vient le le titiller de la sorte, celui-ci rame et tourne au ralenti pour le restant de la journée. Chaque matin après ma dose je suis un peu groggy mais serain, mes facultés sont suffisantes pour accomplir mes tâches qui sont sans grand intérêt. 

Je suis fauché, je ne connais personne et le quartier n’est pas sûr. Le soir dans ma chambre d’hôtel je n’ai rien d’autre à faire que de lire l’énigmatique et profonde oeuvre de Gao Xingjian, la montagne de l’âme, que m’a offerte ma copine avant mon départ, ou bien écouter l’album Beyond Skin de Nitin Sawhney dont je me suis emparé par erreur, confondant bêtement son auteur avec son compatriote Talvin Singh. L’écoute de ce bel album aux ambiances variées m’emmène une heure durant loin d’où je suis. Et le lendemain tout recommence.

Je reviens de ce séjour avec une certaine amertume et quatre cd’s qui m’auront chacun imprégné à sa manière. Le quatrième est Flatspin de Ken Ishii. Mon titre préféré y est Mirage, petite et unique bouffée d’oxygène au sein de cet album techno sans faute dans la continuité de Sleeping Madness. Quand je l’écoute aujourd’hui, le long son aigu que l’on n’entend distinctement qu’en deuxième partie du morceau me fait penser aux sirènes des voitures de police que j’entendais à San Francisco.

musiques/Nagoya

‘Vingt ans plus tard, Confield sonne toujours comme s’il allait être composé demain’ – Atsuta-ku, Nagoya

Posted on

J’ai une heure à tuer dans les environs de Jingumae. Il fait déjà trop sombre pour prendre des photos au sanctuaire pourtant proche, mais caché par des arbres gigantesques, et décide de me balader au hasard dans le quartier. Je fais hurler SIGN d’Autechre dans mon casque afin de ne pas me sentir obligé de prendre en photos les trains à chaque fois qu’ils passent. C’est également une nouvelle fois l’occasion d’expérimenter la manière dont la musique que j’écoute influence mes photos.

‘Autechre are like a rich fruit that you are not sure you like, but you keep having to try another one because you can’t quite make up your mind. Pleasurable and strangely addictive.‘ Je ne me suis jamais vraiment remis des indigestes NTS Sessions. L’imposante liste des 28 enregistrements de leur tournée 2014-2015 est des plus appétissantes mais leur écoute nécessite une certaine sérénité et une concentration que ne parviens à trouver. Comme il est mentionné de très belle manière dans le commentaire ci-dessus, Autechre a quelque chose d’addictif. On attend le temps qu’il faut, puis on y revient. Après une longue pause d’un an cela doit être la troisième fois cette semaine que j’écoute cet album. J’ai eu l’impression de redécouvrir le groupe, de revenir à mes premières amours, Confield, écouté vingt ans plus tôt. ‘Mais d’où sort ce son … ?

Je ne parviens pas à expliquer cette curieuse fascination pour les cages d’escaliers, mais hormis ces tuyaux d’aérations contorsionnistes, les photos prises seront très géométriques. Des lignes horizontales, verticales, des diagonales et peu de courbes. C’est sans doute un peu inspiré par Brutal House, dont je consulte souvent les photos ces derniers temps. C’est sans florilèges, à l’image de SIGN.

a blast from the past/musiques

Plein de choses …

Posted on

Que de nouvelles … c’est payé, c’est signé, c’est désormais officiel : je reste pour 6 mois de plus.

Pour ce qui est d’un éventuel retour au pays, j’ai bel et bien trouvé un billet d’avion pas trop cher Tokyo-Francfort-Paris-Francfort-Nagoya, mais déjà que de monter à Tokyo pour le retour ne m’enchantait guère financièrement car mon vol partant de bon matin il fallait que je passe la nuit à Tokyo, avoir encore à payer un aller-retour en train Paris-Luxembourg, ça me fait cher la semaine : /

De plus, comme j’étais quasiment certain de ne pas rentrer j’ai donné mon accord vendredi dernier pour travailler un jour sur deux pendant les deux semaines, ce qui permettait à un collègue de prendre congé. Je me vois mal maintenant revenir sur ma décision ? Pas évident …

D’ailleurs, le restaurant dans lequel je travaille fait peau neuve à partir du 1er avril, pour se transformer en pub. Nouveau décor, nouvelle ambiance, nouvelle clientèle plus djeunz … du coup on me demande conseil pour la musique, comme si je m’y connaissais, en me disant de ramener mes cds. Ce qui est idiot, c’est qu’à part deux albums de Fiona Apple, deux albums de Saez, le dernier double d’A Tribe Called Quest, mon sacro-saint ‘Ambrosia’ d’A reminiscent drive, la b.o. d’Amelie Poulain -je pense d’ailleurs m’embarquer le dvd sous peu, ‘ameri’ en japonais, ça doit faire bizarre- un peu d’Autechre et de Jill Scott, tout ce qui reste est japonais, plutôt dépressif, calme, bref ça peut passer comme musique de fond dans un bar, mais mise à part l’une ou l’autre chanson piochée à droite à gauche, y’a pas de quoi ‘pogotter’ …

Ouais … ouvrir un bar une fois de retour au pays en n’y passer que de la musique japonaise ou de l’électro … *rêvasse*

A part ça … pas de réaction et encore moins de réponse à ma lettre. Soit elle n’est jamais arrivée, soit elle n’a pas encore été lue, soit j’y dit suffisamment de conneries pour que la-dite personne ait decidée qu’il vaille mieux ne pas y répondre … à suivre …