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écriture/vie du blog

‘Pourquoi j’écris, autant me demander pourquoi je respire …’ (6)

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Si me documenter à propos du Handa Red Brick House en feuilletant quelques beaux livres recensant les principaux bâtiments de briques rouges au Japon a été très enrichissant, j’ai dans un premier temps moi-même été étonné par la difficulté éprouvée à rédiger le texte du billet précédent alors que le choix des photos s’était pourtant fait naturellement. Bien que de manière générale je sois depuis quelques mois dans une période sans – et ce dans bien des domaines, je n’ai pas l’impression de pouvoir tout simplement rejeter la faute sur un simple manque d’inspiration.

En vérité c’est au mois de juin que je me suis rendu à Handa. Le temps passant j’ai fini par oublier ce que j’avais ressenti lors de ma visite et c’est sans doute là le début de la fin, une prise de conscience, un mal nécessaire pour mieux poursuivre ce blog dont je suis le principal lecteur. Si dans quelques années je veux retrouver des informations à propos d’endroits visités de par le passé, il me suffira d’en consulter les sites officiels sur le web. Je me suis rendu dompte que j’aime lier un endroit à un son, une chanson, un bâtiment, une plante ou un animal. A une personne, une conversation, un événement ou même un phénomène climatique. L’endroit en lui-même passe presque au second plan, il ne sert que de décor à tout ce qui se passe dans ma tête alors que j’y suis. Me relire, ce n’est pas retourner sur le lieu, mais dans le même état d’esprit.

Je souris bêtement en relisant ces quelques lignes. J’écrivais la même chose, tournée un peu différemment, il y a un peu plus d’un an dans ce billet. Je parlais également il y a 6 mois de faire du blog un blog de tourisme à propos de la préfecture d’Aichi et de ses environs, mais comme l’a démontré le billet précédent, tout bien considéré il est clair que j’en serai incapable, ou du moins que cela n’aurait pour moi aucun intérêt. Je radote, me contredit et tourne en rond, mais cela n’a aucune importance.

architecture

Handa Red Brick Building – Handa, Aichi pref.

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Le Handa Red Brick Building (Handa Aka Renga) est situé dans la ville de Handa, à 40 kilomètres au sud de Nagoya. Au premier coup d’oeil on pourrait croire que le bâtiment est abandonné : Une partie des portes et des fenêtres sont condamnées par des briques et la façade est par endroit criblée d’impacts. Cependant, le bâtiment est fréquemment mentionné dans les ouvrages et sites internet traitant d’architecture contemporaine dans la préfecture d’Aichi, d’où ma venue en cette matinée grisâtre qui lui donne un petit air lugubre de manoir hanté.

Sous l’ère Meiji (1868-1912) l’architecture au Japon est influencée par les nombreux occidentaux qui entrent dans l’archipel et de nombreux bâtiments sont fabriqués en briques rouges à cette époque. Parmi ceux-ci, le Red Brick Building, dont les premiers plans d’architecture sont établis en Allemagne par la Germania Maschinenfabrik, puis c’est l’architecte Yorinaka Tsumaki (surtout connu aujourd’hui pour avoir conçu le Pont Nihonbashi à Tokyo en 1911), qui en fait une brasserie en 1898.

Avec l’aide de brasseurs allemands on y fabrique la bière Kabuto, qui remportera une médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris deux ans plus tard, en 1900. Elle fera partie des quatre grandes marques de bières au Japon : Dai Nippon, Kirin, Teikoku et la bière Kabuto – le Kabuto, effigie de la marque, faisant référence au casque porté par les samouraïs. La brasserie tournera à plein régime jusqu’à sa fermeture en 1921, puis sera ensuite utilisée comme fabrique de fécule de maïs, puis comme hangar. En 1944 le constructeur d’avions Nakajima Aircraft s’implante à Handa et le Red Brick Building est utilisé comme entrepôt, ce qui en fait une cible potentielle pour les forces alliées. La façade du bâtiment est criblée de balles par les P-51 Mustang américains lors d’un raid aérien en 1945.

Les locaux sont restaurés en 2005, on y trouve désormais un beau musée retraçant l’histoire de la brasserie avec de nombreux objets exposés, des vidéos et des photographies d’époque. Le hall à pan de bois abrite un restaurant et un magasin de souvenirs où l’on peut déguster la bière Kabuto, aujourd’hui encore fabriquée par une brasserie locale.

architecture/promenades/daydreamin'

Cité de verre – Nagoya, Meieki

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Les photos ci-dessus ont été prises il y a de cela quelques semaines autour de la gare de Nagoya. J’avais ce jour-là pour destination la gallerie marchande Endoji située à l’ouest du château de Nagoya. C’est une partie de la ville dans laquelle je ne me balade pratiquement jamais et j’emprunte volontairement des rues qui me sont inconnues, les gratte-ciels m’apparaissent ainsi sous des angles nouveaux. A quelques centaines de mètres de la gare un large carrefour offre un peu recul et permet de prendre un portrait de famille des principaux protagonistes. Si le le milieu urbain est souvent caractérisé par le béton je me rends compte en traitant les photos que c’est plutôt le verre qui y semble omniprésent. Cité de verre … Le terme me vient à l’esprit comme s’il m’était terriblement familier mais il me faut quelques minutes pour me souvenir pourquoi – comme ces mots en anglais ou en allemand que j’ai sur le bout des lèvres mais que je ne parviens pas à trouver et qui me font penser que je suis ici trop depuis trop longtemps.

Cité de verre. Ce roman écrit par l’écrivain américain Paul Auster, première oeuvre de la Trilogie new-yorkaise, fait partie de la dizaine d’ouvrages soigneusement choisis emportés avec moi lors de mon emménagement définitif en 2006. Je peine à me souvenir avec exactitude quand je l’ai acheté, mais son prix est indiqué au dos en francs français, cela doit donc bien faire vingt ans au moins. Je l’ai lu en français de nombreuses fois, et sa version japonaise publiée dans le magazine Coyote d’octobre 2007, avec une très belle interview du traducteur attitré entre-temps devenu ami d’Auster, Motoyuki Shibata, est un précieux trésor à mes yeux. Je ne m’étais jusqu’à aujourd’hui jamais posé la question de savoir quel lien il pouvait y avoir entre le titre et le contenu du roman, ce qui me fait une excellente excuse pour le relire une nouvelle fois. Tel un album où l’on découvre encore de nouveaux sons dont on ne s’était pas aperçu jusqu’alors, je redécouvre l’oeuvre en en dégustant chaque mot, chaque phrase.

Il y a surtout dés la deuxième page ce beau passage auquel je n’avais jamais prêté particulièrement attention, mais qui résume de belle manière ce que je ressens lors de mes promenades. Celle d’aujourd’hui, d’hier, et probablement celle de demain :’New York était un espace inépuisable, un labyrinthe de pas infinis, et, aussi loin qu’il allât et quelle que fût la connaissance qu’il avait de ses quartiers et de ses rues, elle lui donnait toujours la sensation qu’il était perdu. Perdu non seulement dans la cité mais tout autant en lui-même. Chaque fois qu’il sortait marcher il avait l’impression de se quitter lui-même, et, en s’abandonnant au mouvement des rues, en se réduisant à n’être qu’un oeil qui voit, il pouvait échapper à l’obligation de penser, ce qui, plus que toute autre chose, lui apportait une part de paix, un vide intérieur salutaire.’

musiques/sport/vie quotidienne

‘Je n’fais rien, je m’repose …’

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Comme pour nous punir de trop nous être plaints de l’étouffant chaleur du début du mois d’août, nous voilà récompensés par une dizaine de jours de pluie d’affilée au milieu du mois, là où il fait normalement le plus chaud et que se baigner dans l’eau glaciale de quelque rivière en montagne est le plus agréable. Nos vacances tombent à l’eau, si l’on peut dire. Déjà peu enclin à lutter, j’ai volontairement mis mon cerveau en veille, me suis adonné un mois durant à un doux fareniente aux limites du laisser-aller. C’est ensuite ma deuxième dose du vaccin Moderna qui m’a mis sur les rotules pendant deux jours. Un peu de fièvre, mal au coeur, courbatures diverses et un sérieux mal de crâne, le tout accompagné d’une extrême fatigue.

J’ai réussi à me rétablir à temps pour la retransmission en direct sur Youtube du Fuji Rock Festival qui a eu lieu du 20 au 22 août. Si l’année dernière les organisateurs s’étaient ‘contentés’ d’y diffuser les meilleurs passages sur scène d’une cinquantaine d’artistes depuis la création du festival en 1997, cette année Youtube annonçait un direct en bonne et due forme attribuant une chaîne à chacune des trois scènes principales. Alors que de par le passé le festival a accueilli des artistes de renommée internationale tels que The Cure, Bjork, Kenrick Lamar, Aphex Twin, Sigur Rós, Muse ou bien encore les Chemical Brothers (dont l’enregistrement en 2011 donnera le somptueux double album & DVD live Don’t Think ), pour les raisons que l’on connait cette année le line-up était uniquement constitué d’artistes japonais.

En raison du travail je suis un peu passé à côté des performances qui me paraissaient intéressantes. Je suis surtout déçu d’avoir raté celle du groupe AJICO, que je me faisais une joie de revoir sur scène après un blanc de 20 ans. Si après-coup je n’ai pas réussi à dénicher de vidéo convenable de ce concert j’ai tout de même eu la satisfaction de tomber sur ce live de plus de vingt minutes The LIVE-HOUSE by Johnnie Walker diffusé sur la chaîne musicale SpaceShower en juillet dernier.

Ce fut cependant un plaisir de retrouver le groupe de hip hop Tha Blue Herb sur scène le dimanche. Cela fait des années que je me regarde régulièrement leur interprétation du titre ill beatnik‘ sur cette même scène en 2000 et elle me donne à chaque fois la chair de poule. Le rappeur Ill Bostino y est comme habité, possédé, en transe. Un court accord de piano samplé en boucle monte en crescendo alors qu’il interprète son long monologue en interpellant le public, : 先は長い、深い、コトバにならないくらい … La performance du groupe cette année aura été un peu moins envoûtante, mais malgré les vingt années passées la passion est la même.

Pour bien conclure ce mois d’août, le dernier week-end a eu lieu l’Ultra Trail du Mont Blanc (UTMB), l’événement autoproclamé comme étant ‘le sommet mondial du trail’. J’étais miraculeusement en congé du vendredi au dimanche et j’ai eu tout le loisir de suivre la course principale (171km autour du Mont Blanc en parcourant 3 pays sur plus de 10.000 mètres de dénivelé positif) en direct pendant tout le long grâce au live en continu sur Youtube. Les adeptes du trail étant nombreux au Japon (le Japon a son Ultra Trail du Mont Fuji UTMJ en avril) cette année il y avait même une chaîne commentée en japonais, mais là encore on pouvait noter un flagrant manque d’enthousiasme par rapport aux français, aux américains ou aux bruyants espagnols. Pour référence ultérieure, l’édition de cette année a été remportée par le français Francois d’Haene (pour la 4ème fois) et par l’américaine Courtney Dauwalter chez les femmes (deux éditions de suite).

Si les coureurs le plus rapides finissent le parcours en un peu plus de 20 heures de course, la barrière horaire est de 46h30. Les coureurs les plus lents passent deux nuits blanches en pleine montagne, le simple fait de finir cette course est un exploit. Je suis à chaque fois particulièrement ému par les commentaires et les encouragements des speakers sur la ligne d’arrivée qui accueillent un par un les coureurs en les appelant par leur nom, les félicitant chaleureusement pour leur performance et ce quelque soit leur temps d’arrivée et même en plein milieu de la nuit. Surmonter la douleur et les coups durs, se demander pourquoi l’on s’inflige tout cela, cette bataille mentale avec soi-même … Le soulagement d’en avoir fini, les larmes de joie des coureurs me rappellent mes ‘exploits’ lors de mes marathons. A chaque fois que la semaine de l’UTMB prend fin je suis motivé comme jamais. Dés le lendemain, bien qu’épuisé par un flagrant manque de sommeil dû à l’excitation, je suis sorti courir…

sport/vie quotidienne

Tokyo 2020, c’est fini.

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L’année dernière les enfants n’avaient eu droit qu’à deux courtes semaines de vacances suite à la fermeture de l’école en avril et en mai mais cette année les vacances s’étalent sur cinq interminables semaines. Malgré la situation sanitaire globalement préoccupante je pensais tout de même au moins une fois les amener à la mer à Onoura, au sud de la péninsule de Chita, mais des suspicions d’infections auprès des collègues ont rendu impossible la moindre sortie.

Nous ne regardons généralement que très peu la télé, mais bloqués à la maison nous profitons des Jeux Olympiques, sans décalage horaire. La première partie de la cérémonie d’ouverture était d’un ennui total. Trop sobre et sans ligne directrice, je n’ai pas ressenti grand chose. Il était amusant pendant l’entrée des athlètes dans le stade de voir ceux des pays d’Amérique du Sud très enthousiastes par rapport aux autres. La joie des athlètes japonais faisait plaisir à voir, après tant de tumultes ils devaient être rassurés que les JO aient finalement lieu dans leur pays.

La seconde partie aura été plus animée. Cela m’a fait plaisir de voir Naomi Osaka désignée pour allumer la flamme olympique. Plus que le fait d’être métisse, c’est son engagement personnel aux causes qu’elle croit justes, ses fortes convictions que j’aurai aimé voir être mis plus en avant dans les commentaires. C’était un moment certes mémorable, mais en terme d’intensité il ne détrône toujours pas l’allumage de la vasque olympique par l’archer Antonio Rebollo aux JO de Barcelone en 1992. Dans l’ensemble je m’attendais à une cérémonie un peu plus dynamique et innovante, le vol synchronisé des drones restera pour moi le seul moment vraiment époustouflant de cette cérémonie,

J’ai été comme beaucoup de monde très impressionné par le skateboard, surtout l’épreuve féminine et ses adolescentes qui font des sauts spectaculaires me forçant à détourner les yeux de l’écran, traumatisé par des vidéos de chutes sur Youtube. Pendant la deuxième semaine j’ai principalement suivi les épreuves d’athlétisme, voir le pourtant somptueux stade olympique quasiment désert m’a vraiment fait mal au coeur. Je repense toujours dans ces moments-là à mes dimanche après-midis passés devant Stade 2 en compagnie de Patrick Montel hurlant comme un dégénéré. Les commentateurs japonais sont d’un ennui total, je me suis souvent demandé si c’était volontaire, afin de rester neutre et ne blesser personne.

Avec cette canicule, les épreuves de natation, de nage en eau libre ou encore la voile étaient particulièrement rafraîchissantes. Je ne comprends toujours rien aux règles de la lutte greco-romaine ou du karaté, mais l’aura qui se dégage de la karatéka Kiyo Shimizu m’a donné la chair de poule. Les 12 athlètes luxembourgeois qualifiés pour cette édition sont évidemment rentrés bredouilles, il m’était difficile de prendre mon camp quand une épreuve faisait s’affronter des athlètes japonais et français, comme au foot par exemple. J’ai été déçu que les basketteurs français n’aient pas réussi à s’imposer face à la Team USA en finale alors que la France ait décroché la médaille d’or en handball et en volley. Dans l’ensemble, compte tenu de la situation je pense que ces Jeux ont été une réussite. J’espère être en mesure d’aller à Paris en 2024.

vie du blog/Nagoya

‘Une nouvelle ère, révolutionnaire (?)’ – Meieki, Nagoya

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Les visiteurs réguliers auront sans doute remarqué que j’ai modifié l’interface de mon blog. A l’instar du dicton qui dit ‘Pour changer d’humeur, va chez le coiffeur’, changer de coupe m’a semblé être un moyen de donner un nouvel élan au blog.

Hormis l’aspect graphique, la principale nouveauté est l’apparition du menu en haut de page. C’est encore un peu le fouillis dans les catégories et les étiquettes, je comptais attendre d’y avoir mis de l’ordre avant d’utiliser le nouveau thème mais ai finalement décidé d’effectuer la mise à jour pour voir à quoi cela ressemblait. Il y aura encore probablement de nombreux changements à l’avenir.

Je voulais un design simple au possible, juste de quoi publier les photos et le texte de manière cohérente. Je pense avoir bien cherché mais n’ai trouvé aucun thème gratuit qui permette aux photos de prendre plus de place que le thème que j’utilise actuellement. Malheureusement, même en enlevant la colonne sur la droite la moitié de la largeur de la page reste désespérément vide et je n’ai pas l’intention de la remplir de widgets divers. Il faut apparemment traficoter dans les codes css du thème pour régler les paramètres, mais seul un abonnement payant permet d’y avoir accès ! Soit, sur ma lancée je m’offre ce foutu ‘Plan Personnel’ qui me nargue chaque jour depuis plus de 15 ans pour finalement me rendre compte trois minutes plus tard que la modification du css n’est possible qu’à partir du ‘Plan Premium‘. Plus de dix-mille yens par an juste pour pouvoir afficher mes billets de manière satisfaisante (et encore, je n’en suis pas certain) ! J’ai immédiatement résilié mon plan, il y a vraiment d’autres priorités …

Les photos très colorées ci-dessus ont été prises autour de la gare de Nagoya le mois dernier. J’ai toujours beaucoup de mal à photographier des inconnus, j’ai dû me faire violence pour ne serait-ce que furtivement prendre en photo ces jeunes filles en fleurs. Si cette expression qui fait référence à l’oeuvre de Proust me vient en tête, c’est que ces derniers temps à défaut de pouvoir lire les classiques de la littérature française j’en écoute les adaptations en podcast sur France Culture pendant la pause-déjeuner afin d’éviter d’avoir à subir les débilités à la télévision. L’envie de lire m’assaillit toujours en été, sans doute le souvenir du bonheur ressenti lors de mes lectures au petit Square Louvois, près de l’Opéra à Paris, assis pieds nus dans l’herbe à l’ombre des arbres.

balades au Japon/Aichi

Ajisai no sato, Gamagori, Aichi pref.

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Katahara Onsen est une station thermale située à Gamagori, dans la baie de Mikawa, au pied du Mont Sangane. L’endroit est réputé pour son parc floral Ajisai no Sato, où fleurissent 50,000 ajisai (hortensias) de couleurs et variétés diverses. Pendant tout le mois de juin a lieu le festival des hortensias ‘ajisai matsuri’, et à cette occasion le parc est illuminé en soirée jusqu’à 21 heures.

Comme nous sommes proches de la mer il souffle une petite brise rafraîchissante, un air de musique jouée au shamisen s’écoule dans le parc, quelques couples qui passent sans doute la nuit dans l’un des somptueux hôtels alentours sont vêtus de yukata. Pour une fois j’avais pris avec moi mon trépied afin de prendre des photos, mais les enfants se faufilent trop rapidement entre les promeneurs, à force de trop jouer avec le temps de pose de mon appareil je me retrouve bientôt perdu dans la foule.

Outre les hortensias, juin est également la saison où l’on peut si l’on a de la chance contempler le vol des lucioles. Sous un pont plongé dans le noir coule une rivière qui est censée en abriter mais les conditions climatiques ne sont pas adéquates, nous n’en verrons finalement qu’une demie-douzaine. Nous nous rendons chaque année à un endroit different pour aller à la chasse aux lucioles, mais rien ne semble égaler l’émotion ressentie lors de notre balade près de Maibara, dans la préfecture de Shiga, il y a dix ans déjà.

'Tout ce qui a deux ailes me fait planer'/Aichi

‘You have to focus, Trinity’ – ‘Tout ce qui a deux ailes … ‘ (20) @ Nagoya Airport, Komaki, Aichi

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Cela faisait un bout de temps que je n’avais pas été à l’aéroport de Komaki, situé au nord de Nagoya. J’entends parfois les gens de Nagoya se plaindre que l’aéroport international du Chubu est trop éloigné de la ville, mais pour les habitants de la péninsule de Chita, située au sud de la ville, se rendre à Komaki relève tout autant du parcours du combattant. Il faut tout d’abord se rendre en train jusqu’à la gare de Nagoya, d’où l’on prend ensuite un bus direct. La grande banlieue nord de Nagoya, (Ichinomiya, Komaki et Kasugai) est constamment sujette à d’importants embouteillages quelle que soit l’heure de la journée, le trajet me semble toujours durer une éternité.

Fuji Dream Airlines, seule compagnie aérienne à opérer à Komaki, a la particularité d’avoir une flotte composée de 16 appareils (des Embrear ERJ-170 et ERJ-175 de respectivement 76 et 84 places) tous de couleur différente. L’un des objectifs de tout photographe d’aviation est bien évidemment de parvenir à tous les ‘capturer’. Le soleil tape déjà fort quand j’arrive à l’aéroport peu après 10 heures, ses rayons se reflètent de manière éblouissante sur le fuselage coloré des avions. Alors que seule la moitié des vols journaliers sont assurés, il semblerait que je sois arrivé juste avant le rush des départs. Ici, pas de déplacement en bus, les passagers ont le plaisir (tout relatif vu la chaleur) de fouler le tarmac avant de monter à bord. Les avions de sont pas cachés par les passerelles d’embarquement pour passagers, il est agréable d’en avoir une vue dégagée même lorsqu’ils sont à l’arrêt. Les aéroports régionaux ont leurs points positifs.

Quand on y regarde de plus près, la dernière photo est vaguement floue, mais je la mets en ligne volontairement, pour mémoire. Un peu assommé par la chaleur et enivré par toutes ses belles couleurs, j’ai en effet maladroitement fait tomber de mon sac à dos laissé ouvert mon objectif 300mm. Une pièce à l’intérieur de l’objectif s’est détachée, arrachée par le choc, et l’autofocus ne fonctionne plus. Je ne prendrais pas la peine d’aller faire le tour des magasins pour tenter de le faire réparer, je sais très bien que les vendeurs feront tout leur possible pour … me refourger leur dernier modèle. On ne peut pas dire que cet incident tombe à point, alors que je me questionne dernièrement à propos du nombre trop important de choses que je souhaite accomplir, et met également encore un peu plus de plomb dans l’aile de ce blog qui vivote vaguement.

architecture/musiques/Nagoya

‘Little journey’ @ Sasashima Live, Nakamura-ku, Nagoya

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C’est un à priori qui fait que je ne m’étais jusqu’à maintenant encore jamais baladé à Sasashima. En effet, l’endroit est desservi par la ligne de chemin de fer semi-privée Aonami Line, qui relie la gare de Nagoya à Kinjo-futo où se trouvent le parc d’attraction Legoland, le SCMAGLEV and Railway Park ou encore le centre d’exposition Port Messe Nagoya. Les quelques années qui suivirent mon arrivée au Japon j’empruntais une fois tous les deux ans cette ligne pour me rendre au Centre d’Immigration afin de renouveler ma carte de séjour. Alors que le trajet ne me prend maintenant que 15 minutes en voiture il me fallait à l’époque près d’une heure et demie en train, la ligne s’est vue attribuer (à tort, j’en conviens) plutôt mauvaise réputation. C’est dans le cadre d’un Nième projet de série de photos que je décide de me balader à Sasashima. Je n’ai que deux petites heures, s’il faut attendre 15 minutes pour attraper un train autant y aller à pied, l’endroit n’est après tout qu’à une station de la gare de Nagoya.

Le secteur aujourd’hui connu sous le nom de Sasashima Live est un espace de 22 hectares utilisé dés 1937 en tant que terminal pour les trains de cargaison, entièrement rasé en 2001 puis progressivement réaménagé dans le cadre d’un projet de planification urbaine. On y trouve désormais entre autres le hall de concert Zepp Nagoya (construit en 2005), le campus l’université d’Aichi (Aichi Daigaku, 2012) ou encore le siège de la chaine de télévision Chukyo TV (2015).

Il me faut un gros quart d’heure à pied pour atteindre la gare, à partir de laquelle on a très aisément accès aux divers infrastructures. Le quartier est ‘encerclé’ telle une muraille par les lignes de chemin de fer Kintetsu, JR et Meitetsu et les voies d’autoroutes, aménagé de manière très compacte sans que l’on se sente pour autant à l’étroit. Mon oeil est attiré par un bâtiment, le complexe commercial Global Gate, où la verdure semble omniprésente. Plus que les nombreux restaurants et magasins c’est l’apparition successives d’arbres et plantes au dehors, à l’intérieur et même sur sa terrasse qui guident mes pas. Le Garage Nagoya, magasin spécialisé en plantes de tout horizons, véritable jungle (ses animaux en moins), et son slogan ‘Living with plants’, me donne envie de faire la même chose à la maison.

Je passe devant le ZEPP Nagoya et aperçoit l’écriteau de la dernière photo. Peut-être au fond ne suis-je pas venu ici par hasard aujourd’hui. En effet, c’est le groupe Sakanaction qui y donne concert ce soir dans le cadre de leur tournée ‘NF Offline‘. En raison des mesures sanitaires la capacité de la salle est réduite de moitié et les tickets sont réservés aux membres du fan club, dont je ne fais pas partie, l’inscription étant payante. J’hésite depuis quelques mois à m’y inscrire mais n’arrive pas à me faire à l’idée qu’il faille être membre pour avoir le droit de participer à la loterie permettant éventuellement d’obtenir le sacro-saint billet, en sachant que j’ai toujours été malchanceux en loteries. Je franchirai peut-être le pas une fois que tout retournera à la normale ou que les concerts online ne seront plus publiés au format physique. J’avais complètement oublié la date du concert, et alors que je suis devant les portes d’entrée encore fermées de la salle, la coïncidence de ma présence ici m’intrigue. Je tourne en rond autour de la salle une dizaine de minutes, mais le miracle n’aura pas lieu. Le chanteur du groupe, Ichirô Yamaguchi, vêtu de noir comme toujours, n’apparaît pas au coin de la rue, il ne m’adresse pas la parole et nous ne prenons pas une photo ensemble. D’ailleurs, que lui dirais-je ?

Je ne me souviens plus trop ce que j’écoutais comme musique au moment de cette balade, peut-être n’écoutais-je rien, cela m’arrive dernièrement quand je découvre un endroit tout à fait nouveau. J’écris ces lignes en écoutant l’album Saskamodie de Mocky. Comme souvent depuis quelques temps, j’ai découvert cet artiste via la sélection Bandcamp Weekly (du 15 juin). Outre ses compositions personnelles Mocky a travaillé avec des artistes de scènes diverses tels Feist, Jamie Lidell, The GZA ou encore Mr. Oizo. J’aime beaucoup ce genre d’artiste jonglant avec les genres, leur musique progresse généralement au fur et à mesure de leurs carrière et c’est un plaisir de grandir avec eux, en quelque sorte. Si je n’ai pas accroche à son premier album ‘In Mesopotamia‘ (2001) avec ses parties hip hop trop chaotiques pour me paraître être sincères, Saskamodie (2009) est un album cohérent et très agréable mélangeant pop, jazz et funk. Ses productions me rappellent celles de Skinshape (que je mentionnais brièvement ici ), les paroles en moins. A la première écoute certains passages pourront sembler ennuyeux. Il pleut fréquemment et les sorties se font rares. Au dehors tout va si vite que s’ennuyer un peu de temps en temps est devenu un luxe. Une fois ce billet publié je vais m’asseoir confortablement dans mon fauteuil favori et un café à la main, (bientôt) entouré de plantes et casque sur les oreilles, je vais déguster littéralement cet album pour la troisième fois d’affilée.

architecture/Nagoya

Nagoya University Toyoda Memorial Hall – Chikusa-ku, Nagoya

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Le Nagoya University Toyoda Memorial Hall, symbole du campus universitaire de la ville de Nagoya, est le premier bâtiment conçu par l’architecte Maki Fumihiko au Japon. J’ai été très surpris de découvrir qu’il a été inauguré en 1960. Son côté massif mais moderne, la façon dont il est parfaitement intégré dans l’environnement autour de lui donne l’impression d’avoir été construit récemment.

Je me suis rendu sur le campus dans l’idée de prendre des photographies en noir et blanc en m’amusant avec l’ombre et la lumière. Le fait d’avoir une idée précise de ce que je veux faire avant de me rendre quelque part est nouveau pour moi, je ressens même une certaine excitation à l’idée de parvenir à concrétiser mes idées.

La troisième photo de cette série est assez proche de ce que j’avais en tête. J’aurai voulu en prendre beaucoup d’autres de la sorte, mais malheureusement une fois arrivé sur place les rayons de soleil ont rapidement été bloqués par le ciel voilé. De toute manière en cette période de crise sanitaire les visiteurs ne sont pas les bienvenus. Des écriteaux que j’ignore me le rappellent sans cesse et les gardes rôdent. Je fais succinctement le tour du propriétaire et me promet de revenir une autre fois, un jour de ciel bleu sans nuages … et sans maladie.