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écriture/vie du blog/daydreamin'/Nagoya

‘滑らずに済むような気がする’ – Osu, Naka-ku, Nagoya

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Nagoya Osu
Nagoya Osu devanture de magasin
Nagoya Osu devanture de maison
Nagoya Osu devanture de maison
Nagoya Osu devanture de magasin
Nagoya Osu devanture de magasin
aire de jeu Mont Fuji

Balade à partir du quartier d’Ōsu. Comme point de départ je cherche tout d’abord le Parc Namikoshi (浪越公園) que je n’ai pas visité depuis deux ans. Le trois gigantesques arbres qui ne peuvent qu’attirer l’attention vu l’étroitesse du lieu me semblent moins impressionnants et majestueux que lorsque je les ai vus pour la première fois. Sur le coup je me suis dit que c’était dû au fait qu’il n’y avait plus l’effet de surprise de ma découverte, mais en comparant les photos une fois de retour à la maison tel un jeu des sept différences, je me suis aperçu que non seulement leur feuillage était moins dense et touffu, mais que le parc dans son intégralité avait subi diverses modifications ; Outre les arbres taillées, le lampadaire a été repeint, les graffitis effacés et les toilettes publiques couvertes de fines tiges en bois qui les fait se fondre dans le paysage. Comme nous vivons à une époque formidable où tout est archivé, documenté et vérifiable, il ne m’a pas fallu longtemps pour trouver un article de journal du Chunichi Shimbun qui explique les changements effectués.

Je suis également tombé sur le billet du blog d’un certain Yo-chan qui montre et commente l’article dans sa version papier. Yo-chan est un homme qui va sur ses 80 ans et tient un blog depuis 2009. Il y relate principalement ses balades et découvertes en relation avec l’histoire de la ville. Le contenu est beaucoup trop pointu pour franchement m’intéresser, mais le fait que le blog soit parfois mis à jour deux fois dans la journée me fait penser que tenir un blog est un passe-temps comme un autre et j’espère être encore en mesure d’écrire à cet âge ! Je ne sais pas si c’est une spécificité japonaise, mais je suis toujours épaté par le fait que l’on puisse trouver des sites internet sur des thèmes très spécialisés. En cherchant (sans succès d’ailleurs) des informations à propos de la variété d’arbres plantés dans le parc je finis sur un site internet tenu par un particulier faisant la liste et photographiant des arbres géants (camphriers, cryptomères et autres ginkgos) sur l’archipel, puis de fil en aiguille finis sur celui d’une association (全国巨樹・巨木林の会) très sérieuse qui recense ces arbres, organise des visites groupées à travers tout le pays et possède même son propre magazine.

Comme toujours je choisis d’abord les photos que je souhaite montrer avant d’entamer l’écriture de mes billets. Au départ je pensais écrire un billet à propos des devanture et façades de maisons et de magasins mais me suis finalement aventuré dans une toute autre direction. Je crois que je prends autant si ce n’est plus de plaisir à faire des recherches à propos de tout ce qui me traverse l’esprit qu’à écrire, mais au bout d’un moment je me rends compte que le billet n’avance pas, ou bien je me perds en cours de route et il m’arrive de bâcler le billet. Léo me voit fréquemment rédiger mes articles ou trier mes photos. Dans ces moments-là souvent il me charrie en me traitant de Tensai blogger (blogger de génie) mais ne peut s’empêcher de regarder par dessus mon épaule pour regarder mes photos – à défaut, malheureusement, de pouvoir lire les billets. A force il semble y avoir reconnu certains motifs récurrents et me dit souvent de les regrouper par thèmes pour en faire un photobook. Malgré le manque d’objectivité, quel que soit le résultat l’idée est intéressante …

J’avais déjà remarqué que l’on trouvait un peu partout dans Nagoya des terrains de jeux pour enfants comprenant des monticules en forme de Mont Fuji servant de toboggan, comme sur la dernière photo. J’en avais déjà repéré quatre ou cinq dans des endroits complètement différents de la ville et j’avais eu l’idée de les prendre en photo et de les répertorier sur le blog ou sur un site à part, une idée de plus parmi les milliers d’autres que je note dans mes carnets tout en sachant que je ne m’y mettrais jamais. Quelle n’a donc pas été ma surprise en tombant à la librairie sur un bouquin intitulé 名古屋の富士山すべり台 (‘Nagoya no Fuji-san suberidai‘, les toboggans Fuji-san à Nagoya), la bible sur le sujet avec plus de 120 toboggans références sur 158 pages. (un petit florilège en anglais ici)Yoshiyuki Ushida, son auteur, explique que ce livre est l’aboutissement de 20 ans de recherches, il n’est donc pas étonnant qu’il m’ait ‘piqué’ mon idée.

Je me sers souvent de ce blog comme sorte d’outil pédagogique, comme exemple auprès de mes enfants comme quoi il faut toujours continuer ce que l’on entreprend, parce que viendra un moment où cela sera payant (dans le sens de valorisant, évidemment). Il y a régulièrement des périodes difficiles où l’on a envie de tout arrêter, mais il faut persévérer et croire en soi. Qu’il s’agisse de référencer des arbres géants, des plantes devant des maisons, des toboggans, des bâtiments ou des devantures, on continue à son rythme et quand on regarde derrière soi on ne peut qu’être fier du chemin parcouru.

architecture/vie quotidienne/daydreamin'/Aichi

‘I know I don’t get far, And we’re where we always are’ – Hana no Tane, Obu-shi, Aichi

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華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
Obu
Obu

C’est ‘amusant’ comme les soucis arrivent toujours par grappes, se succèdent, s’accumulent, prennent de l’ampleur. L’on en croit un de résolu, deux nouveaux, pires, apparaissent. La chaleur accablante de ses deux dernières semaines n’a fait qu’empirer les choses. On dort peu et mal, tout le monde est grincheux, de mauvais poil. Dans ces moment-là le blog est en veille. Les mots ne sortent pas, l’humeur n’y est pas. A force j’en ai maintenant habitude et je me demande même si ce n’est pas le cas chaque année à la même période. C’est alors qu’habiter à l’autre bout de la planète est le plus difficile : Plaignez-vous un peu trop ou demandez conseils aux proches et aux amis au pays et ils vous diront de revenir, parlez-en autour de vous au Japon et ils vous répondront à l’unisson ‘- Mais alors tu n’as qu’à partir …’. A chaque fois j’hésite et me demande s’ils n’ont pas raison, mais au plus profond de moi je sais que ce n’est pas la réponse ni les mots que je veux entendre, et bien que cela constitue une réponse en soi il faut à chaque fois un certain temps et beaucoup d’énergie pour que je m’en rende compte.

Comme à peu près chaque jour depuis deux ou trois semaines, voilà à quoi je réfléchis, assis cette fois à la terrasse du bâtiment supervisé par l’architecte Kengo Kuma intitulé Hana no Tane (華の種, littéralement ‘graines de fleurs‘), qui a ouvert en mai dernier sur la Parking Area (PA) d’О̄bu sur l’autoroute qui relie l’aéroport international à la ville de Nagoya. L’endroit, qui comprend un restaurant et un café, peut-être utilisé non seulement par les utilisateurs de l’autoroute, mais également par les riverains. J’aime assez l’idée selon laquelle l’ouverture en son centre sert à relier ces deux ‘mondes’, ou c’est du moins ainsi que je l’ai perçu. Le brouhaha incessant du trafic contraste avec le calme autour de ce petit étang paisible.


musiques/vie quotidienne

‘Darkest night will end, Sun will rise’

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Gros plan fleur
Gros plan fleur
Gros plan medaka
Gros plan medaka

Nous avons acheté il y a quelques années à Léo un petit Coolpix, mais il préfère de loin mon encombrant Nikon D5000. Il m’explique que son appareil est compact et pratique, mais que le fait de simplement appuyer sur le déclencheur ne suffit pas à donner la sensation de prendre de vraies photos, qu’il n’offre pas assez de liberté dans les réglages, que les flous ne donnent rien. Mince alors ! Je ne me souviens pas avoir eu d’appareil photo à son âge … Bref.

Le week-end il prend donc parfois avec mon consentement mon appareil photo et disparaît dans le jardin. Apres m’être à mon tour baladé appareil à la main quelques jours plus tard j’ai ainsi parfois le droit à quelques surprises quand je transfère le contenu de la carte mémoire sur l’ordinateur. Apparaissent de temps à autre, entre gros plans et flous artistiques ce que l’on pourrait appeler des photos miracles. Quand je lui demande des explications concernant la dernière photo de la série ci-dessus, Léo m’explique que non il n’a pas été secrètement se balader en bord de mer, mais qu’il a obtenu cet effet en faisant coulisser rapidement la porte d’entrée sur un temps de pose conséquent. Le scintillement obtenu provient de la lumière du soleil reflétée sur les carreaux, la grille devant les carreaux donnant à la photo cet effet strié.

んoon Freeway pochette d'album
んoon – Freeway

Le groupe んoon (ふーん, HOON en anglais, prononcé [huːn]) a attiré mon attention avec son très beau titre Tokyo Family Restaurant. Peut-être était-ce parce que j’étais alors dans le train au retour du travail, le paysage du bord de mer défilant par une belle journée ensoleillée se déroulant sous mes yeux. Les tambours, la voix chaleureuse et posée, le son de harpe, inhabituel et exotique m’ont immédiatement donné l’impression d’être en vacances. Peut-être ce bijou serait-il passé inaperçu si je l’avais écouté un lundi matin sous la pluie ?

J’ai donc voulu en savoir plus. J’hésite souvent à propos de la manière d’aborder un artiste ou un groupe sorti de nulle part. Commencer par le début d’une carrière permet d’observer son évolution au risque de parfois d’être gavé ou déçu en cours de route si les albums se ressemblent trop ou partent dans une direction qui ne me convient pas. Ecouter l’album le plus récent permet d’effectuer le parcours dans le sens inverse. C’est un peu moins risqué car en cas de mauvaise surprise il suffit de revenir sur ses pas.

Persuadé d’avoir trouvé un groupe prometteur, je décide cette fois de commencer par le commencement, à savoir leur premier EP, Freeway, sorti en février 2018, sur lequel l’on peut retrouver Tokyo Family Restaurant. Le premier titre, Amber, est assez caractéristique de l’album dans son ensemble et constitue une belle entrée en matière. J’aime beaucoup le riff à la harpe (si le terme existe) au début du titre Freeway qui lui donne une sonorité particulière. L’ambiance du titre et de l’album a des accents de jazz, c’est léger et rafraîchissant, mais également très dynamique dans le sens que l’on a pas l’impression qu’il s’agit d’un album studio. Le titre suivant, Dill, commence lui aussi tout en douceur. La chanson mêle texte en anglais et en japonais, le rythme régulier des divers instruments donnent l’impression d’entendre la pluie dont il est question dans le texte, et soudain tout s’arrête, comme si la pluie avait cessé de tomber. Tragedy est peut-être le titre que j’aime le moins, car le moins personnel, ou disons le moins saisissant, la voix est un peu trop présente par rapport aux instruments. Pour ‘rattraper’ le tout et finir en beauté, Tokyo Family Restaurant vient clore cette belle escapade …

architecture/balades au Japon/Nagoya/vie quotidienne

‘Pour cent briques, t’as plus rien’ @ Nagoya, Nishi-ku

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Machine devant la gare de Nagoya
une curieuse maison bleue en forme de château
toyota commemorative museum of industry and technology building
toyota commemorative museum of industry and technology
Noritake Garden
Noritake Garden

Je me suis souvenu après avoir publie le billet précédent m’être déjà baladé dans les environs du Noritake Garden en février dernier. J’étais alors parti de la gare de Nagoya en direction du nord et j’avais longé la Meiekidōri jusqu’à la gare la plus proche, Sakō. D’imposantes machines de construction au mécanismes complexes effectuaient alors leur besogne, grondant, vibrant, crachant de la fumée et parfois des étincelles. J’avais été plus loin intrigué par cette curieuse construction bleue aux allures de château. J’apprends en faisant des recherches qu’elle abrite les locaux d’une compagnie spécialisée dans les réseaux informatiques. Je ne sais pas si je serai en mesure de travailler dans un bureau qu’un train frôle toutes les 30 secondes. Ce pays a une notion de l’utilisation de l’espace et surtout une résilience au bruit qui ne cesse de m’étonner.

Un bloc de maison plus loin l’ambiance est tout autre. Nous sommes lundi et comme la plupart des endroits, le Musée commémoratif de l’industrie et de la technologie Toyota (トヨタ産業技術記念館) est fermé. On peut cependant tout de même se balader entre les bâtiments. A part moi le site a pour seul visiteur un homme dans la cinquantaine en costume. Dans un premier temps j’ai l’impression qu’il s’agit juste d’un homme d’affaire qui profite d’avoir un peu de temps libre avant son rendez-vous, mais l’insistance avec laquelle il prend ses photos et le désarroi sur son visage me fait penser à la tête de quelqu’un qui se serait déplacé exprès mais aurait oublié quel jour nous sommes. Cela m’arrive aussi fréquemment …

Mêmes briques rouges, autres bâtiments. Le Noritake Garden (ノリタケの森) est un parc construit autour des vestiges de l’ancienne usine de la marque Noritake, célèbre pour ses porcelaines. Il est très agréable de s’y promener, mais c’est une curieuse sensation que de ne pas être capable de se remémorer de ce qui se trouvait à l’endroit où se tient désormais le centre commercial AEON MALL Nagoya Noritake Garden alors que j’y suis venu il y a quelques années. Peut-être est-ce pour cela que j’ai tendance à vouloir tout photographier.

vie du blog/vie quotidienne

新生活 – Nouveau départ

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Fraises
Cerisiers en fleurs Tokai-shi
Cerisiers en fleurs Tokai-shi
Cerisiers en fleurs Tokai-shi

J’ai pratiquement un mois de retard mais je ne peux m’empêcher de poster ces quelques photos de cerisiers en fleurs, agrémentées de deux photos de la cueillette de fraises aux abords du Lac Suwa à Nagano dont j’ai parlé précédemment. L’année fiscale au Japon débutant en avril, au travail c’est chaque année au mois de mars le sprint en fin de course pour boucler le marathon sans finir dans la voiture-balai. Le calendrier a été particulièrement serré cette année, mis à part deux brèves sorties au parc du coin nous n’aurons pas pu pleinement profiter de cette agréable saison.

Si le blog a rencontré quelques problèmes d’affichage pendant ces deux dernières semaines, c’est que je me suis décidé à déménager. Pratiquement sur un coup de tête, afin d’éviter pour une fois que mes projets soient reportés au lendemain. J’ai passé beaucoup de temps en ce début d’année à faire le tri. Dans mes affaires d’une part, mais aussi dans mes activités trop nombreuses. J’en suis venu à la conclusion que la rédaction de mes carnets et du blog ainsi que le sport sont les activités qui me donnent le plus de plaisir, et que dans ces trois domaines il fallait me donner les moyens de rester motivé et épanoui. Avril marque le début d’une nouvelle vie ! J’ai pris un abonnement auprès d’un hébergeur et déménagé de WordPress.com vers WordPress.org, qui offre beaucoup plus de liberté.

J’ai tenté d’effectuer la migration tout seul mais tout n’est pas aussi simple que le prétendent les sites internet. En raison du volume important du blog qui fête cette année ses 20 années d’existence, il aura fallu avec l’aide d’un spécialiste très amical une dizaine de mails et deux semaines pour que tout fonctionne comme il faut. Cela dit je n’ai perdu qu’un seul post en cours de route, ce qui est déjà beaucoup mieux que la fois précédente où en plus de perdre les quelques tout premiers billets du blog, une bonne partie des billets était devenue illisible en raison de mojibake.

Plus de liberté me donne maintenant l’embarras du choix. Pour marquer le coup j’ai rapidement changé pour un thème permettant un meilleur affichage des photos, mais il doit très certainement y avoir encore mieux. Je cherche, tout doucement.

aviation/balades au Japon/Nagoya/musiques/daydreamin'

‘Breath and stop’ – Osu → Tsuruma Koen

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Kanayama Building
Nagoya highw
Nagoya highway
Tsuruma Parc
Tsuruma

Quel soulagement lorsque le temps se fait plus clément, que je peux enfin me rendre au travail sans avoir à enfiler bonnet, gants et cinq couches de vêtements. Aujourd’hui il fait presque 20 degrés, je suis dehors en T-shirt pour la première fois de l’année.

Les photos ci-dessus ont été prises il y a quelques jours lors d’une balade entre Osu 大須 et le Parc Tsuruma 鶴舞公園. J’écoute en marchant l’album ‘Help Ever Hurt Never’ de Fujii Kaze. La voix plutôt grave pour un chanteur masculin japonais donne une certaine chaleur suave aux chansons les plus lentes qui convient bien à la saison. Ce n’est pas un album que j’irai écouter en boucle mais il convient parfaitement à une écoute distraite, en conduisant par exemple. Cela dit j’aime particulièrement le titre Toku ni nai (特にない) et sa boucle d’accords de piano et le rythme low-fi qui claque qui me fait penser à des débuts de morceaux du regretté Nujabes. On pourrait croire la boucle samplée mais elle est vraisemblablement jouée pour de vrai, quoique filtrée. Dans l’ensemble l’album est agréable à écouter, mais je pense que ses talents au piano auraient pu être un peu plus mis en avant. Je me répète mais j’avais vraiment été impressionné par sa prestation au Kohaku l’année dernière et cette video sur YouTube où il enchaîne sur un synthé une cinquantaine de titres en tout genres qui lui passent par la tête, en pyjama, parfois affalé par terre, sans la moindre partition ni rien me laisse, pour rester poli, sur le derrière. J’aimerai tant que dans une avenir proche il délaisse cette pop agréable mais conventionnelle et se déchaîne, découvre les possibilités infinies qu’offrent ne serait-ce qu’un minuscule Micro KORG, se laisse aller et chante tout en maltraitant ses machines comme le font Jamie Lidell, Louis Cole ou encore Marc Rebillet. ( Il devrait d’ailleurs bien s’entendre avec ce dernier, qui fait régulièrement des streams live en peignoir de bain). Pour cela il faudrait qu’il cesse de jouer sur son côté beau-gosse et je ne suis pas certain que ses fans du moment suivent une voie davantage rivée vers l’électronique. A suivre donc …

Comme souvent je marche au hasard, sans véritable objectif. Le seul fait d’être au dehors sous le soleil est un plaisir en soi. Puisque je suis dans le coin je pense me rendre au magasin de vieux livres Daigakudo, mais une pancarte m’apprend qu’il a fermé ses portes il y a quelques mois. Cela m’attriste car on pouvait y trouver de nombreux ouvrages concernant l’histoire de l’aviation japonaise, j’y avais notamment trouvé le second volume de l’Encyclopédie de l’histoire de l’aviation japonaise sous l’ère Showa (日本航空史 昭和前期編・昭和戦後編) pour 3.000 malheureux yens alors que neuf celui-ci vaut 15.500Yens, et je comptais bien, au détour d’une promenade, comme aujourd’hui par exemple, y trouver le premier volume traitant de la période d’avant-guerre. Ce genre de trouvailles est toujours agréable, un peu comme croiser au coin d’une rue un ami de longue date que l’on n’avait pas vu depuis longtemps. Je me ressaisis, peut-être tomberais-je dessus au quartier des vieux livres à Jimbôchô, Tokyo, cela me ferait même une excellente excuse pour m’y rendre.

Je m’assois volontairement en plein soleil dans l’herbe du Parc Tsuruma. D’ici deux semaines l’endroit sera noir de monde durant la saison des hanami, selon que l’état d’urgence sera levé ou non d’ici la fin de la semaine. J’y lis les quinze dernières pages de l’ouvrage intitule ‘Niji no Tsubasa‘ d’Akira Yoshimura 「虹の翼」吉村 昭, pavé de plus de 500 pages retraçant la vie de Chuhachi Ninomiya (二宮忠八), pionnier de l’aviation japonaise vers la fin du XIXème siècle. Cela fait 6 mois que je le traîne avec moi, la méticulosité presque maladive de l’auteur et les digressions parfois qu’en lointain rapport avec le sujet principal en font un ouvrage plutôt indigeste, mais donnent une image précise de l’enthousiasme de Ninomiya pour les objets volants et des difficultés rencontrées lors de son parcours. Je suis à la fois soulagé d’en avoir fini et perplexe : Que lire ensuite ? Et pourquoi donc suis-je incapable de faire une pause ?

balades au Japon/Nagoya/vie quotidienne

Taisei Maru – Nagoya Port, Aichi

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Nagoya Port Taisei Maru
Nagoya Port Taisei Maru
Nagoya Port Taisei Maru
Nagoya Port Taisei Maru
Nagoya Port Taisei Maru

Les jours de congé, après avoir terminé ma séance de natation il est généralement autour de onze heures et je n’ai que quelques heures grand avant le retour des enfants de l’école, ce qui m’empêche de me balader trop loin puisqu’il faut également prendre en compte les embouteillages. Je pourrais rentrer à la maison mais il y fait trop froid pour entreprendre quoique ce soit. La salle à manger, seule salle chauffée, s’est peu à peu transformée en bureau de télétravail, le téléphone sonne fréquemment et je m’y crois au travail, l’idée d’avoir à écouter de la musique avec des écouteurs alors qu’il y’a quelqu’un d’autre dans la salle m’enchante guère. Je me gare donc au LaLaport Nagoya Minato AQULS tout proche et y prends mon déjeuner. Quand le temps est mauvais je passe le reste du temps au spacieux Starbucks situé au milieu de la librairie Tsutaya. Pour le prix d’un café il y est autorisé de lire revues et livres sans avoir à les payer, ce qui est idéal pour feuilleter divers magazines spécialisés que je n’achèterai jamais par manque de place à la maison.

Aujourd’hui il fait cependant suffisamment beau pour que je change un peu mes habitudes en improvisant une balade au port de Nagoya. A mon arrivée je remarque un imposant bateau à quai. J’en suis plutôt étonné car bateaux de croisière et de cargaison sont généralement amarrés au Kinjo Pier (Kinjofuto) situé un peu plus au sud, à l’entrée de la ville par voie maritime. Je m’approche, apparemment le ‘Taisei Maru‘ vient tout juste d’arriver. Un homme de grande taille qui me semble toutefois un peu jeune pour être le capitaine du navire inspecte celui-ci en donnant des ordres à une dizaine d’hommes. La passerelle est baissée, quelques caisses et un vélo (!) sont déposés sur le quai. Le temps que je réfléchisse à la meilleure façon de demander pour monter à bord que tout ce petit monde disparait. Pour le délire je m’imagine un instant m’y faufiler comme dans les films d’action. Qu’il serait ‘amusant’ qu’alors que je sois à bord le bateau lâche les amarres et m’emporte avec lui vers je ne sais quelle destination inconnue – où la police m’attendrait de pied ferme.

Après quelques recherches j’apprends que le Taisei Maru (91.28 mètres de longueur) est l’un des cinq bateaux d’entraînement de la JMETS (Japan agency of Maritime Education and Training for Seafarers), organisme indépendant qui s’occupe de la formation des futurs marins japonais. C’est au même organisme qu’appartenait le Nippon Maru, l’élégant quatre-mâts retiré de la flotte en 1984, maintenant en cale-sèche dans le quartier de Minato Mirai 21 dans le port de Yokohama et réaménagé en musée. Comme Flightradar24 pour les avions, il semble exister plusieurs applications permettant de suivre les trajets de n’importe quel bateau dans le monde. Si je suis assez assidu et que j’ai de la chance, peut-être y aura-t-il une suite à cette série …

balades au Japon/Nagoya/musiques/promenades/daydreamin'

‘How to drive in snow safely’ – Nagoya, Minato-ku

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Nagoya Minato-ku banc neige
Nagoya Minato-ku club de golf
Nagoya Minato-ku neige
Nagoya Minato-ku canal Nakagawa
Nagoya Minato-ku voiture abandonnée

Ce matin il a neigé jusqu’aux alentours de dix heures, puis peu avant midi le soleil a enfin percé. Il fait un froid glacial à l’intérieur de la maison, je profite de cette éclaircie pour sortir prendre l’air et presque me réchauffer à l’extérieur. Je me balade autour du Lalaport NAGOYA Minato AQULS à Minato-ku. En dehors du centre commercial il n’y a que des quartiers résidentiels et des hangars appartenant à des entreprises de logistique, je pense dans un premier temps marcher jusqu’au canal Nakagawa qui remonte vers le port de Nagoya.

J’ai dans les oreilles l’album éponyme de Sapphire Slows, productrice et DJ résidant à Tokyo. J’ai découvert cette artiste la semaine dernière et je suis depuis en train de passer en revue sa discographie. Par rapport à son premier et très alléchant EP ‘True Breath’ (2011) qui comportait des parties rythmées presque dansantes, cet album est plus conceptuel et moins évident à cerner, mais il se peut que se soit tout simplement le froid qui me donne cette impression. Si la voix de la chanteuse est beaucoup plus présente que sur l’EP, elle semble ne constituer qu’une nappe sonore comme si s’agissait d’un instrument comme un autre. Ce n’est qu’en y prêtant vraiment l’oreille que l’on se rend compte qu’elle chante certaines parties en anglais. J’ai l’impression d’écouter ce qui pourrait être de l’electronic shoegaze, (si c’est un terme qui existe) et à vrai dire c’est quelque chose de nouveau et de surcroit plutôt agréable dans la mesure ou en musique électronique le texte n’apporte la plupart du temps pas grand chose aux chansons et me sort plus facilement de mes rêveries – il n’y a guère que le génial Louis Cole et ses textes auto-dérisoires qui m’amusent beaucoup.

Je traverse le canal, remonte vers le port puis longe la Kokudō Ichi-gō pour repasser de l’autre versant, puis revient vers mon point de départ, formant un carré d’un kilomètre de côté. Tout au long de ma promenade il reste par-ci par-là d’étroites parcelles de neige que le soleil n’atteindra probablement pas avant que la nuit tombe. Au coin d’une rue je suis très intrigué par cette voiture recouverte de neige apparement abandonnée au beau milieu d’un terrain assez grand pour y construire une maison. Il me parait impossible de garer une voiture de sport avec des herbes si hautes alentours, mais leur hauteur porte à croire qu’elle est là depuis un bon bout de temps. A moins qu’elle soit tombée ce matin avec la neige ? Nagoya me propose un nouvel endroit où revenir dans quelques temps …

musiques/vie quotidienne

Kohaku 2021 & meilleurs voeux !

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Je suis miraculeusement en congé les deux premiers jours de l’année, c’est donc en famille que nous regardons le Kohaku à la télé pour le réveillon de fin d’année. Comparé aux années précédentes j’étais un peu plus au fait des tubes de l’année, la salle de sport où je me rends de manière régulière diffusant de la j-pop que j’écoute distraitement. Nous prenons le train en route et constatons rapidement que depuis le départ du groupe Arashi il y exactement un an, les groupes Johnny’s (les groupes de l’agence Johnny’s & Associates, agence artistique spécialisée dans la représentation et la production d’idoles japonaises mâles, et auquel Arashi appartenait) abondent cette année et que ce soit au niveau musical, du chant ou de la danse, le niveau est très médiocre.

Il y a néanmoins quelques bonnes surprises : ’Inochi ni kirawateru’ (命に嫌われている)interprété par mafumafu, un artiste dit utaite, c’est à dire un chanteur faisant des reprises de chansons sur NicoNico (équivalent de YouTube version japonaise) mais publiant également ses albums originaux. Le phénomène utaite semble prendre de l’ampleur, j’en ai pris vraiment connaissance le mois dernier lorsque le concours JAPAN UTAITE GP a eu lieu à l’aéroport.

Perfume faisant partie des premiers groupes que j’ai découvert en écoutant la musique japonaise, malgré des hauts et des bas dans la qualité de leurs titres je suis toujours content de les voir apparaitre dans les émissions musicales. Cette année leur performance sur leur seul titre sorti cette année, ‘Polygon Wave’, n’avait rien d’exceptionnelle, mais la chanson en elle-même est toujours mieux que ‘Time Warp’ de l’année précédente. J’y aime beaucoup la ligne de basse au synthétiseur qui structure la chanson, je suis à peu près certain d’avoir entendu exactement la même basse dans un morceau du Capsule, mais n’arrive pas à me souvenir laquelle. En écoutant Polygon Wave plusieurs fois je me dis que la voix du chanteur de Sakanaction Ichiro Yamaguchi collerait bien dessus et qu’il y aurait moyen de faire quelques mash-ups interéssants avec les titres orientés électro des deux groupes. C’est sans doute le fait que dans l’émission Sugar sugar (シュガー&シュガー) du mois dernier Yamaguchi ait interviewé ses trois membres qui a fait germer cette idée dans ma tête, mais en y réfléchissant bien ils appartiennent à des maisons de disque différentes, une collaboration semble peu probable.

J’avais bien aimé le titre ‘Toku ni nai‘ (特にない) de Kaze Fujii (藤井風), entendu par hasard dans mes recommandations sur Last.fm il y a quelques mois, mais n’avais pas pris le temps d’aller plus loin dans l’écoute des autres chansons. J’aurai préfère qu’il joue un titre ayant un peu plus de personnalité que le titre interprété lors du Kohaku, (kirari, きらり)mais l’aisance presque insolante avec laquelle il joue du piano fait rêver alors que nous peinons à motiver les garçons à continuer de continuer à dompter ce bel instrument.

Après l’incroyable performance de ‘Ryokusake‘ (緑酒) par Tokyo Jihen qui finit inondé sous une pluie de confettis, mon coup de coeur va à ‘W no Higeki‘ (‘W’s tragedy’) de l’actrice et chanteuse Hiroko Yakushimaru (薬師丸ひろ子). Il s’agit en fait d’une chanson sortie en 1984 en tant que chanson-titre du film du même nom, et dans lequel Yakushimaru interprété le rôle principal. J’ai toujours un faible pour les versions symphoniques et celle-ci était mémorable, le refrain m’est resté dans la tête pendant plusieurs jours.

Une partie des interprétations ont lieu dans le hall principal du Tokyo International Forum. L’éclairage est somptueux, et je me demande si en rodant autour du bâtiment on peut voir les artistes de l’extérieur. Je regrette de ne pas avoir pris le temps d’y faire un tour lors de mon dernier passage à la capitale alors que j’étais passé devant.

Le passage vers la nouvelle année se fait en regardant ‘Yuku toshi kuru toshi’, l’émission diffusée en direct des lieux célèbres du Japon. Je jubile en y voyant apparaitre l’Aéroport International de Tokyo (Haneda), le hangar de maintenance d’ANA et son Airbus 787 avec son capot moteur ouvert ainsi qu’un avion de Japan Airlines en plein chargement de cargaison dans sa soute. Dans la séquence suivante le temple Zenkoji à Nagano est de toute beauté sous la neige. Je n’y suis allé qu’une fois en début d’été alors que Léo était tout petit, il me plairait d’y aller en plein hiver mais l’accès y est difficile et éprouvant. Nous sommes ensuite très étonnés de voir apparaître à l’écran la ville d’Hekinan où nous nous rendons de temps à autre. Sans méchanceté aucune, à part le sympathique petit parc d’attraction Akashi Park et son parcours de karting dont les enfants ne se lassent jamais, il n’y a pas grand chose à y visiter dans cette ville industrielle. On nous présente le gérant d’un skate-parc ouvert 24h/24, suite au succès des skateurs japonais aux Jeux Olympiques, il y a un boom du skate au Japon. Cela me rappelle que les Jeux Olympiques ont lieu dans un mois à Pékin, et me rend un peu triste de me rendre compte que cela me laisse pour le moins indifférent.