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Nagoya/Nagoya

Kôyô 2022, épisode rouge – Osu, Naka-ku, Nagoya

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Encore une sortie dans le quartier commerçant d’Osu, où je me balade régulièrement ces derniers temps. J’aime beaucoup l’énergie qui se dégage de ce quartier populaire où se côtoient personnes de tous horizons et qui me rappelle à chaque fois que je m’y rends le Quartier Latin à Paris, auquel j’ai un certain attachement puisque je considère que c’est l’endroit où ce blog est né, il y a 20 ans déjà.

Alors que je traîne autour du temple Ōsu Kannon mon oeil est comme attiré par les couleurs rouges du temple évidemment, mais également ses variations dans les bâtiments alentours, qu’il s’agisse des murs de briques ou des balcons des immeubles. C’est comme si mon corps, à force d’années passées dans ce pays, réclamait sa dose de couleurs oranges et rouges alors que la saison du kôyô, les feuillages d’automne, est toute proche.

balades au Japon/Aichi

‘Long way home’ – Iwayado, Seto-shi, Aichi

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岩屋山薬師堂 岩谷堂 Iwayado
Iwayado
Nagoya
Iwayado cascade

Je reprends ma ‘quête’, à savoir parcourir l’intégralité du parcours du Tokai Nature Trail (東海自然歩道), là où je l’avais laissée il y a deux ans. Après avoir fait plusieurs fois l’ascension du Mont Sanage par le versant sud (ville de Toyota ), je m’attaque cette fois au versant nord, situé dans la ville de Seto. J’envisage à l’avenir de faire une fois le trajet d’une traite, ce qui semble prendre autour de six heures, mais on perd un temps fou à accéder au parcours, notamment à l’entrée du côté sud que ne dessert qu’un bus qui ne passe que toutes les deux heures. Je suppose que c’est chose commune pour ceux qui ont l’habitude de faire des randonnées, mais la chose devient un casse-tête quand le matin il faut tirer les enfants du lit pour qu’ils aillent à l’école et être de retour à leur sortie.

La ville de Seto (瀬戸市), principalement connue dans la région pour ses poteries, se trouve au nord-est de Nagoya. Il me faut soit faire un long détour en faisant le tour de la métropole, ou alors la traverser en son milieu. Je choisis la deuxième option, écoutant l’apaisant (soporifique, dit ma femme) album ‘Riceboy Sleeps‘ de Jonsi & Alex afin de ne pas devenir fou tant tout le monde dort au volant. Alors que j’arrive déjà plus tard que prévu au parking du Parc Iwayado (岩屋堂公園), point de départ de mon aventure, un écriteau m’apprend qu’une déviation rallonge considérablement le trajet. J’aime me balader en prenant mon temps et décide donc de remettre mon ascension à une fois prochaine et d’en profiter pour me balader dans le parc et ses alentours.

Je tombe rapidement sur le hokora (sanctuaire shintô miniature), qui donne son nom au parc. Celui-ci a la particularité de se trouver dans le noir complet à l’abri sous un énorme rocher. Une centaine de mètres en amont se trouve une première cascade (Gyomyo-ga-taki, 暁明ヶ滝) au pied de laquelle je m’assois quelques minutes. Ainsi revigoré je me lance dans l’ascension d’Iwasuyama (岩巣山), basse montagne culminant à 482 mètres. Ce n’est pas bien haut mais le chemin est fortement incliné et je suis rapidement en sueur. Il faut une vingtaine de minutes jusqu’au promontoire qui offre un superbe panorama sur Nagoya. L’angle est un peu différent de celui auquel j’ai l’habitude, on peut notamment apercevoir devant les gratte-ciel de la gare le toit blanc du Nagoya Dome.

Je descend doucement l’autre versant de la montagne et entends un bruit d’eau qui s’écoule se faire de plus en plus fort. Ainsi guidé j’atteins bientôt la cascade appelée Seto-Otaki (瀬戸大滝), littéralement ‘la grande cascade de Seto’. Elle ne fait que 17 mètres de haut mais le fait qu’elle soit ‘cachée’ au coeur de la forêt me donne l’impression d’avoir découvert un endroit secret, impression renforcée sans doute par le fait que je n’aie croisé personne depuis le début de mon ascension. L’eau est déjà fraîche et pris au dépourvu je n’ai pas d’habits de rechange, ce qui me sert d’excuse pour ne pas m’adonner à une séance de Takigyô, ‘l’ascèse sous la cascade’, pratique d’origine religieuse qui consiste à rester quelques minutes sous les jets d’une chute d’eau. Rien nulle part ne mentionne que cela soit interdit, et en cherchant un peu sur internet à mon retour je tombe rapidement sur des photos d’individus en plein ‘rite’. Ma liste de choses à faire se rallonge encore …

musiques/Nagoya

Soul music & food & towers – Sakae, Nagoya

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Nagoya Tower
Soul music & food restaurant
Sakae antenna
maison japon
docomo tokai antenna
parc skate

Balade à Sakae en longeant Hisaya-Odori, la voie principale. Mon regard est aujourd’hui attiré par la Nagoya Tower et les curieuses antennes sur les toits des deux immeubles de l’opérateur mobile NTT DoCoMo, qui me font penser aux pagodes à cinq étages des temples japonais. Je me demande bien si cette ressemblance est voulue.

J’ai dans les oreilles le double-single de quatre titres de Mount Kimbie, MK 3.5: In Your Eyes & A Deities Encore | Q & Quartz, constitué de deux titres produits par chacun des membres du duo, Dominic Maker et Kai Campos. Je me réjouissais dés l’annonce subite de cette sortie car leur album original précédent ‘Love what survives‘ (2017) est l’un de mes albums préférés de ces 5 dernières années et celui-ci n’aura jamais quitté mon iPod depuis ma première écoute et sert encore fréquemment de fond sonore à mes balades.

Le premier titre, in Your Eyes, sur lequel les rappeurs Danny Brown et Slowthai posent chacun un couplet, peut être étonnant pour ceux qui n’ont pas suivi des près le parcours de ‘Dom‘ en solo ces dernières années, mais c’est en fait tout à fait dans la lignée de Feel away produit pour Slowthai ou le sublimement psychédélique remix du titre ‘Palaces’ de Flume, notamment avec cette rupture en milieu de morceau qui vient le scinder en deux. C’est un bon titre, mais sans plus, il me faudra encore un peu de temps avant de m’habituer au fait que Mount Kimbie produise du ‘hip hop alternatif’, sans doute parce que j’ai l’impression que les parties rapées ‘gâchent’ en quelque sorte les productions, comme si celles-ci empêchaient d’apprécier les nombreuses nappes musicales pourtant travaillées de chacun des titres.

A deities encore‘ est plus proche de ce que l’on a l’habitude d’entendre et de ce que à quoi je m’attendais chez Mount Kimbie. Le titre me fait penser a du Teebs (un titre comme Black Doves avec la chanteuse Sudan Archives – que l’on a récemment pu voir en live dans l’émission Chambre Noire de Radio Nova). La lenteur de ce titre par rapport au titre précédent me donne l’impression d’une introduction de film ou quelque chose dans le genre, j’y vois bien des gens défiler au ralenti … La construction aurait été plus solide en mettant ce titre en première position, surtout avec cette belle fin flottante et mystérieuse qui semble amener vers ‘autre chose’. 

Avec les deux titres de Kai Campos ‘Q‘ et ‘Quartz‘, on change complètement de style et on entre à mon goût dans le vif du sujet. Kai Campos officie depuis plusieurs années en tant que DJ et on y ressent clairement l’influence électro et techno. ‘Q‘ a dans ses battements de tambours quelque chose de tribal et d’enivrant, des sons s’ajoutent peu à peu, le son prend de l’épaisseur et change continuellement par petites touches pour finir abruptement. ‘Quartz‘ est carrément techno au début avec ses hi-hats bien placés mais plus froid dans ses textures, sans montée et sans exultation, comme si un panne d’électricité avait fait se couper le son et plongée dans le noir la salle que balayaient il y a un instant encore les lasers lumineux verts et violets.

J’aime assez la différence de style dans les deux titres de chacun des protagonistes, même si j’ai tendance à davantage écouter les deux titres de Campos. Je me demande à quoi va ressembler le prochain album, ‘MK 3.5: Die Cuts | City Planning‘ annoncé pour le 4 novembre prochain, et s’ils seront en mesure de mixer ces deux genres de manière compréhensible. En attendant, le duo nous fait le plaisir de revenir une fois par mois sur la radio en ligne NTS.

architecture/balades au Japon/Aichi

Le calme avant la tempête – Moricoro Park, Nagakute-shi, Aichi

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Je me devais d’aller à Nagakute, ville au nord est de Nagoya, pour faire un tour au Parc commémoratif de l’Exposition Universelle 2005 (愛・地球博記念公園), communément appelé Moricoro Park(モリコロパーク) et voir où en sont les travaux du très attendu Parc Ghibli qui va y ouvrir ses portes le 1 novembre prochain. Je comprends rapidement que les différentes aires du futur parc sont dispersées sur l’intégralité du gigantesque parc et que bien entendu, afin que rien ne soit dévoilé tout accès est interdit par des grilles revêtues de grandes bâches. Je me demande pendant un moment si l’on peut apercevoir quelque chose à partir de la Grande Roue, mais me réserve le plaisir de découvrir le parc sous cet angle après son ouverture, même s’il faudra attendre quelques temps avant que l’on ne s’y marche plus sur les pieds.

Les souvenirs les plus nets que j’ai de ce parc est d’y être venu en novembre 2018 avec ma mère et d’y avoir couru ma première course au Japon lors d’un semi-marathon en novembre 2015. Je ne me souviens pas à l’époque y avoir vu ces curieuses constructions sphériques pourtant construites en 2010 par l’Atelier Bow-Wow, ce qui me fait me rendre compte une nouvelle fois à quel point le parc est vaste. Je comprends mieux également pourquoi Goro Miyazaki (fils du célèbre réalisateur Hayao Miyazaki), qui supervise le Parc Ghibli expliquait dans une interview qu’il serait pratiquement impossible d’en faire le tour en une seule journée.

Le Global Citizens Exchange Center (地球市民交流センター) où je me promène, pratiquement seul visiteur, est un complexe sportif et de loisirs comprenant diverses salles polyvalentes, courts de tennis et de Futsal. L’imposant bâtiment blanc de près de 30 mètres de haut de la quatrième photo est un gymnase. Je n’ai pas pu pénétrer à l’intérieur, mais en en cherchant des photos j’apprends qu’il s’agit d’une construction de type géodésique (une structure sphérique, ou partiellement sphérique, en treillis dont les barres suivent les grands cercles de la sphère ), comme si la structure que l’on peut voir sur la première photo était en quelque la réplique miniature de l’intérieur du gymnase. Je n’avais absolument pas fait le rapprochement, mais le toit du Nagoya Dome, le stade qui sert pour les matchs de baseball des Chunichi Dragons, possède cette même structure. J’ai même trouvé un article qui le mentionne comme étant le plus grand stade au monde recouvert d’un toit de ce type. Je saurai quoi faire la prochaine fois que je m’ennuierai pendant un match de baseball.

architecture/balades au Japon/Nagoya/musiques/daydreamin'

OOSU – Our House (in a middle of the street) – Osu, Naka-ku, Nagoya

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大須の5階建ての住宅 Maison à Osu
大須の5階建ての住宅 Maison à Osu
大須の5階建ての住宅 Maison à Osu
大須の5階建ての住宅 Maison à Osu

Ce n’est pas le célèbre titre du groupe britannique Madness sorti en 1982 que j’écoute en marchant au hasard dans le quartier d’Osu après avoir pris les photos du billet précédent, mais la House de la DJ et productrice péruvienne basée à Berlin, Sofia Kourtesis, découverte via Bandcamp grâce au titre ‘Estación Esperanza‘, son dernier titre, qui sample ‘Me Gustas Tu‘ de Manu Chao sorti en 2001. Comme elle officie principalement comme DJ elle n’a malheureusement que trois EP à son actif, mais tous sont d’excellente facture. L’EP éponyme que j’écoute à ce moment a un son un brin plus complexe et hirsute, moins dansant que les deux autres. Avant d’en entamer l’écoute je me suis aperçu que le deuxième titre de l’album s’intitulait Trains & Airports, il n’en faut pas plus pour que je piétine d’impatience. Je me demandais si le fait d’avoir le savoir au préalable allait changer ma façon d’appréhender le morceau (je me pose des questions bien difficiles pour une simple chanson) mais l’intention est spoilé dés le début du morceau avec une annonce qui retentit : ‘Welcome to New Tokyo International Airport‘. Ce n’est certainement pas l’intention de l’annonce mais celle-ci me sort un moment de mes rêveries. En effet, cette appellation qui désigne aujourd’hui l’Aéroport International de Narita n’est plus utilisée depuis que celui-ci a changé de nom en 2004 (après vérification). Je me demande bien d’où sort ce sample. Bref.

Au détour d’une rue j’aperçois un curieux bâtiment qui se démarque des vieilles bâtisses alentours. De profil il peut donner l’impression qu’on aurait empilé sur cinq niveaux des blocs de béton de tailles variables sans se soucier de la symétrie en agrémentant le tout de quelques vitres placées au hasard, mais pareille architecture prend tout sens une fois qu’on y pénètre, et je me demande donc bien à quoi peut bien ressembler l’intérieur. Des recherches ultérieures m’apprendront qu’il s’agit d’une maison intitulée sobrement OOSU, construite en 2020 et conçue par un jeune architecte basé à Gifu, Keitaro Muto. Celui-ci montre sur son blog quelques photos prises à l’intérieur, sans mobilier. Alors que j’aurai cru l’endroit sombre et froid, j’aime beaucoup la façon dont la lumière entre et se faufile dans chaque pièce en créant des formes sur les murs. La lumière et les formes doivent être très différentes selon le temps et l’heure du jour, on ne doit jamais s’y ennuyer. Elégamment éclairée, la demeure prend encore une toute autre dimension une fois la nuit tombée, comme en témoignent ces photos sur le site de l’entreprise en charge de la construction. La terrasse sur le toit fait rêver, il me faudrait faire connaissance avec le propriétaire pour qu’il m’invite à une garden-party.

écriture/vie du blog/daydreamin'/Nagoya

‘滑らずに済むような気がする’ – Osu, Naka-ku, Nagoya

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Nagoya Osu
Nagoya Osu devanture de magasin
Nagoya Osu devanture de maison
Nagoya Osu devanture de maison
Nagoya Osu devanture de magasin
Nagoya Osu devanture de magasin
aire de jeu Mont Fuji

Balade à partir du quartier d’Ōsu. Comme point de départ je cherche tout d’abord le Parc Namikoshi (浪越公園) que je n’ai pas visité depuis deux ans. Le trois gigantesques arbres qui ne peuvent qu’attirer l’attention vu l’étroitesse du lieu me semblent moins impressionnants et majestueux que lorsque je les ai vus pour la première fois. Sur le coup je me suis dit que c’était dû au fait qu’il n’y avait plus l’effet de surprise de ma découverte, mais en comparant les photos une fois de retour à la maison tel un jeu des sept différences, je me suis aperçu que non seulement leur feuillage était moins dense et touffu, mais que le parc dans son intégralité avait subi diverses modifications ; Outre les arbres taillées, le lampadaire a été repeint, les graffitis effacés et les toilettes publiques couvertes de fines tiges en bois qui les fait se fondre dans le paysage. Comme nous vivons à une époque formidable où tout est archivé, documenté et vérifiable, il ne m’a pas fallu longtemps pour trouver un article de journal du Chunichi Shimbun qui explique les changements effectués.

Je suis également tombé sur le billet du blog d’un certain Yo-chan qui montre et commente l’article dans sa version papier. Yo-chan est un homme qui va sur ses 80 ans et tient un blog depuis 2009. Il y relate principalement ses balades et découvertes en relation avec l’histoire de la ville. Le contenu est beaucoup trop pointu pour franchement m’intéresser, mais le fait que le blog soit parfois mis à jour deux fois dans la journée me fait penser que tenir un blog est un passe-temps comme un autre et j’espère être encore en mesure d’écrire à cet âge ! Je ne sais pas si c’est une spécificité japonaise, mais je suis toujours épaté par le fait que l’on puisse trouver des sites internet sur des thèmes très spécialisés. En cherchant (sans succès d’ailleurs) des informations à propos de la variété d’arbres plantés dans le parc je finis sur un site internet tenu par un particulier faisant la liste et photographiant des arbres géants (camphriers, cryptomères et autres ginkgos) sur l’archipel, puis de fil en aiguille finis sur celui d’une association (全国巨樹・巨木林の会) très sérieuse qui recense ces arbres, organise des visites groupées à travers tout le pays et possède même son propre magazine.

Comme toujours je choisis d’abord les photos que je souhaite montrer avant d’entamer l’écriture de mes billets. Au départ je pensais écrire un billet à propos des devanture et façades de maisons et de magasins mais me suis finalement aventuré dans une toute autre direction. Je crois que je prends autant si ce n’est plus de plaisir à faire des recherches à propos de tout ce qui me traverse l’esprit qu’à écrire, mais au bout d’un moment je me rends compte que le billet n’avance pas, ou bien je me perds en cours de route et il m’arrive de bâcler le billet. Léo me voit fréquemment rédiger mes articles ou trier mes photos. Dans ces moments-là souvent il me charrie en me traitant de Tensai blogger (blogger de génie) mais ne peut s’empêcher de regarder par dessus mon épaule pour regarder mes photos – à défaut, malheureusement, de pouvoir lire les billets. A force il semble y avoir reconnu certains motifs récurrents et me dit souvent de les regrouper par thèmes pour en faire un photobook. Malgré le manque d’objectivité, quel que soit le résultat l’idée est intéressante …

J’avais déjà remarqué que l’on trouvait un peu partout dans Nagoya des terrains de jeux pour enfants comprenant des monticules en forme de Mont Fuji servant de toboggan, comme sur la dernière photo. J’en avais déjà repéré quatre ou cinq dans des endroits complètement différents de la ville et j’avais eu l’idée de les prendre en photo et de les répertorier sur le blog ou sur un site à part, une idée de plus parmi les milliers d’autres que je note dans mes carnets tout en sachant que je ne m’y mettrais jamais. Quelle n’a donc pas été ma surprise en tombant à la librairie sur un bouquin intitulé 名古屋の富士山すべり台 (‘Nagoya no Fuji-san suberidai‘, les toboggans Fuji-san à Nagoya), la bible sur le sujet avec plus de 120 toboggans références sur 158 pages. (un petit florilège en anglais ici)Yoshiyuki Ushida, son auteur, explique que ce livre est l’aboutissement de 20 ans de recherches, il n’est donc pas étonnant qu’il m’ait ‘piqué’ mon idée.

Je me sers souvent de ce blog comme sorte d’outil pédagogique, comme exemple auprès de mes enfants comme quoi il faut toujours continuer ce que l’on entreprend, parce que viendra un moment où cela sera payant (dans le sens de valorisant, évidemment). Il y a régulièrement des périodes difficiles où l’on a envie de tout arrêter, mais il faut persévérer et croire en soi. Qu’il s’agisse de référencer des arbres géants, des plantes devant des maisons, des toboggans, des bâtiments ou des devantures, on continue à son rythme et quand on regarde derrière soi on ne peut qu’être fier du chemin parcouru.

balades au Japon/Nagoya/musiques

AAArimatsUUU – Midori-ku, Nagoya

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maison en bois Arimatsu
Arimatsu
Maison à Arimatsu
Arimatsu origami
maison à Arimatsu
maison à Arimatsu
jardin Arimatsu

Certes moins impressionnante que Tsumago, Magome ou encore Takayama, il est néanmoins toujours agréable de se balader à Arimatsu au milieu des vieilles maisons traditionnelles en bois, vestiges de la route historique Tokaido. Situé au sud-est de Nagoya, le quartier d’Arimatsu est également le berceau du shibori, un style de teinture vieux de plus de 400 ans, dont je parcours lentement l’artère principale. Les teintures bleues et blanches aux lettres du quartier (ありまつ, Arimatsu) sont fièrement arborées aux devantures de chaque maison. Si ces dernières sont déjà très bien conservées à la base, la méticulosité avec laquelle plantes et pots de fleurs sont élégamment disposés a quelque chose de typiquement japonais.

Ces derniers mois j’écoute beaucoup l’artiste japonaise AAAMYYY, que j’ai découvert sur Last.fm grâce à son featuring sur le titre NIGHT RUNNING, produit par Shin Sakiura, un titre propret mais accrocheur sur lequel elle pose sa voix.

Avant d’entamer sa carrière solo en 2017 AAAMYYY évoluait au sein du groupe alternatif Tempalay, mais je n’ai pas encore eu le temps de m’attarder sur cette période de sa carrière. Je découvre plus en profondeur ses oeuvres à travers son album Annihilation sorti l’année dernière. Elle y utilise de manière très habile ses synthétiseurs, je retrouve d’ailleurs dans le magazine Sound & Recording du 07.2021 un article ou elle clame son amour pour le Sequential Prophet 6, synthé sur lequel je fais une fixation depuis je sais qu’Ami Okazaki, claviériste du groupe Sakanaction, l’utilise abondamment que ce soit pendant le processus de production ou en concert. On retrouve par petites touches son son gras et lourd tout au long de l’album. En dehors de la production très soignée j’aime également sa voix capable de passer d’une octave à une autre tout en restant très douce, sans forcer. La manière dont elle s’en sert comme d’un instrument qui se suffit à lui même est la plus évidente dans l’avant dernier-titre ‘After Life’, dont l’instrumentation est sans doute volontairement minimale afin de mieux mettre en valeur les prouesses de sa voix.

J’ai ensuite écouté son album précédent, BODY, également très bon et qui contient déjà quelques éléments qui l’on va retrouver dans Annihilation. Le fait qu’il comporte moins de nappes musicales lui donne un son moins enrobé plus brut et froid, presque Chiptune (musique 8-bit) par moment. Le deux chansons partiellement en anglais, All By Myself, en collaboration avec le groupe JIL, et le dernier titre, EYES me plaisent énormément. Ces deux chansons ont un certaine profondeur musicalement parlant, mais peut-être y’a-t-il également une sorte d’apport sentimental après avoir vu les vidéos de l’élaboration de ces deux titres à New York.

Si j’aime beaucoup les artistes qui prennent des risques ou explorent de nouvelles voies durant leur carrière, la cote d’AAAMYYY grimpe encore avec son dernier EP, ECHO CHAMBER, qui vient de sortir et sonne différent de ses sorties précédentes. Si l’EP est très intéressant dans son ensemble, pour l’instant je bloque surtout sur l’énergique ‘あの笑み‘ qu’elle interprète avec la chanteuse/talent あの (Ano). J’aime beaucoup ce début de morceau très surprenant avec cet agressif riff de guitare en début de morceau, quelque part entre ‘けもの道’ de Cocco et ‘話して尊いその未来のことを’ de Chara.

architecture/musiques/Nagoya

‘I’m Sensitive, I Feel Everything, I Feel Everybody’ – Meieki, Nagoya

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KITTE Nagoya North
KITTE Nagoya North
KITTE Nagoya North
KITTE Nagoya piano
Nagoya Building Garden
Nagoya Building Nagoya

J’avais dans l’idée de me balader de la gare de Nagoya jusqu’à Sasashima Live mais le soleil tape trop fort, la lumière qui se reflète sur le sol pavé blanc derrière la gare m’éblouit au point que je marche presque les yeux fermés. Je ne porte jamais de lunettes de soleil car étourdi comme je suis je sais que j’en perdrai une paire ou deux par an aux quatre coins de la ville lors de mes promenades. Je reviens sur mes pas et erre sans but mais au frais dans l’immense labyrinthe qu’est la gare de Nagoya. J’ai dans les oreilles le cinquième album de Kendrick Lamar, Mr. Morale & the Big Steppers. A la première écoute j’ai l’impression de lire en diagonale un énorme pavé constitué de 18 chapitres où chaque morceau raconte une histoire bien distincte avec certains personnages récurrents. Je n’ai pas compris grand chose, mais me réjouis d’avoir acheté l’album physique pour pouvoir en lire plus tard les paroles à tête reposée. Alors que j’arrive vers la fin de l’album mes pas me mènent vers la sortie nord du KITTE Nagoya. Démarre l’avant dernier titre, Mother I Sober, où sur un accord au piano sans fioritures Kendrick dévoile 7 longues minutes durant ses traumatismes de gosse. Sur le refrain je suis surpris d’entendre la voix frêle de Beth Gibbons, qui donne encore davantage d’intensité au morceau. Je sors mon appareil, la lumière qui m’irritait tout à l’heure est soudainement plus douce et semble vouloir se laisser dompter.

Quand après plusieurs écoutes successives je parviens enfin à passer au morceau suivant, Mirror, je suis soulagé qu’il soit plutôt dansant comparé au reste de l’album. Presque un happy end. Epuisé par la marche et le coup de massue qu’a été cette première écoute, je monte au 15ème étage du KITTE Nagoya et reprend mon souffle à la terrasse du Starbucks, plein à craquer alors que la pause-déjeuner est terminée. Je ne me lasserai jamais de contempler le Dai Nagoya Building en face, mais suis également étonné de ne pas encore m’être rendu au Sky Garden situé au 5ème étage.

architecture/vie quotidienne/daydreamin'/Aichi

‘I know I don’t get far, And we’re where we always are’ – Hana no Tane, Obu-shi, Aichi

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華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
華の種 Hana no tane Obu PA 大府PA上り
Obu
Obu

C’est ‘amusant’ comme les soucis arrivent toujours par grappes, se succèdent, s’accumulent, prennent de l’ampleur. L’on en croit un de résolu, deux nouveaux, pires, apparaissent. La chaleur accablante de ses deux dernières semaines n’a fait qu’empirer les choses. On dort peu et mal, tout le monde est grincheux, de mauvais poil. Dans ces moment-là le blog est en veille. Les mots ne sortent pas, l’humeur n’y est pas. A force j’en ai maintenant habitude et je me demande même si ce n’est pas le cas chaque année à la même période. C’est alors qu’habiter à l’autre bout de la planète est le plus difficile : Plaignez-vous un peu trop ou demandez conseils aux proches et aux amis au pays et ils vous diront de revenir, parlez-en autour de vous au Japon et ils vous répondront à l’unisson ‘- Mais alors tu n’as qu’à partir …’. A chaque fois j’hésite et me demande s’ils n’ont pas raison, mais au plus profond de moi je sais que ce n’est pas la réponse ni les mots que je veux entendre, et bien que cela constitue une réponse en soi il faut à chaque fois un certain temps et beaucoup d’énergie pour que je m’en rende compte.

Comme à peu près chaque jour depuis deux ou trois semaines, voilà à quoi je réfléchis, assis cette fois à la terrasse du bâtiment supervisé par l’architecte Kengo Kuma intitulé Hana no Tane (華の種, littéralement ‘graines de fleurs‘), qui a ouvert en mai dernier sur la Parking Area (PA) d’О̄bu sur l’autoroute qui relie l’aéroport international à la ville de Nagoya. L’endroit, qui comprend un restaurant et un café, peut-être utilisé non seulement par les utilisateurs de l’autoroute, mais également par les riverains. J’aime assez l’idée selon laquelle l’ouverture en son centre sert à relier ces deux ‘mondes’, ou c’est du moins ainsi que je l’ai perçu. Le brouhaha incessant du trafic contraste avec le calme autour de ce petit étang paisible.


architecture/balades au Japon/Nagoya

‘Les temps changent …’ – Sakae, Nagoya

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Chunichi Building Nagoya
Chunichi Building Nagoya
Chunichi Building Nagoya
清浄寺
清浄寺
清浄寺

Bien que quatrième ville la plus peuplée du pays avec ses 2.3Mio. d’habitants, la notoriété de Nagoya est moindre comparée à des villes connues dans le monde entier telles que Tokyo, Yokohama ou Osaka, et peu de japonais sont capables de citer plus de deux ou trois endroits à visiter en dehors de son château. J’ai moi-même mis du temps avant de réaliser que Nagoya n’était pas une destination en soi, mais plutôt une porte d’entrée vers d’innombrables lieux touristiques situés dans la région Chubu dont je tente de parler dans ce blog. Il n’empêche que Nagoya va tenter dans les années à venir de se forger une réputation de métropole internationale à travers de nombreux projets et ce dans des domaines variés : L’ouverture du Parc Ghibli en fin d’année, du plus grand campus de startups en Asie Station Ai en 2024, les Asian Games en 2026 ou encore les débuts de la ligne Maglev en 2027, pour n’en citer qu’une infime partie.

A l’image du mythique Chunichi Building ci-dessus, construit en 1966 et à la terrasse duquel je participais à mon premier Beer Garden il y a de cela dix ans, comme aux alentours de la gare de Nagoya de nombreux bâtiments sont en cours de rénovation ou de construction dans le quartier de Sakae. Le groupe hôtelier Hilton vient également d’annoncer la construction d’ici 2026 d’un hôtel de sa marque Conrad, le troisième hôtel au Japon après Tokyo et Osaka, juste de l’autre côté de l’avenue où le Chunichi Building se refait une beauté. Je songe à répertorier ces projets et les suivre au fur et à mesure …

Malgré la chaleur je redescends à pieds l’avenue Hisaya-Odori, l’artère principale qui relie Sakae à la gare de Kanayama, jusqu’à hauteur de Yaba-cho. Entre deux immeubles, je m’engouffre dans un étroit coin de verdure que je n’avais jusqu’ici jamais remarqué. Il s’agit du temple Seijo-ji (清浄寺), dont la surface s’étend sur une longueur d’à peu près 100 mètres pour 5 mètres de largeur environ. Seule l’enceinte principale offre un espace assez conséquent pour y placer un banc. Si j’aime les bâtiments nouveaux et stylés, j’espère sincèrement que ces îlots de fraîcheur, dont tout le monde parle en France alors que surgit la vague de canicule, seront préservés à l’avenir.